Relations

La pression sociale qui nous oblige à être constamment heureux contribue chez les personnes souffrant de dépression à une hausse des plaintes dépressives, ressort-il d'une thèse de doctorat réalisée par le chercheur Egon Dejonckheere de l'Université de Louvain (KU Leuven). "Si ces personnes ont le sentiment qu'elles diffèrent de la norme, elles se sentiront encore plus mal", soutient-il. Dans cette enquête, il a été demandé à 112 personnes souffrant de symptômes dépressifs d'écrire chaque jour durant un mois leur ressenti dans un journal intime.

Les résultats montrent que plus une personne se sent contrainte d'être heureuse, plus cette personne se sent dépressive, indique le chercheur dans le journal étudiant de la KU Leuven. Selon M. Dejonckheere, cette étude démontre clairement que lorsque que quelqu'un est soumis à une pression sociale pour être heureux, ses symptômes dépressifs augmentent.

L'accent unilatéral sur le bonheur fait apparaître que des émotions négatives à l'instar de la peur et la peine ne sont pas normales, alors que de telles émotions sont bel et bien utiles, relève le chercheur. "Nous sommes quotidiennement confrontés, à travers les médias sociaux, à la vie d'apparence parfaite de notre cercle d'amis. Les fabricants tentent par ailleurs de nous convaincre à l'aide de messages publicitaires que nous nous sentirons plus heureux en achetant leur marchandise et nous sommes également matraqués par des livres sur l'épanouissement personnel, censés nous apprendre comment devenir heureux. Celui qui se sent malheureux se retrouve en marge de la norme sociale et doit être rapidement aidé par une thérapie ou un traitement."

M. Dejonckheere rappelle qu'environ une personne sur six a subi une dépression durant sa vie. En 2015, la dépression a également été épinglée comme principale cause d'invalidité dans le monde, selon un rapport de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Le chercheur de la KU Leuven plaide dès lors pour un discours social alimenté tant par des sentiments positifs que négatifs.