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Benoît Poelvoorde a fait hurler de rire tous ses partenaires du Grain bain en torpillant complètement sa seule interview cannoise.


Ce sera à coup sûr la plus grosse déception de ce festival. Benoît Poelvoorde a choisi de ne pas accorder d'interview pour parler du Grand bain, le film de Gilles Lellouche sélectionné hors compétition à Cannes. Tout au plus s'est-il rendu à une rencontre collective sur TV Festival. Qu'il a torpillée avec génie et drôlerie. De quoi nourrir bien des regrets pour tous les journalistes qui n'auront pas le bonheur de discuter avec lui.


"Je ne pourrais pas tourner avec Poelvoorde"

© AFP

D'entrée de jeu, il a coupé la parole au présentateur: "Je suis sorti de la projection du film de Jean-Luc Godard hier et je pense qu'il y a de vraies questions à poser." Et pan ! Le ton est donné. "Je bouillonne!" lâche-t-il aussitôt. "Et voilà, ça tourne boudin. Guillaume (Canet), tu te calmes !"

Gilles Lellouche tente vainement d'en placer une, mais l'ami Ben est déchaîné: "Est-ce que quelqu'un a déjà vu le dos de Philippe Katerine ? C'est un oursin ! C'est du boulot: il faut dresser les petits poils pour que ça danse dans le bon sens. Il a fallu les mettre au pas, les poils! Philippe m'avait dit : On ne m'acceptera jamais avec ce corps ingrat. Mais Philippe, si je suis passé, tout le monde passera. Mais je ramène tout à moi. Guillaume, parle-nous de ton expérience. Tu as beaucoup grossi sur le film..."

Eclat de rire général. Virginie Efira, Leila Bekhti, Guillaume Canet, Philippe Katerine, Mathieu Amalric et Gilles Lellouche se tiennent les côtes. Marina Foïs, elle, est sidérée."J'ai très envie de tourner avec Benoît, parce qu'ici, on s'est à peine croisés, mais je ne pourrais pas. Je ne tiendrais pas..."


"On avait des slips séparés"

Il en faut plus pour le décourager. Aussitôt, il enchaîne avec son entraîment intensif en natation synchronisée masculine. "Je ne veux pas qu'on me traite de tire-au-flanc, de gros connard bourré à l'arrière à Cannes." Ses partenaires assistent au show en connaisseurs. Et Benoît Poelvoorde ne se fait pas prier pour en rajouter. Notamment en s'offusquant de la présentation du "Grand bain" hors compétition. "Vous me l'apprenez.Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Cela sent le privilège. On se casse !"

Gilles Lellouche tente alors vainement d'évoquer la manière dont il a maîtrisé son groupe, mais aussitôt, il est interrompu. "C'est archi-faux !, hurle Benoît Poelvoorde en entendant parler de tournage harmonieux. Je ne supporte pas Mathieu Amalric, je ne supporte pas Guillaume Canet, ils ne me supportent pas ! Arrête de raconter des conneries. On avait des loges séparées, des vestiaires séparés, des slips séparés."

Le pauvre animateur, qui avoue "n'avoir jamais fait d'interview aussi rock'n roll", peine à retenir ses larmes de rires, tandis que toute l'équipe du "Grand bain" est pliée en deux. Et même si Benoît Poelvoorde termine sur une note un peu plus amère, en évoquant la comédie ("Cela va être un bon moment. On demande juste aux journalistes d'éviter le champ lexical du Plouf ou du Cela prend l'eau. Je suis assez intelligent pour dire: les gars, faites un petit effort..."), il a quand même livré un show tout bonnement extraordinaire de drôlerie.