People Vers 21 ans, fraîchement diplômée, Sara De Paduwa s’est lancée avec succès dans le mannequinat. C’était avant que la RTBF ne la repère. Elle revient sur cette période "importante" de sa vie le 6-8 du lundi au vendredi.

Sara De Paduwa a commencé tard dans le mannequinat. C’est peut-être pour cela, explique-t-elle aujourd’hui, qu’elle n’a gardé que de bons souvenirs de ces années sous l’objectif : parce qu’elle avait déjà acquis une certaine maturité. "Je devais avoir 21, 22 ans quand j’ai commencé. À 17 ans, on me l’avait déjà proposé, mais j’avais refusé. J’étais dans une équipe de volley-ball, je faisais de la compétition et ça me prenait beaucoup de temps. Et puis, on me l’a redemandé, une fois que j’avais mon diplôme en poche. Je me suis dit: pourquoi pas? Histoire de ne pas avoir de regrets à 30 ans." Pour nous, la plus souriante des animatrices ouvre son album photos de mannequin...

Vos années de mannequin ont commencé comment ?

"Dans l’agence où j’étais, avenue Louise, on m’a d’abord constitué un book. En fait, j’ai eu beaucoup de chance, ça a commencé très vite. J’ai commencé à poser pour des catalogues, des trucs commerciaux. J’arrivais tard dans le milieu. Les mannequins fashion, mode, elles ont 16-17 ans… Je n’allais pas à New York, je ne défilais pas, mais je voyageais un peu. J’étais un petit mannequin. Mais j’ai pu en vivre ! Et c’est un luxe ! Ça payait bien : en 3 jours de shooting catalogue (comme La Redoute etc...) , je faisais mon mois ! Et puis, j’avais beaucoup de temps pour moi. C’est magique d’avoir du temps pour soi, surtout pour un premier job où, d’habitude, tu es pressé comme un citron ! Mais en ayant du temps pour toi, tu es assez seul en fin de compte. Tu voyages seul."

Le milieu est-il aussi superficiel qu’on l’imagine ?

"C’est vrai que j’appréhendais un peu, car je n’étais - et ne suis - pas du tout dans l’apparence. Ce n’est pas quelque chose que j’entretiens. On m’a quand même dit : il va falloir que tu t’habilles différemment ! Moi, ce n’était pas du tout ma priorité, j’arrivais avec mes baskets et mon jeans. (rires) Mais j’ai aussi été surprise par le milieu : tout est clair et chacun est à sa place. Chacun sait pourquoi il est là et fait son job. La belle fait la belle, le photographe prend des photos,…Je me suis fait des copines dans le milieu, que j’ai retrouvées via Facebook ."

Et la jalousie entre nanas dans le milieu du mannequinat ?

"Il y en a sûrement, mais moi je n’ai pas connu ça. Ça existait peut-être chez les plus jeunes. J’ai peut-être croisé une ou deux filles qui pensaient que la beauté est un talent. Mais les mannequins, ce sont aussi des filles instruites. Parce qu’on a le temps de s’instruire. Pendant cette période, j’ai beaucoup lu. Ce n’est pas un monde d’idiotes… Même s’il y en a bien sûr."

Vous dites que cette période a été importante pour vous…

"Oui, j’en garde vraiment un très bon souvenir. C’était une période importante dans ma vie. J’ai pu prendre soin de moi et c’était important pour moi. Tu apprends aussi, quand tu es mannequin, à avoir une certaine distance par rapport au superficiel. À un moment, tu es obnubilé par le fait qu’on te mesure. On te parle en mensurations, pas en poids. Comme je suis grande, le poids ne veut pas dire grand-chose. Tu fais gaffe à la bouffe… Et là où ça devient plus difficile, c’est que comme tu as beaucoup de temps libre, tu as forcément envie de manger ! Ça, c’est le côté dur. J’ai mis 2-3 ans à accepter mon corps. Je voulais être comme Charlotte Gainsbourg. Mais comme j’étais grande et musclée… Au final, ça m’a appris à m’aimer, à être bien dans ma peau."

Défiler, ça ne vous intéressait pas ?

"Je n’étais pas toute mince, je faisais une taille 36, ce n’était pas l’idéal pour défiler. Mais de toute façon, je préférais les shootings. Mais je n’ai jamais ressenti ce besoin de poser, de faire la belle. Au départ même, j’étais gênée. Le physique, c’est une chance, ce n’est pas un talent ! À la base, je ne voulais pas mettre ça en avant. Ne pas sourire, avoir un côté sexy, ça me mettait mal à l’aise. Et puis, ce n’est pas parce que tu as un physique que tu sais l’utiliser."

Vous avez travaillé durant combien de temps comme mannequin ?

"Ça a été mon métier durant 2-3 ans, où je ne vivais que de ça. Ensuite, j’ai été repérée par la RTBF où j’ai commencé comme hôtesse, tout en faisant l’info-route, vers 2004-2005."

Pensez-vous que vous auriez pu vous enfermer plus longtemps là-dedans ?

"Non car j’avais déjà mon diplôme de communication en poche. Tout de suite, je me suis dit que je n’allais pas m’enfermer dans le mannequinat. Comme j’ai commencé tard dans le métier, je suis partie avec d’autres bagages… Mais si tu ne sais pas faire autre chose que mannequin, c’est une spirale."

Aujourd’hui, vous referiez le même parcours par la case mannequin ?

"Je pense que c’est un métier qui a beaucoup changé, notamment avec le Web et la téléréalité. Il y a beaucoup de monde… Je ne suis pas sûre que ça me plairait aujourd’hui. À l’époque, il n’y avait pas tout ça. Le botox, le silicone, photoshop, ce n’était pas comme aujourd’hui. Les filles qui étaient mannequins devaient prendre beaucoup soin d’elles, c’était naturel. C’était une rigueur de vie. Quand je vois une femme comme Estelle Lefébure aujourd’hui, je dis chapeau, car il faut savoir tenir la distance !"

Et si on proposait à vos enfants de poser ?

"J’y ai pensé, quand Louise était bébé. Mais maintenant, je ne serais plus trop d’accord. Elle a 7 ans, et je ne voudrais pas qu’elle se retrouve à cet âge-ci dans le milieu."

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