Relations

Cette semaine, nous allons aborder une notion importante dans les relations affectives. La dépendance affective est la colle toxique qui maintient des personnes ensemble pour les mauvaises raisons, voyons de quoi il s’agit et quelles sont les pistes pour en sortir. La chronique de notre spécialiste en développement personnel et relationnel, Julie Arcoulin.


Qu’est-ce que la dépendance affective ?

Comme son nom l’indique, il s’agit d’une dépendance, donc de quelque chose dont on ne sait pas se passer, qui rend "addict" et qui vous fait peut-être accepter l’inacceptable dans vos relations amoureuses parce que vous vivez avec la peur de perdre l’autre, d’être rejeté(e) ou abandonné(e).

La dépendance, au sens large du terme, permet de combler momentanément et instantanément un vide affectif, d’éviter une souffrance. La dépendance n’est pas forcément destructrice, tout dépend de sa récurrence, de son intensité,… Par exemple, au début d’une relation amoureuse où les deux personnes impliquées développent des sentiments, une certaine dépendance se développe. L’envie constante d’être avec l’autre, d’avoir de ses nouvelles existe bel et bien et c’est tant mieux. Il faut simplement veiller à revenir à des choses plus équilibrées où chacun retrouve son espace personnel une fois la phase « lune de miel » passée.


Les critères de la dépendance affective

De nombreux livres ont été rédigés sur le sujet, il est donc difficile de résumer en une chronique tous les critères qui permettent de repérer la dépendance affective. Voici, cependant, les plus communs :

  • se sentir obligé de satisfaire les besoins de l’autre pour être aimé(e)

  • avoir un besoin excessif de l’approbation des autres

  • ne pas pouvoir prendre de décision sans consulter l’avis des autres

  • avoir du mal à appréhender la solitude

  • être incapable de mettre des limites

  • accepter tout et n’importe quoi pour être aimé(e)

  • éviter les conflits par peur du rejet, de l’abandon

  • rester dans une relation toxique par peur d’être seul(e)

  • se sacrifier pour l’autre

  • penser que vous ne pouvez pas vivre sans l’autre

  • s’empêcher de faire des choses pour éviter de déplaire

Si vous vous reconnaissez dans certains de ces critères, pas de panique. Il est tout à fait possible de se sortir de cette dépendance, nous y reviendrons.


Et ceux qui prétendent n’avoir besoin de personne ?

Les anti-dépendants sont souvent trop radicaux pour être au clair avec eux-mêmes. Prétendre n’avoir besoin de personne est une histoire que l’on se raconte à soi-même pour éviter de tomber dans ses travers, ou par peur de l’engagement.

Nous avons tous besoin de tisser des liens affectifs, d’être en relation, d’avoir des personnes sur qui compter, des relations privilégiées,… Ceux qui scandent "Je n’ai besoin de personne" se mentent surtout à eux-mêmes.

C’est quand le besoin est maladif, toxique, emprisonnant qu’il faut le remettre en question et sortir du piège. Sinon, les relations d’emprise (et avec elles les manipulateurs) ne sont jamais loin. Avoir besoin de quelqu’un en particulier pour exister est toxique. Si vous avez l’impression que vous ne pourriez pas vivre sans l’autre, là il y a matière à vous interroger sérieusement sur votre dépendance affective.

C’est ici que la distinction entre envie et besoin prend tout son sens. Avoir besoin de l’autre pour vivre est très différent d’avoir envie de construire quelque chose avec l’autre. La nuance est très importante.


Comment se sortir de cette dépendance ?

Si vous lisez mes chroniques depuis un moment, vous n’allez pas être surpris de lire ce qui suit. Voici quelques clés :

  • s’aimer soi : si vous ne vous aimez pas suffisamment, vous attendez de l’autre qu’il le fasse. Cela vous rend donc complètement dépendant de son amour, de son approbation, de son humeur, de ses marques d’affection. Chaque "manquement" suffit à vous faire douter et à vous angoisser. Le vide que vous ressentez ne peut être comblé que par vous-même.

  • s’autoriser à faire de soi une priorité : vous n’êtes pas obligé(e) de faire passer les autres avant vous pour être aimé(e). Vous avez le droit de faire passer vos besoins avant ceux des autres. Ce qui ne vous autorise pas, évidemment, à prendre cela comme prétexte pour assouvir des besoins qui ne respecteraient pas l’autre. Et inversement.

  • s’accorder du temps et donc de la valeur : ne sacrifiez pas vos envies, vos rendez-vous entre copains/copines pour apaiser les angoisses de votre partenaire ou parce que vous voulez passer tout votre temps avec lui. Cela ne rend service ni à la relation, ni à vous, ni à l’autre. Un couple à besoin de respirer, chacun à besoin d’exister en dehors de lui.

Parfois un travail plus profond s’impose car la dépendance affective prend ses sources dans les blessures et les manques de l’enfance. Mais quoi qu’il en soit, tout est en vous et cet autre que l’on redoute autant qu’on l’adore ne peut combler vos vides pour vous.


À la semaine prochaine. Suivez-moi sur Facebookwww.juliearcoulin.com