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L'expérience que relate cette journaliste dans The Guardian fait froid dans le dos: elle a reçu les "800 pages de mes plus profonds et plus sombres secrets"


C'est incroyable. Fin septembre, Judith Duportail publiait un article sous forme de témoignage dans The Guardian dans lequel elle expliquait avoir demandé à Tinder de lui envoyer l'ensemble de ses données.

La jeune journaliste française, collaborant avec de multiples titres dans le monde dont The Guardian, s'est inscrite sur l'app de rencontre online en décembre 2013. En mars 2017, elle a demandé à avoir accès à ses données personnelles archivées par Tinder.

Un portrait très précis

En retour, après plusieurs échanges de mails et avec l'aide active et informée d'un défenseur du respect du droit à la vie privée et d'un avocat spécialisé dans les droits de l'homme, la jeune femme a reçu... 800 pages d'informations la concernant, ce qu'elle appelle les « 800 pages de mes plus profonds et plus sombres secrets »

L'application de rencontre, selon elle la connaît mieux qu'elle même : l'intimité (ou non) des conversations qu'elle a eu avec 870 « matchs » en dit effectivement long sur sa personnalité et sa manière de fonctionner. Mais il n'y a pas que cela : « les 800 pages contenaient des informations sur mes Facebook « likes », des liens vers mes photos Instagram, si je n'avais pas supprimé auparavant le compte associé, mon éducation, la catégorie d'âge des hommes qui m'intéressaient, combien d'amis Facebook j'avais, quand et où chaque conversation en ligne avec chacun de mes matchs ont eu lieu, ... La liste continue. »

La sécurisation ? Pas garantie

© Reporters
Randall Lane, rédacteur en chef du magazine Forbes et Sean Rad, PDG et co-fondateur de Tinder, lors des conférences DLD à New York

Sa première réaction : la culpabilité pour avoir donné tant d'infos sur un site online, même si rapidement Judith Duportail dit avoir réalisé n'être pas la seule des 50 millions d'utilisateurs de cette interface à faire cela !

Ensuite, en parcourant les 1700 messages Tinder envoyés, la jeune femme installée à Paris a entrepris un voyage à travers ses émotions, ses espoirs, ses peurs et ses « secrets les plus profonds ». En plus d'une foule de détails...

La journaliste a bien entendu posé une série de questions à Tinder : pourquoi avait-il besoin de stocker tant d'information, comment étaient-elles utilisées, ... les réponses sont à retrouver dans l'article du Guardian.

Et si tout cela était vendu ou hacké ? Se demande Duportail. C'est une éventualité, indique Tinder dans sa politique de confidentialité qui indique « Vous ne devez pas vous attendre à ce que vos informations personnelles, conversations ou autres communications restent toujours sécurisées ».

Gloups... Une expérience qui peut faire froid dans le dos tant l'être humain est encore totalement inscrit dans le réel et la matérialité (le web, c'est un smartphone, un ordinateur par exemple, pas des données stockées ...). A tel point qu'il ne peut pas se rendre compte de comment il se livre tout cru dans le virtuel.