People Ketty Sina a été repérée par Claude François dans une boîte de nuit. Elle sera sa Clodette jusqu’à sa mort.

"Mes années auprès de Claude François font partie de mes meilleurs souvenirs. C’est toute ma jeunesse", nous confie Ketty Sina, Clodette de 1976 au 11 mars 1978, date du décès du chanteur français. Bientôt âgée de 60 ans, celle qui est devenue propriétaire du Soixante douze, un restaurant de cuisine africaine et créole au décor années 70, à Paris se rappelle, pour nous, de ses années au côté de Cloclo et nous l’avoue : "J’ai encore les yeux qui pétillent quand j’y repense."

Comment avez-vous été remarquée par Claude François ?

"Plus jeune, j’adorais danser. J’allais souvent en boîte de nuit et c’est dans l’une d’entre elles que Claude François m’a recrutée. Il est arrivé comme client avec ses Clodettes. Le premier contact a été très chaleureux. Il a envoyé quelqu’un me chercher sur la piste de danse et m’a accueillie sur sa table. Je lui ai serré la main et il m’a donné rendez-vous le lendemain à 9 heures précises à son bureau. Mon côté exotique l’intéressait aussi. Trois jours plus tard, je faisais ma première télé avec lui…"

Est-ce que Claude François était strict en général avec ses Clodettes ?

"Non, il était très bienveillant même si je n’étais pas du tout disciplinée (rires) . Ça ne veut pas dire qu’on ne se faisait pas disputer ! Quand quelque chose n’allait pas, il se mettait en colère mais, c’était toujours constructif. Il fallait être pro."

Y avait-il de la compétition entre les Clodettes ?

"Pas vraiment. L’ambiance était bonne parce qu’on était toutes placées sur le même pied d’égalité. On était toutes habillées et coiffées de la même façon. Il n’y avait pas de préférence donc pas de jalousie. En plus, il n’avait pas de petite copine parmi les Clodettes…"

Est-ce qu’il y avait la pression d’être rapidement remplacée ?

"On pouvait rapidement se faire remplacer, oui, mais je ne ressentais pas cette pression personnellement."

Pouviez-vous bien vivre simplement en étant Clodette ?

"On gagnait très bien notre vie. Entre les cadeaux qu’il nous faisait, on avait un salaire d’environ 6.000 francs (un peu moins de 1.000 euros) par mois et les cachets qu’on recevait après avoir fait une télé."

Comment avez-vous vécu les mois qui ont suivi la mort de Claude François ?

"C’était très difficile à vivre. Pour ma part, je suis allée vivre en Italie parce que j’étais trop dans la douleur. Puis, c’est un changement de vie radical, on s’est retrouvées sans boulot.. On avait été habituées à vivre comme des stars, tout nous était dû, on était bien payées, on avait un avion privé, etc. Il a vraiment fallu le temps qu’on digère son décès avant de penser à faire autre chose. On nous a fait des offres de travail mais on était peut-être capricieux et on n’avait pas forcément envie de faire n’importe quoi avec n’importe qui."

Que pensez-vous de Hit-parade, spectacle avec notamment l’hologramme de Claude François ?

"J’ai été le voir il y a peu sur Paris et je trouve que c’est très bien. Évidemment, on s’attend à voir Claude mais ce n’est pas Claude quoi (rires) ! C’est une bonne idée d’avoir fait revivre certains artistes de cette manière. Claude François est encore vendeur maintenant. La preuve avec Matt Pokora qui a sorti un album de reprises des chansons de Claude. Et, si je peux vous donner mon avis, les nouvelles Clodettes sont magnifiques et spectaculairement performantes."