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Rencontre avec la charmante actrice britannique


BRUXELLES Elle n’avait pas vingt ans qu’elle faisait déjà la cover des magazines les plus prestigieux de la planète. Aujourd’hui, l’ex-héroïne de Pirates de Caraïbes

La mode à petit prix…

Comme Elizabeth Bennet, cette pauvre jeune fille qui tombait amoureuse d’un riche aristo dans le roman de Jane Austen “Orgueil et Préjugés”, on ne roulait pas sur l’or dans ma famille. On ne dépensait notre argent que pour ce qui était utile et non pour le superflu et le superflu, c’était justement acheter une autre paire de chaussures, un autre pantalon ou un autre manteau tant que ceux que j’avais dans mon placard n’étaient pas usés jusqu’à la corde !

Ma première dépense “fashion”

Un piercing, un anneau très précisément, pour mon nombril ! J’avais treize ans ! Je revois encore la tête de mon père qui était pourtant très ouvert ! (rires)

Mon conseil mode…

Mélanger le rétro et le moderne. Les accessoires ethniques en bois avec des matières plus techno comme l’acier et même le plastique. Trancher avec des tissus aux teintes unis avec des robes imprimées avec des motifs. Ne pas hésiter à la jouer tenues romantiques un soir et le lendemain s’encanailler avec des trucs plus collants au corps, plus sexy, plus provoc. La mode c’est ça, c’est une éternelle remise en question et l’envie de se renouveler constamment. Cela dit, nous avons toute une préférence. Pour ma part, c’est le look… floral et bien sûr Chanel, Chanel et encore Chanel…

Les petits avantages du métier

Tourner des films m’a permis d’agrandir sensiblement ma garde de robe ! C’est indéniable. Grâce à “Domino”, j’ai pu garder par exemple des jean’s ou des vestes en skaï. Par contre, j’ai laissé le corset que je portais dans “Pirates des Caraïbes”. Le corset, c’est un objet de torture que je ne supporte pas. J’aime être à l’aise dans mes vêtements. Dans “Pirates” j’étais tellement comprimée dans cette camisole que chaque aliment absorbé restait coincer dans mon tube digestif. D’ailleurs, sans l’intervention du réalisateur qui exigea qu’on me desserre un peu, je serais probablement tombée dans les pommes ! Cela dit, les femmes sont un peu paradoxales Pendant des années, elles se sont plaint des corsets et aujourd’hui, elles portent des jean’s, des strings et des “tops” si moulants qu’on se demande pourquoi, jadis, elles ont fait un tel ramdam ! Je vais vous dire, nous les filles, nous serons toujours instrumentalisées par la mode !

Ce qui m’amuse souvent…

C’est lire dans la presse que je suis l’une des actrices les mieux habillées d’Hollywood ! Généralement, je me dis : “Parle-t-on de moi ? Parce qu’en ce qui me concerne, dès que je me retrouve devant un miroir, je sèche. Je ne sais pas quoi mettre. J’ai beau faire des efforts lorsqu’il s’agit d’assortir telle robe avec tel haut, je me sens complètement tarte ! Je me souviens que pour la première de “Pirates de Caraïbes”, je n’arrivais pas à trouver une robe qui me convenait. J’en ai eu tellement marre que j’ai foulé le tapis rouge dans un jean’s élimé avec un haut blanc Valentino qui laissait apparaître tout mon nombril et mes cotes !

Pour ma peau…

Très important l’hydratation. J’aime bien la crème E45 de la marque Hazel. Elle est très efficace et s’étale bien…

Description de ma salle de bain…

Le souk total ! Il y a des flacons et des tubes partout. Pour la plupart entamés. Ca fait des mois que je me dis qu’il faut que je fasse le tri ! Ma grande peur, c’est de mettre une crème sur le visage qui est périmée depuis cinq ans !

La partie de moi que j’aime le moins…

Mes seins ! Je n’ai pas été gâtée non plus de ce côté-là. Lorsque vous incarnez une footballeuse comme dans “Joue-là comme Beckham”, ça va encore, parce qu’on attend de vous que vous soyez un garçon manqué. Mais le jour où l’on vous demande d’interpréter Guenièvre dans le moyenâgeux “King Arthur”, c’est moins évident puisque là, il est question de décolletés pigeonnants. J’avais tellement honte de mes deux œufs sur le plat que j’avais même envisagé un moment – pour faire illusion – de rembourrer mon soutif avec du blanc de poulet !

