People L'animatrice française qui a été violée enfant est sortie de ses gonds suite à des propos qu'elle trouve plus qu'indécents. Et il y a de quoi se poser des questions. Mais que se passe-t-il en France ?


D'abord, il y a eu cette tribune signée par Catherine Deneuve et 99 autres femmes dans Le Monde qui mettait le feu à #MeToo #BalanceTonPorc, mais surtout osait affirmer dans une tournure brusque et presque méprisante : « "Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle ». Le terme "une" permettant de botter en touche à chaque attaque... Tollé chez les féministes et chez de nombreuses femmes se revendiquant solidaires les unes des autres, dont Flavie Flament.


"On peut jouir lors d'un viol je vous signale"

Ce brûlot a bien sûr donné suite à de nombreuses interviews et débats. Dont notamment un face-à-face entre Brigitte Lahaie et Caroline de Haas sur BFMTV. L'ex-actrice de films porno fait partie des 100 femmes signataires d'un texte expliquant que "Cette justice expéditive a déjà ses victimes, des hommes sanctionnés dans l’exercice de leur métier, contraints à la démission, etc., alors qu’ils n’ont eu pour seul tort que d’avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses « intimes » lors d’un dîner professionnel ou d’avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femme chez qui l’attirance n’était pas réciproque."

La militante féministe Caroline de Haas s'inscrit en porte-à-faux et le débat va mener à cette phrase indigne de la part de Brigitte Lahaie : «On peut jouir lors d'un viol je vous signale».

Flavie Flament n'a pas supporté et l'a fait savoir sur Instagram, taguant #Deneuve&Co notamment.


"Je regrette de ne pas avoir été violée"

Auparavant, elle avait posté une photo de Catherine Millet que l'on connaît pour son art de déranger. Cette dernière a pourtant dépassé elle aussi les bornes en affirmant : «Je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée parce que je pourrais témoigner que du viol on s'en sort».


"Pour la solidarité, on repassera"

La France fait en quelque sorte face à ses vieux démons libertins et retrouve ses combats de classe, ceci étant d'ailleurs vertement dénoncé par la dessinatrice Emma, choquée par la carte blanche des 100 femmes à qui elle reproche de parler en tant que "caste". "Il est intéressant de constater que les femmes qui défendent ce droit à harceler sont très aisées, et ce sont les hommes de leur classe qu’elles soutiennent ». Ce qui lui fait dire dans une bulle de sa BD en ligne: « Oui au harcèlement s’il est mondain. Et pour la solidarité avec les autres femmes, on repassera ».


Au-delà de ces dérapages, ce débat soulève la difficulté de se positionner totalement "pour" ou "contre". Non les féministes et les utilisatrices du mouvement MeToo ne voient pas les femmes comme "d’éternelles victimes, de pauvres petites choses sous l’emprise de phallocrates démons"; comme le dénonce une blogueuse québécoise qui aurait aimé signé la tribune. 

Et pour la plupart d'entre elles, les femmes signataires de ce texteparu dans Le Monde se sont battues dans les années 60 pour la libération sexuelle des femmes. Aujourd'hui, elles signent par peur de voir le puritanisme new age s'abattre sur toute relation, comme cela se produit aux Etats-Unis (dans le microcosme de l'industrie du cinéma avant tout) mais dans le même temps, elles  montrent du doigt des femmes vues comme des délatrices et font perdurer l'idée que c'est de toute façon l'hommequi  est maître de la séduction et que la femme n'a plus qu'à minauder, tout ça sous le couvert de la libération sexuelle. Oups. La France n'est pas sortie de l'auberge...