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A Caracas, dans une boutique, difficile de ne pas s'interroger face à ces mannequins d'écolières au ventre rond...

Il y a comme une silhouette dérangeante, une forme qui met mal à l'aise, lorsqu'on jette un œil aux vitrines d'une boutique de Caracas, dans un centre commercial. Les ventres des petits mannequins en costume réglementaire d'écolières sont arrondis. Provocation?


C'est en réalité l'œuvre de deux associations. L'objectif: soulever un débat récurant au Vénézuela à propos du nombre trop élevé de grossesses d'adolescentes. Sur 1000 filles âgées de 15 à 19 ans, on relève en effet 83 naissances (contre 6 en France), selon les données de la Banque mondiale. Toutes les trois minutes, une mineure tombe enceinte. Les ONG Fundana et Construyendo Futuros ont donc osé, par leur action, « briser un tabou » pour espérer mettre l'éducation sexuelle sur la table.

Une campagne qui suscite les réactions


D'ailleurs, devant les vitrines, les passants réagissent. « C'est terrible. Si j’étais une mère je ne voudrais pas que mon enfant puisse voir cela », déclare à l'agence Reuters une étudiante de 18 ans scandalisée. «C’est troublant de voir cela en vitrine. Mais c’est la vérité. Vous apercevez constamment des jeunes filles enceintes dans la rue. Donc cela vous oblige à réfléchir sur le problème », tempère une autre jeune fille. De leur côté, les associations sont satisfaites de l'émoi engendré dans la rue. Cette campagne intervient alors que les Nations Unies viennent également d'exprimer leur « profonde inquiétude » quant à la mortalité des mères lors d'une grossesse trop précoce. Cette exposition devrait rester en vitrine un bon mois et pourrait également s'étendre à d'autres centres commerciaux du Vénézuela.