Mes cheveux et moi…

Il y a des actrices ou plutôt devrais-je dire des cheveux d’actrices qui tolèrent bien les permanentes et colorations ou décolorations successives. Ce n’est pas mon cas. À force de leur faire subir tous ces traitements, ils ont commencé à tomber par poignées entières. Conséquence : j’ai dû les couper très courts pour les revigorer un peu. C’était adopter la coupe à la garçonne ou jouer la cantatrice chauve !

Blonde vs brune ?

Moi-même je ne sais plus ! (rires). J’ai tellement changé de couleurs ces dernières années ! À la naissance, j’étais brune. Puis mes cheveux ont naturellement éclaircis vers l’âge de sept ans pour revenir bruns à l’adolescence. J’ai donc commencé à les décolorer. Pour revenir au brun. Puis, j’ai à nouveau désiré être blonde. Mes cheveux ont du coup viré au vert. Et quand je dis vert, c’est vert ! J’étais arrivée à un point où mes cheveux saturaient ! Et mon budget “beauté” aussi par la même occasion !

Je me méfie…

Des psys ! Ces gens qui essayent de contrôler l’esprit. Un esprit, je ne peux que le concevoir que libre et sans entraves. Je ne sais plus qui disait que les psys étaient les fossoyeurs des acteurs car bien souvent ils essayent de nous faire entrer dans des schémas de pensée. Moi, je dis non à la “normalisation” !

Je me sens vieille…

Avant l’heure. Mais quand je dis “vieille”, c’est dans le métier. Cela fait déjà un bail que je suis dans le movie-business. D’ailleurs, je ne me suis jamais sentie vraiment jeune. Lorsque j’étais gamine, ma mère avait l’habitude de dire : “Quand j’écoute ma fille, j’ai l’impression qu’elle a déjà 45 ans”. Il est vrai que j’ai toujours su ce que je voulais faire dans ma vie. À 6 ans, alors que mes copines fantasmaient sur le Prince Charmant ou sur les mollets des joueurs de West Ham, moi, je me posais des questions existentielles. Et notamment : “Quel métier, vais-je devoir exercer pour être rapidement indépendante et gagner correctement ma croûte ?”…

Être prise en photo…

…Ça n’a jamais été mon truc. Gamine, je m’arrangeais déjà pour me planquer sous la table dès qu’un membre de ma famille sortait le Polaroid ! Voir ma bobine sur un cliché ça n’a jamais été mon truc. Je suis un peu comme la tribu des Aborigènes. Lorsqu’on m’immortalise à coups de “clic-clac”, j’ai toujours un peu le sentiment qu’on vole une partie de mon âme ! C’est un peu aussi comme une sorte de viol sans contact !

Mon aversion pour…

Les tabloïds. La plupart des articles orduriers qui parlaient de la soi-disant vie dissolue et de ma soit disant anorexie ont été écrits par des femmes. Et moi qui pensais que la solidarité féminine était indestructible. J’ai bien peur que le monde vénal dans lequel nous vivons a finalement réussi à foutre en l’air ce “bel esprit”…

Ma vraie relation avec la nourriture…

Je picole, je bouffe comme pas deux, je me shoote à la graisse, je ne calcule jamais le taux de protides et de glucides. Quant à l’association “dangereuse” de certains aliments, je suis une spécialiste pour ça. Je peux très bien avaler deux assiettes de nouilles noyées dans le beurre et finir avec une glace meringuée sans que cela me pose un problème de conscience ! Au petit matin, je ne m’emmerde pas à aller courir dix bornes histoire d’être en adéquation avec les standards hollywoodiens. Si je cours, c’est pour les besoins d’un film ou parce que je suis à la bourre. Sinon, je ne me remue pas trop !

Fière d’être Anglaise…

Pour preuve. Je transporte toujours avec moi dans mon sac, des sachets de tisanes à la menthe poivrée. Une spécialité britannique. Et je dévore aussi tous les articles qui parlent de Robbie Williams et du Prince William. Mes idoles. Avec mon père !


© La Dernière Heure 2012