People Même si les Belges sont les grands absents de cette nouvelle saison de Koh-Lanta, Denis Brogniart garde un bon souvenir des parcours de nos compatriotes lors des éditions précédentes. Entretien.

Le 26 août dernier, à peine trois mois après la fin de la quinzième saison, Koh-Lanta reprenait de plus belle sur TF1, cette fois-ci au Cambodge. Cette "vieille dame de 15 ans qui a atteint un âge canonique en télévision", comme la définit Denis Brogniart, présentateur de Koh-Lanta, revient sur le petit écran, pour la deuxième fois cette année dans une version 100 % française, comprenez par là que les Belges ne sont pas au rendez-vous, à part devant leur téléviseur. "On ne peut pas toujours avoir des Belges dans Koh-Lanta mais, quand on en a, ce sont des Belges de qualité. Je pense, par exemple à Gabriel, candidat de l’année dernière pour qui j’ai un très fort attachement. C’était un bon candidat à tout point de vue, que ce soit au niveau du sport, de la personnalité ou encore de la stratégie", confie Denis Brogniart qui se souvient très clairement des cinq candidats belges à avoir, un jour, participé à Koh-Lanta. "Maxime était un fin stratège. Je me souviens qu’il avait fait son collier d’immunité avec des coquillages, faisant croire qu’il allait être immunisé. (rires) Quand j’y repense, ça me fait toujours marrer ! Ce mec m’a surpris. Je ne pensais pas qu’on pouvait être aussi malin, stratège et mature à son jeune âge. Je me souviens aussi de Marie, la jolie blonde à la forte personnalité qui s’est lancée toute seule dans le monde de la restauration. Javier a, quant à lui, illuminé l’aventure par son humour et son côté stratège. J’ai encore de bonnes relations avec lui et je suis très heureux d’avoir pu écrire la préface de son livre…"

En parlant de livre, l’ancienne candidate belge Ella en a également publié un dans lequel elle critiquait l’émission. Avez-vous lu ce livre ?

"Je n’ai déjà pas le temps de lire des livres qui m’intéressent, ce n’est pas pour lire un livre comme celui-là. Je n’ai jamais voulu polémiquer avec Ella. Je pense qu’elle a mal vécu son aventure et je le regrette parce qu’elle était pourtant finaliste. Je ne veux pas donner d’importance à ça. Ce qui est important, c’est de voir comment les autres candidats de Koh-Lanta , dans leur immense majorité, se sont totalement désolidarisés de ce qu’elle a pu écrire dans son livre. Si ce qu’elle disait était vrai, il y aurait eu une levée de boucliers derrière et elle n’aurait pas été la première à écrire ce livre. Ça n’appelle donc pas chez moi plus de considération que ça."

Qu’est -ce que les candidats belges ont en commun ? Quelle est la touche belge ?

"Les Belges ont compris que Koh-Lanta était un jeu et que la stratégie était importante sans que ce soit mal perçu. Je peux vous dire une chose : ils ne laissent jamais insensibles l’équipe de production et les téléspectateurs."

"Ils sont toujours aussi nombreux à ne pas savoir se servir d’une boussole" 
© Photonews

S’il n’avait pas travaillé à la télévision, Denis Brogniart aurait tenté sa chance à Koh-Lanta.

Qu’est-ce qui fait, encore aujourd’hui, le succès de Koh-Lanta ?

"Je pense que le concept est, petit à petit, entré dans les mœurs des gens. Outre le fait que ce soit un programme familial, c’est un moyen de vivre une aventure exceptionnelle par procuration. Les téléspectateurs s’identifient aux candidats et vivent l’aventure à partir de leur canapé. Les années passent, mais on garde les bases et on y ajoute des nouveautés comme l’île aux colliers ou l’île au trésor. Ainsi, dans un premier temps, les candidats n’ont pas l’impression de vivre ce qu’ils ont vécu par procuration à partir de leur fauteuil. Quand ils sont surpris par une nouveauté, les téléspectateurs le sont aussi."

Y a-t-il eu une évolution au niveau des candidats depuis la première saison de Koh-Lanta ?

"Je voudrais croire qu’ils se préparent mieux, mais je n’en suis pas totalement convaincu. Je suis toujours aussi surpris de voir qu’ils sont toujours aussi nombreux à ne pas savoir se servir d’une boussole et à ne pas avoir le sens de l’orientation une fois arrivés à l’épreuve d’orientation. Par contre, ils se préparent physiquement pour être en forme et réfléchissent de plus en plus à la stratégie qu’ils vont mettre en place."

D’Automoto à Ninja Warrior en passant par Koh-Lanta, on peut en déduire que les sensations fortes, c’est votre dada ?

"Je suis très à l’aise dans ce genre d’exercice. Je suis plus à l’aise sous les tropiques ou dehors face à des structures comme dans Ninja Warrior que dans un studio de variétés ou de divertissement. C’est mon côté journaliste sportif qui ressort." (rires)

Si vous ne présentiez Koh-Lanta, auriez-vous tenté votre chance en vous inscrivant au casting ?

"Oui, je dis toujours que c’est le seul jeu, si je n’avais pas travaillé à la télé, pour lequel j’aurais éventuellement passé le casting. J’aurais voulu me tester, voir de quoi je suis capable. Et si je devais craindre une épreuve, ce serait sûrement celles demandant énormément de patience !"

Il paraît que vous avez aidé une femme à accoucher lors du tournage de cette saison…

(rires) "Pas vraiment. En fait, je vous explique… Quand j’arrive sur le lieu de tournage, j’aime aller m’imprégner seul de la culture locale avec mon appareil photo. J’étais dans un petit village de pêcheur totalement perdu sur une île du Cambodge et où aucun touriste ne passe. À un moment, je vois un attroupement et une femme allongée en plein travail. J’ai vite compris qu’il y avait un problème. J’ai alors appelé le médecin de Koh Lanta et on a mis en place tout notre dispositif médical pour transférer la jeune femme dans un hôpital ou elle a pu donner naissance à un petit garçon. Pour l’anecdote, elle a décidé de l’appeler Chance…"

Un beau souvenir qui vient s’ajouter à un autre encore plus beau. La rencontre avec votre femme Hortense en plein tournage de Koh-Lanta, il y a plus de dix ans …

"En 2003, exactement. Hortense, qui est journaliste, était venue sur le tournage de Koh-Lanta à Panama. L’amour a directement opéré. Elle est devenue mon épouse et la mère de mes trois filles. Aujourd’hui, elle ne travaille plus sur Koh-Lanta , mais vient me rejoindre sur le tournage avec les enfants pendant les vacances scolaires. Ça nous fait de belles vacances…"

Et justement, quand vous partez en vacances, vous cherchez avant tout à vous envoler vers des destinations paradisiaques ?

"Pas vraiment. J’aime soit rester en France car je trouve que c’est un pays merveilleux. J’ai d’ailleurs la chance d’avoir une résidence en Corse où je me rends souvent. Je ne suis pas à la recherche de plages de sable blanc ou d’îles désertes, je les vois bien dans Koh-Lanta . Quand je voyage, j’aime surtout permettre à mes enfants de découvrir des endroits comme la Californie ou encore le Canada francophone. J’ai envie de leur offrir une ouverture sur le monde la plus grande possible."