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« Il est trop émotif, il est hyper-susceptible, il est à fleur de peau, il est trop sensible, il prend les choses trop à cœur, il devrait s’endurcir » … Ces mots prononcés comme un jugement de valeur par des adultes, souvent, mal à l’aise avec leurs émotions, conduisent les parents en consultation.


Dans notre société, les émotions n’ont pas bonne presse. Nous nous devons de les contrôler, de les maîtriser, voire d’afficher une certaine indifférence froide. C’est oublier que sensibilité et intelligence sont intimement connectées, que nos émotions et nos sensations favorisent notre pensée, que notre réflexion se forme à partir de nos perceptions.

Tous les enfants naissent sensibles, ils ne sont que sensations ! Cette sensibilité s’apaise vers 7 ans, avec la maturation cérébrale, sauf pour 15 à 20% de la population.


Quelles sont les caractéristiques des enfants hypersensibles ?

Le cerveau de l’enfant hypersensible réagit de manière disproportionnée aux informations extérieures : le parfum l’agresse, le bruit de ses 25 camarades de classe l’épuise, l’odeur du « Dragibus » le révulse, les variations atmosphériques l’indisposent, ses vêtements le grattent, la luminosité l’incommode… Selon les individus, l’hyperesthésie peut s’exprimer différemment.

Le cerveau des hypersensibles amplifie et régule moins bien les différentes émotions. Les enfants se sentent submergés, emportés par leurs réactions. Celles-ci sont, souvent, qualifiées d’exagérées, de problématiques par l’entourage qui ne les comprend pas.

Ils traitent l’information de façon plus approfondie avec un sens du détail hors du commun : la pomme qu’ils mangent n’est pas seulement rouge, elle a un parfum, une flaveur, sa peau a une texture, sa chair a une consistance, elle est reliée au compotier, qui lui-même est analysé dans son contexte. Ce traitement de l’information entraîne enfants, adolescents et adultes hypersensibles dans une multitude de questions et d’hypothèses : « pourquoi cette pomme est-elle rouge ? » « Et si elle était verte ?"… « Et si nous étions sur une autre planète ? »

Cette réceptivité, cette émotivité, cette expressivité s’accompagnent de sympathie, d’empathie et de compassion exacerbée.

Si vous avez reconnu votre enfant, pas de panique, ressentir ce qui se passe autour de soi et en soi, exprimer ses émotions et sentiments n’est en rien dangereux. C’est juste un fonctionnement psychoaffectif et cognitif différent.


Quel est l’impact de l’hypersensibilité ?

Les enfants, les adolescents hypersensibles ont le sentiment d’être en décalage, le sentiment d’étrangeté s’exprime en consultation par des questions, des réflexions « Suis-je le seul/la seule à ressentir ça ? », « Pourquoi, je ne suis pas comme les autres ? »  « Je suis toujours à côté de la plaque » « je ne pense pas comme mes copains/copines ! » « Suis-je fou/folle ? » Ils expriment leur anxiété, la peur du rejet, de l’abandon que leur inspire ce sentiment d’étrangeté.

Leur estime de soi et leur confiance sont mises en péril par leur questionnement sans fin, la remise en question perpétuelle, la perception de leurs différences. L’image négative renvoyée par l’école, les condisciples, la famille… accentue le doute sur leur valeur.


Comment les aider à bien vivre leur hypersensibilité ?

Acceptez, respectez, reconnaissez les ressentis, les émotions de l’enfant, il n’a pas à s’endurcir. Vous ne continuez pas à marcher avec un caillou dans votre chaussure !

Invitez-les, incitez-les à observer les sensations qu’ils perçoivent avec leurs 5 sens. Cet exercice met leur cerveau au repos et les calme.

Cultivez l’intelligence émotionnelle, proposez-leur des alternatives « socialement acceptables » pour exprimer leurs émotions sans les nier, les dénigrer.

Accueillez les émotions, les angoisses, les peurs : lorsqu’il se sent compris l’enfant se sent en sécurité et donc rassuré.

Évitez les situations de sur-stimulation : fêtes, centres commerciaux, cours d’école… le bruit, la luminosité, l’activité… sont énergivores pour les hypersensibles et ils peuvent vite se fatiguer et devenir irritables.

Apprenez-leur à prendre soin d’eux, à poser leurs limites (comme ils sont empathiques, ils font souvent plus attention à satisfaire les besoins des autres avant les leurs).

Structurez leur environnement par des routines, ils peuvent ainsi anticiper ce qui va arriver et cela les repose.


La sensibilité, l’émotivité ne se mesure qu’à l’aune d’une norme mal définie et les normes changent. La sensibilité, l’émotivité, l’empathie sont source de créativité, d’énergie, d’innovation… Alors, accompagnons nos petits et grands hypersensibles sans les juger !

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