People Il faudrait lui confier toutes les cérémonies de gala du cinéma français.

Il faudrait toujours confier les cérémonies de gala du cinéma français à Edouard Baer. Décalé et dandy, impertinent et drôle, il ne possède pas son pareil pour rendre hommage au cinéma tout en se moquant de ses travers. Un exercice dans lequel il a brillé hier soir, en inauguration du 71e Festival de Cannes. En s’inspirant d’abord de Pierrot le fou, le film de Jean-Luc Godard dont est extraite l’affiche de cette année. "Personne ne sait quoi faire, Anna Karénine. Est-ce que Jean-Luc Godard, quand il faisait Pierrot le fou , savait ce qu’il faisait ? Je ne le crois pas, non."


Dans la salle, la partenaire de Jean-Paul Belmondo rayonne. Edouard Baer, lui, poursuit à un rythme de mitraillette, titille gentiment Thierry Frémaux ("Cher président, euh, cher délégué général, mais je sais que vous avez de l’ambition"), ouvre des yeux écarquillés devant la robe transparente de Léa Seydoux, puis y va d’une tirade dont il a le secret. En interpellant le parterre de comédiens. "Voilà, le jury est au complet. Et vous n’en faites pas partie. Qu’est-ce qui s’est passé ? À quel moment est-ce que cela a merdé dans vos carrières ? Je vois Chiara (Mastroiani), la grande Cécile de France, tous ces gens qui ont tourné dans de bons films. Je vous souhaite une bonne soirée avec toutes ces questions sans réponses qui nous font vivre si intensément."


Le président Pierre Lescure n’échappe pas non plus à ses railleries : "Vous faites parties des rares hommes dans ce métier qui cherchent à aller plus vite que la caméra." Un feu d’artifice qui se termine par l’écrasement des pieds de Kristen Stewart, ponctué d’un simple "Ne faites pas ça chez vous". "Je vous donne rendez-vous dans 10 jours, si Dieu nous prête vie et s’il existe. Bonsoir." Brillant.