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Le dandy belge et sa femme, la styliste Coralie Barbier, se confient sur un ton choral dans les pages de Paris Match sur son “envie de prendre du recul”. fatigue, lassitude, collaboration mode, amour, ils abordent tout.


“La musique est plus personnelle”, répond Paul Van Haver à la question de savoir s’il met autant de lui-même dans la mode (ses capsules Mosaert dont la dernière en date est une collaboration avec la marque de chaussures de danse Repetto) que dans la musique. “Il en fera toujours. Alors qu’il pourrait vivre sans la mode…, renchérit son double Coralie, celle-là même qui a finalisé le look de l’interprète de Papaoutai. Le live, les albums, les vêtements, tout est lié. On propose un univers esthétique. Paul a une exigence qui déteint sur l’équipe.” Et ce n’est pas le dandy belge qui dira le contraire. “Quand tu dis cela, c’est juste. mais sans fausse modestie, j’ai l’impression de ne pas avoir de goût, c’est bizarre. Je ne fonctionne pas sans l’avis des autres, y compris en musique.” Même si “la reconnaissance vous met à l’aise. J’ai appris une chose avec le succès : agir pour moi. Que vont penser les autres, le qu’en dira-t-on, voilà le stress !”

“Je ne m’éclatais plus”


“Je n’ai pas de projets musicaux, glisse celui qui vient pourtant de sortir un morceau en collaboration avec Vitaa (Peine et pitié) ou encore de réaliser le dernier clip de Major Lazer avec Nicki Minaj (Run Up). Mais les histoires qui rapportent que je vais arrêter de chanter sont exagérées. Je me donne le droit de ne pas savoir s’il y aura un disque et quand. Je ne suis obligé à rien. J’ai besoin de penser ainsi.” Et Coralie de renchérir : “S’il ne s’amuse pas, cela n’a pas de sens.” Stromae était même “arrivé à un stade où je ne m’éclatais plus beaucoup.” “Il fallait revenir à la réalité”, insiste sa femme, dans les colonnes de Paris Match.

Moments intenses de solitude

“Trop d’énergie, de fatigue, de route… J’étais exténué, confesse celui qui avoue gagner très peu d’argent et pense ouvrir une boutique sur l’art de vivre. C’est un vrai boulot. Il ne s’agit pas simplement de faire le fanfaron sur scène et de kiffer la vie parce que tout nous réussit. Ce sont aussi des moments de solitude dans une chambre d’hôtel… Être sans cesse sur le devant de la scène et porter un drapeau, j’ai donné. Je vais aider et laisser pousser d’autres artistes. Je prends du recul, cela me fait du bien.”

Et sa femme, qui a toujours su le guider et qui semble le connaître mieux que personne, de conclure: “Il est possible d’organiser une tournée plus légère. Le succès s’est pointé d’un coup. Paul est bien entouré, avec des gens bienveillants mais cette pression, de l’Afrique à l’Amérique, se sentir arraché de son milieu pendant deux ans… On se perd. C’était à vif.”