Carlos est mort

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Atteint d'un cancer, il est décédé à 64 ans

PARIS Le chanteur Carlos, figure de la chanson populaire française et fils de la psychanalyste Françoise Dolto, est mort jeudi matin à Paris à l'âge de 64 ans des suites d'un cancer, a-t-on appris auprès de sa soeur Catherine Dolto-Tolitch.

"Carlos est décédé ce matin à 09h45 (8H45 GMT) à l'hôpital Beaujon", à Clichy (banlieue parisienne), a-t-elle précisé à l'AFP.

"Il a été très courageux", a souligné sa soeur.
Mme Dolto-Tolitch a indiqué que les obsèques de Carlos auraient lieu "sans doute mardi", sans autre précision.
Né Jean-Chrysostome Dolto le 20 février 1943, il était le fils de Françoise Dolto, la célèbre pédopsychiatre française.

Barbe fleurie, silhouette de bon vivant enveloppée dans des chemises à fleurs et des salopettes amples, il a enchaîné les tubes populaires et rigolos dans les années 70/80, parmi lesquels "Tout nu, tout bronzé" (1973), "Rosalie" (1978), "Papayou" (1983), "T'as l'bonjour d'Albert" (1985) ou "Le tirelipimpon" (1989).

Les réactions:

Philippe Bouvard, sur RTL: "Il était le plus joyeux de nos compagnons, à la fois doté d'une bonne humeur inextinguible et d'un coeur à sa mesure. Et puis il était aussi à la fois célèbre et méconnu. Parce que derrière le chanteur adoré des enfants, et le talentueux raconteur d'histoires, se cachait un homme fin, réfléchi, cultivé, dont sa géniale maman François Dolto, avait pu être justement fière. C'était un garçon qui avait plein de facettes. C'était peut-être non seulement le plus drôle d'entre nous, mais aussi le plus humain".

Enrico Macias, sur Europe 1: "Ça me fait très mal au coeur. Il y en a beaucoup qui sont partis ces temps-ci, ça me fait très mal au coeur. Je suis bouleversé parce que c'était un grand artiste, un grand ami. J'aimais sa façon de chanter, même si ce n'était pas un grand chanteur. Mais il savait comment chanter, comment faire passer ses messages de grand comique. Il racontait des histoires merveilleuses. J'ai beaucoup de peine".

Laurent Gerra, sur RTL: "C'était la joie de vivre. Il avait toujours un mot gentil, il avait toujours une attention délicate. Il était bienveillant et puis il aimait le music-hall. Il aimait rire, il aimait blaguer, il aimait être avec ses amis. Je crois qu'il aimait être très entouré. C'était la bienveillance et la gentillesse en personne, Carlos. C'était quelqu'un de très cultivé, très drôle, très intelligent, qui avait un sens de la répartie incroyable (...) Il adorait les jeux de mots bien lourds, et nous, ça faisait notre joie".

Jacques Balutin, camarade de Carlos aux "Grosses Têtes" sur RTL: "Je garderai le souvenir que toute la France gardera de lui, d'un garçon plein de charme, plein de bonne humeur, plein d'allant, plein d'entrain, plein de vie (...) on va garder le souvenir de cette bonhomie, de ce chanteur populaire au sens noble du mot, qui a enchanté la France, qui a fait chanter les enfants, qui a fait chanter les grands-parents maintenant. On va avoir tous beaucoup de chagrin, mais en même temps on gardera de lui son image de rondeur et de rire. Il a eu une très très belle vie".

Portrait:

Barbe fleurie et fort embonpoint enveloppé dans des chemises hawaïennes et des salopettes amples, le chanteur Carlos, mort jeudi à 64 ans des suites d'un cancer, a marqué la chanson populaire dans les années 70 et 80 avec une série de tubes amusants.

Fils de la célèbre pédiatre et psychanalyste Françoise Dolto, ce chanteur aux airs d'éternel vacancier a interprété nombre de succès légers, voire grivois, parmi lesquels "Tout nu, tout bronzé" (1973), "Rosalie" (1978), "Papayou" (1983), "T'as l'bonjour d'Albert" (1985, générique d'un dessin animé) ou "Le tirelipimpon" (1989).

Né Jean-Chrysostome Dolto le 20 février 1943, de Françoise Dolto et d'un père russe, Boris Dolto, il fréquente à l'adolescence les "boîtes" parisiennes à la mode: le Bidule, le chat qui pêche et le Storyville. Eternel noctambule, Jean-Chrysostome devient "Carlos", rebaptisé en hommage au percussionniste Carlos Patato-Valdes, et anime les soirées de l'Ambiance dans le quartier de Notre-Dame. En 1959, sa route croise au Caveau de la Montagne celle du couple Johnny Hallyday - Sylvie Vartan qu'il accompagnera partout entre 1962 et 1972, devenant le secrétaire artistique de la chanteuse.

"Carlos n'était pas seulement un ami, c'était mon grand frère. C'était un ami merveilleux, toujours gai, joyeux", a déclaré la chanteuse à l'AFP. "C'était vraiment mon meilleur ami, mon confident, il était là dans tous les bons moments et dans tous les mauvais moments de ma vie. Là, je dois dire que je suis un peu paumé", a réagi pour sa part, sur RTL, Johnny Hallyday très ému. Diplômé de l'école de kinésithérapie fondée par son père, il opte définitivement pour le spectacle en 1962, et remplace au pied levé Lucien Morisse à l'antenne d'Europe 1. Au début de la décennie 70, il adopte les chemises colorées d'éternel campeur. Après les beaux quartiers parisiens de son enfance, il sillonnera sans relâche la France profonde qui lui offre un public fidèle. "Quand j'arrive dans un village, je connais le grand-père, la fille et la petite-fille.

J'adore revenir dans le café du coin où je n'ai pas mis les pieds depuis des années", déclarait-il à France Soir en août 2005. Il multiplie les galas-camping --pour ses débuts, pas moins de 95 avec la caravane du tour de France en 1972-- et pendant 18 étés, de 1988 à 2005, 580 podiums pour la radio de ses débuts Europe 1. Il enchaîne aussi les disques d'or: "Y a des Indiens partout" en 1970, "La cantine" en 1972 et "Senor Météo" en 1975.

Après le succès du "Big Bisou" (composé par son ami Joe Dassin) en 1977, sa carrière de chanteur s'essouffle. Deux ans plus tard, longue parenthèse alimentaire --11 ans-- avec les tournages d'une série de spots publicitaires pour une boisson au goût fruité. Il se marie en 1978, avec Johnny Hallyday et Michel Sardou comme témoins, mais n'aura pas d'enfant. En 1988, la psychanalyse est en deuil: Carlos dit adieu à sa mère et parraine un parc d'attraction, Mirapolis, où il se produit pendant quatre mois. Sous toutes les latitudes, il se met aussi à la pêche au gros et tourne des documentaires sur son nouveau hobby. Ce Gargantua jovial a publié une autobiographie, "Je m'appelle Carlos" (1996), et deux recueils d'histoires drôles (1997).

Partisan de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle, ce pilier des "Grosses têtes" avait participé pour la dernière fois le 4 janvier à l'indéboulonnable émission de RTL. "Il était d'une pudeur extrême: nous savions depuis plusieurs mois qu'il avait des ennuis de santé, mais pas par lui", a témoigné l'animateur de l'émission, Philippe Bouvard. "Derrière le chanteur adoré des enfants se cachait un homme fin, réfléchi, cultivé, dont sa géniale maman Françoise Dolto avait pu être justement fière", a-t-il dit.