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L’actrice de 43 ans au physique d’éternelle baby doll est à l’affiche du Very Bad Trip 3


HOLLYWOOD Stripteaseuse disjonctée dans la saga des Very Bad Trip, Heather Graham est de retour pour l’ultime volet de l’une des plus rentables franchises des années 2000. Interview d’une actrice qui n’a pas froid aux yeux. Ni ailleurs du reste…

Quelle est pour vous la définition d’un “hangover” réussi ? Traduction : une fête pour enterrer sa vie de garçon ou de femmes ?
“Difficile d’y répondre. Cela dépend de l’âge que vous avez et des amis que vous fréquentez au moment des faits. Une chose est sûre. Ce genre d’événement pour moi c’est sans alcool. Je ne bois pas.”

Et le mariage parfait ?
“J’adorerais me marier sur une plage ! Je suis une folle de yoga et au cours de ma vie, je me suis rendue dans des lieux qui inspiraient vraiment la redécouverte de soi-même. J’ai commencé la méditation transcendantale quand je travaillais avec David Lynch dans Twin Peaks. C’est devenu depuis une obsession!”

Et à part le yoga, vous être accro à quoi ?
“À mon iphone. C’est devenu une extension de moi-même !”

Vous êtes de retour à Las Vegas dans ce Very Bad Trip 3. Que vous inspire cette ville ?
“Je n’ai tourné que deux jours mais pas à Las Vegas. Vous avez le sentiment que je suis dans cette ville mais en fait pas du tout. J’ai tourné dans un studio à Los Angeles. Qu’est ce que je pense de Vegas ? Heuu… pas le genre d’endroit idéal pour la zen attitude. Il y a trop d’ondes négatives sur le strip. Trop d’âmes désespérées…

Est-il vrai que vous seriez une as du poker et que vous auriez mis à mal Bradley Cooper et le reste du cast lors d’une partie mémorable ?
“Non, je ne suis pas une as du poker ! Quand nous avons tourné le tout premier VBT, pour passer le temps entre deux scènes, on m’a appris à jouer au poker. Pour ma première partie, je me suis retrouvée devant toute l’équipe. C’était la première fois que je misais quelque chose. Je ne sais pas ce qui s’est passé mais j’ai atteint les demi-finales. On appelle ça, je crois, la chance des cocus ou des débutants. Un autre jour, j’ai participé à ce qu’on appelle le “celebrity poker”. Et là, j’ai découvert une facette de ma personnalité que je n’ai pas du tout appréciée : une incapacité à perdre ! Comme je sentais que je devenais une inconditionnelle des tapis verts, j’ai préféré abandonner le jeu !”

Quel est le souvenir le plus marquant que vous garderez de cette saga ?
“À chaque fois que je me rends au Caesar’s Palace, à Las Vegas, je croise des clones de Zach et ça me fait bien marrer. Vous en avez partout. Avant c’étaient Elvis et sa banane que l’on célébrait, aujourd’hui c’est la barbe de Zach et son embonpoint ! (rires). Il n’y a aucune limite pour exploiter le filon jusqu’au bout. Tenez, pas plus tard que ce matin, j’ai vu des touristes jouer avec des bandits manchots estampillés Very Bad Trip ! Je n’oublierai jamais ce premier jour où Brad, Zach et Ed ont fait connaissance. Il ne m’a fallu que quelques secondes pour comprendre qu’ils avaient un énorme potentiel et qu’ils deviendraient très vite des stars !”

Vous incarnez une stripteaseuse ayant des goûts douteux, notamment en termes de décoration. On serait curieux de savoir à quoi peut bien ressembler l’intérieur de chez Mrs Graham ?
“Comme je vous le disais tout à l’heure, je voyage beaucoup ! Je suis le genre de femme qui s’arrange toujours pour ramener une babiole, une lampe, un vase, un meuble d’un pays où j’ai aimé séjourner. C’est l’occasion pour moi de me rappeler de bons souvenirs ou de voyager à nouveau sans quitter mon salon. Dans ma maison, vous trouvez beaucoup d’éléments en provenance du Maroc et d’Asie. J’ai un gros faible pour les tapis du Maroc et les meubles fabriqués au Tibet !”

Et puisque vous parlez de vacances, y a-t-il un endroit où Heather Graham n’aime plus mettre ses jolis orteils ?
“Franchement non ! Par contre, je peux vous dire quelle est la période de vacances que je n’aime pas du tout. C’est Noël. Je sais, ça peut paraître choquant mais c’est la vérité. Recevoir ou faire des cadeaux, ça m’ennuie. C’est comme les anniversaires. Je n’aime pas être le centre d’intérêt. Le point de convergence. Je dirais que tout ça sert à faire fonctionner le commerce. C’est purement mercantile. Ah oui, j’ajoute que je déteste aussi les chants de Noël ! Désolée…”

