People Maëlle Brun consacre un livre plutôt bienveillant à la Première dame.

Ce n’est pas une biographie autorisée, ni un livre d’entretien. Dans Brigitte Macron, l’affranchie, Maëlle Brun brosse un portrait plutôt bienveillant de la Première dame française, soulignant à de multiples reprises sa liberté de ton et d’action. Toutefois, la journaliste (notamment à Closer) ne se prive pas de relayer des propos qui ne sont pas forcément à la gloire de Bibi, comme on la surnomme aussi.

Compilations de témoignages recueillis dans des bouquins - notamment celui de Philippe Besson (Un personnage de roman, Julliard, 2017) -, le livre donne aussi la parole à celles et ceux qui ont côtoyé Brigitte avant qu’elle devienne Macron. Durant son enfance, son adolescence, son premier mariage et ses années à La Providence, où elle va rencontrer son futur mari.

À Amiens, où elle est née et où elle a grandi, on l’appelle toujours "la petite Trogneux". On dit d’elle que, durant sa scolarité, elle "était très gaie, tout autant que dissipée". Mais aussi "sociable et farceuse […]. Assez libre aussi".

Si elle était déjà très coquette, ses amies de lycée se souviennent qu’elle ne donnait pas dans le genre "fille de bonne famille amiénoise". Ce que l’intéressée confirmait dans une longue interview à Elle, abondamment citée dans le livre. "Je n’étais pas une jeune fille très sage. J’étais souvent collée pour impertinence", admettait-elle en août 2017. "Je ne baissais pas les yeux, jamais. Et l’on ne me faisait pas entrer dans le crâne une chose à laquelle je ne croyais pas. J’ai eu très tôt un esprit critique."

Petite dernière d’une fratrie de six enfants - son frère aîné a vingt ans de plus qu’elle -, Brigitte grandit dans une famille qui doit son aisance à la confiserie-chocolaterie Trogneux, spécialiste du macaron. "J’ai été très gâtée. Affectivement, socialement, j’avais tout, je ne pouvais me plaindre de rien et, pourtant, j’ai été une adolescente en souffrance", confiera-t-elle pourtant. Sans doute fait-elle référence à des événements tragiques qui ont marqué ses jeunes années, comme le décès sa sœur aînée, enceinte, qui se tue avec son mari dans un accident de voiture. "Un an plus tard seulement, c’est sa nièce de six ans qui décède d’une appendicite aiguë", ajoute l’auteur.

Son bac en poche , à vingt et un ans tout juste, le 22 juin 1974, Mlle Trogneux devient Mme Auzière, à la mairie du Touquet. Elle épouse André-Louis, fils d’un haut fonctionnaire, né à Eseka, au Cameroun. "Un an après leur union naît un fils, Sébastien. Puis ce sera Laurence, en avril 1977, et enfin Tiphaine, en janvier 1984", ajoute Maëlle Brun qui insiste sur la volonté de Brigitte de fonder une famille. Laquelle quitte Amiens pour s’installer à Truchtersheim, en Alsace. C’est là qu’elle fait ses premiers pas dans le monde de l’enseignement.

Pour dessiner l’arbre généalogique de Brigitte Macron, l’auteure est aussi allée à la rencontre d’un spécialiste, qui lui a confirmé que "La première dame s’ajoute à la longue liste des cousins et cousines de François Hollande, descendant comme lui des Goubet, notables de Vaulx au XVIe siècle et de l’ancienne lignée des sires de Douay".

Le destin de Brigitte va basculer lorsqu’elle revient à Amiens, après sept ans passés loin du Nord. À la bien nommée Providence, elle rencontre un jeune garçon - 14 ans - particulièrement doué, attentif, brillant : Emmanuel Macron. Très vite, à la relation prof-élève va s’en substituer une autre. "Lorsque son mari apprend la vérité, sa réaction est évidemment violente. Se faire remplacer par un camarade de classe de sa fille, par un ado qu’il a si souvent reçu chez lui ? Voilà une blessure difficile à panser", écrit Maëlle Brun.

La suite a été racontée, analysée et abondement commentée. La journaliste souligne tout de même que "les Macron sont des gens qui ont été traités en pestiférés. Ils se sont sentis comme tels", d’après un proche. "Elle (Brigitte, NdlR) est très pudique sur le sujet. C’est une blessure qu’elle n’évoque pas de but en blanc. Mais au détour d’une conversation, elle m’a parfois raconté qu’elle avait perdu toutes ses copines. Du jour au lendemain, les amies avec qui elle partait en vacances n’ont plus voulu lui adresser la parole."

Le (joli) mot de la fin, laissons-le à Philippe Besson qui dit d’elle, avec tendresse : "Elle est une femme authentiquement de province qui se réjouit d’arriver à Paris et que tout émerveille."

Une grande histoire d’amour

"C’est subrepticement que les choses se sont faites et que je suis tombé amoureux. Par une complicité intellectuelle qui devint jour après jour une proximité sensible, a un jour confié Emmanuel Macron. Nous nous parlions de tout. L’écriture devint un prétexte."

Comme en écho, dans une autre interview, Brigitte commentait : "Petit à petit, j’ai été subjuguée par l’intelligence de ce garçon. Cela fait très longtemps que nous sommes ensemble, et je n’en ai toujours pas mesuré le fond. Les capacités d’Emmanuel sont totalement hors norme. C’est la prof qui parle…"

Plus loin : "Vraiment, il n’était pas comme les autres. Il avait un rapport à l’adulte, à tous les adultes, d’égal à égal. Je ne l’ai jamais vu respecter cette échelle d’âge."

Plus amusant, une ancienne prof raconte qu’un jour Emmanuel, alors ado, lui a apporté un manuscrit à taper à la machine. "C’était un roman osé, un petit peu cochon ! Les noms n’étaient bien sûr pas les mêmes, mais je pense qu’il fallait qu’il exprime ce qu’il ressentait à l’époque."

"Quand je lis des choses sur notre couple, j’ai toujours l’impression de lire l’histoire de quelqu’un d’autre. Pourtant, c’est une histoire simple", résume finalement Brigitte.