People Pharrell Williams met son talent de musicien au service du cinéma. Rencontre avec un artiste qui a explosé à 40 ans et qui transforme tout ce qu’il touche en or.

Il vient de produire et de signer une partie de la B.O. des Figures de l’ombre, un film qui revient sur l’histoire méconnue mais authentique de trois mathématiciennes de la Nasa qui ont fait tomber les barrières raciales et de genre dans les années 60 aux États-Unis. Il, c’est le phénomène Pharrell Williams, le chanteur Happy. Nous l’avons rencontré…

Comment vous est venu le titre de la chanson du film, Running ?

"On le voit très bien dans le film. Ces femmes ingénieurs doivent parcourir 30 à 45 minutes - aller/retour - dès qu’elles veulent se rendre aux toilettes. Cette scène n’est pas un truc que les scénaristes ont inventé. Cela se passait vraiment comme ça dans les locaux de la Nasa dans les années 60. Les femmes et les hommes de couleurs avaient des toilettes séparées. Il était formellement interdit pour elles et pour eux d’aller faire leur besoin dans les WC des Blancs ! Ces femmes ne pouvaient donc pas utiliser les toilettes sur leur lieu de travail. Je sais, c’est dégueulasse ! À cette même époque, il était très mal vu pour une femme de porter des pantalons ou des shorts. Du coup, elles ne portaient que des jupes et ne pouvaient donc pas emprunter un vélo pour aller plus vite. C’était une époque très dure pour les femmes. Mais c’était encore pire pour les Noires ! La Nasa ne suivait, n’appliquait que les consignes et les protocoles fixés en ce temps-là. Mais vous savez, encore de nos jours, vous avez des femmes, qu’elles soient blanches ou noires, qui vivent toujours une forme de discrimination. Que ce soit au travail ou à la maison. Je voulais écrire cette chanson pour que les hommes comprennent bien qu’il est temps d’encourager leurs épouses, leurs filles. Il est temps que les hommes acceptent que sans les femmes, ils ne sont rien. Je leur voue un profond respect. J’admire leur courage, leur capacité à s’assumer et à exercer plusieurs choses à la fois. Elles travaillent à la maison et en dehors de la maison. Elles s’occupent enfin de leur famille sans jamais démériter. Et puis, sans elles, nous ne serions pas là aujourd’hui car ce sont elles qui nous donnent la vie. Et bien souvent qui nous élèvent. Je trouve que nos institutions, nos gouvernements, nos entreprises manquent cruellement de femmes. Le problème, c’est qu’il y a un vrai déséquilibre."

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