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Une nouvelle accusatrice de Harvey Weinstein a détaillé vendredi son agression sexuelle présumée par le producteur déchu, avant une seconde conférence de presse attendue dans la journée, cette fois de l'avocat d'une mannequin et actrice italienne qui l'accuse de viol.

Lors d'une rencontre pour discuter de sa carrière naissante d'actrice, interrompue peu après l'interaction avec M. Weinstein, l'actrice Heather Kerr (à droite sur l'illustration), fondant en larmes, a raconté que le producteur avait "attrapé sa main, l'a placée de force et tenue sur son pénis": "c'est comme ça que les choses marchent à Hollywood".

L'avocat David Ring tiendra lui aussi un point presse vers 13h00 (20H00 GMT) pour discuter des accusations de sa cliente italienne, dont le nom n'a pas été révélé et qui accuse Harvey Weinstein, longtemps l'une des figures les plus influentes d'Hollywood, de l'avoir violée dans une chambre d'hôtel à Los Angeles en 2013.

"Ma cliente est reconnaissante envers toutes les femmes courageuses qui ont déjà décidé de prendre la parole publiquement et de dénoncer les agissements de Weinstein", a commenté M. Ring dans un communiqué.

La police de Los Angeles a confirmé jeudi avoir ouvert une enquête sur le producteur, accusé par plus de quarante femmes de harcèlement, agressions sexuelles ou viols, dont Mira Sorvino, Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow, Ashley Judd, Léa Seydoux et Lupita Nyong'o.

La victime présumée italienne a raconté au Los Angeles Times qu'Harvey Weinstein était arrivé "sans prévenir" à son hôtel.

"Il a forcé le passage dans ma chambre", a-t-elle expliqué au journal californien, avant de raconter: "Il est devenu très rapidement agressif et demandait à me voir nue. Il m'a attrapée par les cheveux, et m'a forcée à faire quelque chose que je ne voulais pas. Ensuite il m'a traînée dans la salle de bain et m'a violée".

'Prédateur'

C'est la sixième femme qui l'accuse de viol, après les révélations également des actrices Rose McGowan et Asia Argento, ou encore de l'ex-actrice Lucia Evans.

Deux enquêtes sont déjà menées sur le magnat du cinéma à New York et Londres.

M. Weinstein, 65 ans, désormais paria à Hollywood, où il fit longtemps la pluie et le beau temps avec la société de production et de distribution Miramax, affirme que toutes ces relations sexuelles étaient consensuelles.

Après l'Académie des Oscars, l'Académie britannique du film et le syndicat des producteurs d'Hollywood, l'Académie de la télévision, qui remet les Emmy Awards, a fait savoir qu'elle voterait en novembre pour elle aussi expulser de ses rangs celui qui avait financé l'émission "Project Runway" et la série télé "Marco Polo".

Harvey Weinstein a par ailleurs été renvoyé de sa propre société co-fondée avec son frère Bob, The Weinstein Company.

Jeudi, le réalisateur vedette Quentin Tarantino, qui doit largement sa carrière à Harvey Weinstein, a admis avoir eu connaissance du comportement de son producteur privilégié.

"J'en savais suffisamment pour réagir plus que ce que je n'ai fait", a expliqué le réalisateur au New York Times.

"C'était plus que les rumeurs habituelles, les ragots. Ce n'était pas des +on dit+. Je savais qu'il avait fait plusieurs de ces choses", a également déclaré Tarantino à propose de celui qui a produit plusieurs de ses plus gros succès, comme "Kill Bill" ou "Pulp Fiction".

Dans une lettre ouverte publiée dans la presse américaine, les employés de la Weinstein Company ont par ailleurs affirmé qu'ils savaient qu'ils travaillaient pour une personnalité "au tempérament notoirement" inflammable mais qu'ils ne savaient pas, en revanche, qu'il était "un prédateur sexuel".

"Nous savions que c'était un homme à femmes avec de multiples affaires extra-conjugales mais pas un agresseur violent et un violeur", concluent-ils, alors que beaucoup des accusatrices ont évoqué la complicité souvent active de nombre d'employés de Harvey Weinstein.