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La robe de mariée de la princesse est revenue d'Amérique. Pour la première fois !

De notre envoyé spécial à Monaco Eddy Przybylski

MONACO Devenue Princesse de Monaco, en unissant sa vie à celle du prince Rainier, le 19 avril 1956, Grace Kelly fit don de sa robe de mariée au musée de sa ville natale, Philadelphie, aux Etats-Unis.

Princesse de Monaco, elle le resta jusqu'à sa mort tragique, le 14 septembre 1982. Dans quelques semaines, il y aura vingt-cinq ans de cela. À cette occasion, son fils, le prince Albert, a eu l'initiative de la plus grande exposition jamais mise sur pied à propos de sa mère. Il a ouvert les collections du Palais et il semble que, dans la famille, on était très collectionneur. Mais, en plus, il a obtenu que la fameuse robe de mariée de Philadelphie revienne, pour la première fois, en Europe.

Sur le plan strictement géographique - et c'est symbolique ! - la vitrine renfermant cette robe historique, en dentelle rose et faille de soie (ainsi que les chaussures de la mariée, son missel et un coussin brodé des armoiries de la principauté) se trouve exactement au centre de cette exposition organisée au Grimaldi Forum, qui s'intitule Les années Grace Kelly. Vous remarquerez la nuance. On ne dit pas Les années Princesse de Monaco. C'est que l'on propose ici de suivre une femme tout au long de son existence exceptionnelle.

Le visiteur est confronté tout d'abord à un écran géant sur lequel est projeté un texte de la princesse parlant d'elle-même : "Les contes de fées racontent des histoires imaginaires. Moi, je suis un personnage vivant. Si l'on racontait un jour ma vie de femme réelle, on découvrirait enfin l'être vivant tel que je suis." De là, il est guidé dans cette vie réelle à travers quinze thèmes qui, ici, portent le nom de chambres.

La chambre Philadelphie d'abord, pour évoquer son enfance. Avec un aviron pour rappeler que papa fut champion olympique (sa médaille se trouve dans une vitrine). Avec les diplômes d'école de Grace. Son carnet de bal sur lequel figure un nom, un certain Bill D'Arcy. Et surtout une projection avec des images du mariage de ses parents et des petits films familiaux montrant Grace, enfant et adolescente, parmi les siens, avec, déjà quelques moues amusantes qui captent la caméra. C'est bien simple : on ne voit qu'elle.

La chambre New York (pour ses débuts au théâtre, avec un contrat à 50 dollars pour une semaine) mène à la chambre Hollywood où, dans une vitrine, se trouve l'Oscar (le vrai) qu'elle reçut en 1955 et aussi la robe vert léger qu'elle portait le soir de la cérémonie.

On entre alors dans la chambre Monaco. C'est le Monaco d'avant Grace. Avec des tableaux, des photos, les portraits des princes d'avant. Puis la rencontre : la projection des photos historiques réalisées au palais princier par le magazine Paris-Match qui, profitant du festival de Cannes, y avait emmené Grace Kelly. C'était la première fois que Rainier la voyait. Coup de foudre en direct !

Au long du parcours, il y a vingt écrans projetant des films (toujours des séquences de deux minutes). On y voit Grace dans ses rôles au cinéma, ou dans l'exercice de ses fonctions princières ou encore dans ses activités d'épouse et de mère de famille. Parfois, ce sont des films sur ses enfants qu'elle a tournés elle-même. Sur un yacht, on les voit tous, elle et les trois enfants, occupés à... éplucher les pommes de terre. Ça leur arrivait aussi...

Il y a d'innombrables robes signées par les plus grands couturiers qui ont été portées par Grace, un espace pour exposer ses bijoux, un mur rempli de couvertures de magazines (lorsqu'elle était top-modèle, ou actrice ou princesse). Une évocation de l'atelier de Roc-Agel, où elle réalisait des collages de fleurs (qui sont aussi exposés). Une reconstitution de la chambre des enfants (avec, parmi les jouets, un dauphin à bascule et deux poupées de 40 cm représentant... Rainier et Grace. Dans des vitrines, il y a aussi de très nombreuses lettres manuscrites signées par Elizabeth II, Diana, Jacqueline Kennedy, Hitchcock (qui signe Hitch), le général de Gaulle, Bing Crosby, Richard Burton (qui lui donne du Dear Princess). Et des photos avec toutes les personnalités de la planète (notamment notre reine Fabiola et Hergé). Il y a même une vitrine avec son passeport, son permis de conduire et... une carte d'identité belge délivrée à Ostende le 25 juin 1958. Avec un faux nom, pour lui permettre de voyager incognito.

Les années Grace Kelly, au Grimaldi Forum de Monaco, du 12 juillet au 23 septembre



© La Dernière Heure 2007