Puisqu’on parle de perception. Après le succès planétaire de “VBT” comment réagissent les gens lorsque vous les croisez dans la rue ? Que vous demandent-ils ?
“Vous avez raison de dire que le succès est planétaire car où que j’aille dans le monde, 80 % des gens que je rencontre ont vu le film. Je vous donne un exemple. J’ai travaillé pour une organisation caritative au Cambodge – the Cambodian Children’s Fund. J’étais au milieu d’une bande de gamins lorsque la grande majorité a crié : “La fille de Hangover ! La fille de Hangover !” Au Cambodge, les gosses dupliquent les DVD et les revendent dans la rue…”

“Nous ne parlions que de Dieu à la maison”



Pour évacuer la pression, avez-vous un endroit favori dans le monde ?
“J’aime me rendre sur les plages de Tulum, au Mexique. Le sable est très chaud là-bas et puis l’endroit n’est pas snob du tout, pas fancy. Normal, en toile de fond, vous avez les ruines d’une ancienne cité maya !”

Pas trop de paparazzis là-bas ?
“Non ! Il suffit de ne pas leur dire où vous allez !”

Vous venez de nous le révéler ?
“Oui, mais vous n’êtes pas un paparazzi !”

Vous avez beaucoup joué dans vos films les filles libérées sexuellement. Le fruit d’une éducation ?
“Je n’ai pas été élevée par des parents très ouverts lorsqu’il fallait aborder ces questions-là. Bien au contraire. Mon père était un agent du FBI et avec ma mère, nous ne parlions que de Dieu à la maison ! Mon éducation sexuelle, j’ai donc dû la faire toute seule ! Il a fallu déjà que je cesse de me poser cette éternelle question : “Si je fais ci ou ça ? Est-ce que c’est bien ou pas bien ?”. Vous voyez ce que je veux dire ? J’étais tellement conditionnée par la religion que je ne pouvais agir naturellement. Bref, j’ai lu des tas de livres sur la libération sexuelle et j’ai même assisté à des cours sur le sujet.”

Vous vous êtes donc libérée vous-même ?
“Oui ! Je l’espère !”

Et vous pensez que l’Amérique est moins pudibonde aujourd’hui ?
“Oh que oui ! Et en particulier pour les femmes. Je me souviens que lorsque la série ‘Sex and The City’ est arrivée à la télé, on n’avait jamais entendu auparavant des filles parler avec un vocabulaire si cru et si explicite ! C’était la première fois également que l’on voyait des femmes aussi à l’aise avec leur sexualité et leur corps. Des femmes qui n’étaient plus des objets. Au contraire ce sont elles qui instrumentalisaient les mecs ! Mon Dieu que c’était rafraîchissant ! Aujourd’hui, c’est la série “Girls” qui prend le relais. Pendant des années, les Américains ont été effrayés par la sexualité des femmes. Je vais vous dire ce qui est perturbant. Ce n’est pas de voir des femmes prendre leur pied, non c’est de savoir qu’en Afrique, il y a toujours de toutes jeunes filles qui sont encore excisées ! Pour la petite histoire, je suis en train d’écrire un script sur le fait de grandir dans un environnement religieux et de s’entendre dire à longueur de journée que si vous ne voulez pas aller direct en enfer, il ne faut pas avoir de relations sexuelles ! Ça sera une comédie très légère. L’histoire d’une femme qui va découvrir comment libérer sa libido et ne plus se culpabiliser ! C’est aussi une histoire d’amitié entre trois nénettes !”

Le tournage est prévu pour quand ?
“Pour la fin de cet été si tout se passe bien. Je touche du bois. Pour l’heure, je joue dans ‘Californication’ aux côtés de David Duchovny.”

Comment ont réagi vos amis masculins lorsqu’ils ont lu votre script ?
“La plupart se sont marrés. Mais j’ai quand même un copain qui m’a déclaré être ‘horrifié’ parce qu’il avait lu. Il ne pensait pas que les femmes entre elles parlaient avec un vocabulaire si imagé. Je pense que lorsqu’il est question de sexe, les femmes ne tournent pas autour de la chose. Elle en parle ‘cash’. Avec force détails. Alors que les hommes, eux, ça se résume à ‘Cette fille est bonne ou pas’. Les mecs n’aiment pas vraiment s’étendre sur le sujet pendant des heures…”

Vous voulez dire qu’ils préfèrent passer carrément à l’action…
“Exactement ! Une soirée sexe réussie ça implique quoi ? Déjà un gars sexuellement irréprochable ! Des bougies, de la bonne musique et surtout pas d’alcool !”

Vous avez 43 ans et vous êtes diablement sexy. C’est quoi votre secret ?
“C’est une conjonction de choses. Une bonne hygiène de vie. Pas d’alcool donc. Quand vous buvez de l’alcool, vous êtes dans la merde ! (rires). Et puis l’inconvénient quand vous prenez une cuite, c’est qu’il faut en plus absorber des tonnes d’Advil ! Bref, je ne prends pas de drogues non plus. Mes seules drogues ce sont le yoga, des heures de sommeil et un bon karma !”

Les cheveux blancs, ça vous effraie ?
“Malheureusement, ils sont déjà là.”

Vous vous les arrachez ?
“Mieux que ça et beaucoup moins douloureux… je les teins !”

© La Dernière Heure 2013