Relations La jalousie… Un sentiment souvent "plus fort que soi", incontrôlable et hors de toute considération rationnelle. A quel moment la jalousie devient un véritable problème, en plus d'être une souffrance intolérable ? La chronique de Julie Arcoulin, spécialiste en développement personnel et relationnel.


Il y a, au moins, 2 victimes dans l’histoire

Avant tout, pour celles et ceux qui sont dans la jalousie excessive, il faut bien se rendre compte qu’il y a deux victimes. La personne jalouse et la personne qui subit la jalousie. Croire que seule la personne qui subit ces comportements jaloux est à plaindre est faux. C’est aussi l’enfer pour celles et ceux qui souffrent de ce sentiment noir.

Il y a différentes façons de vivre sa jalousie. Il y a ceux qui l’expriment, qui s’énervent, qui piquent des crises. Puis, il y a celles et ceux qui la vivent en silence. Qui se rongent intérieurement afin de ne pas la faire subir à leur partenaire. Dans les deux cas, la jalousie est un poison pour les deux protagonistes.


Entre jalousie amoureuse et maladive

La nuance est mince. Jusque quand trouve-t-on la jalousie « mignonne » ? À partir de quand parle-t-on de jalousie maladive ? Souvent, on ne sait pas trop où se situe la limite. Tout d’abord, sachez que c’est à vous de la fixer, cette limite. Si vous êtes avec un(e) conjoint(e) jaloux/se, il ne vous appartient pas de le rassurer démesurément. Ce ne sera jamais assez quoi qu’il en soit. La personne jalouse doit, avant tout, faire un vrai travail sur elle-même.

« T’es où ? », « Avec qui ? », « Tu fais quoi ? », « Elle est jolie ? », « Tu profites bien ? », « Tu rentres quand ? »,… Les nouvelles technologies (plus si nouvelles que ça) sont propices à l’invasion de messages et donc, de questions. La différence entre la « petite jalousie touchante » et la jalousie maladive est que pour cette dernière il n’y a pas de menace réelle. Si une jolie brune se met à draguer votre conjoint, ressentir une petite pointe de jalousie, semble assez normal. En revanche, piquer une crise parce qu’une collègue lui envoie un message pour le prévenir qu’elle ne vient pas travailler, c’est bien moins rationnel.


Qu’est-ce qui se cache derrière la jalousie ?

© Extrait de "Eyes Wide Shut" (c) Reporters

Peur, insécurité, perte de territoire, peur de l’abandon, d’être trompé(e), manque de confiance en soi, les causes sont multiples et variées. Hommes et femmes se sentent en rivalité constante et permanente avec les autres. Les personnes jalouses se sentent menacées et sont dans une peur incessante de ne plus être aimées, d’être remplacées, de ne plus être la seule et unique personne pour l’autre.

Bref, derrière la jalousie se cache un certain nombre de peurs. Leurs sources sont variées mais leur guérison ne peut venir que de l’intérieur de soi. L’autre n’est pas là pour rassurer, soigner, panser les plaies que la vie a causées. Chacun en est responsable et il est vain de croire que l’amour guérit. C’est l’amour de soi qui guérit avant tout, celui des autres vient en support.

La possessivité, l’obsession, le harcèlement, révèlent de grandes blessures qu’il est impératif d’aller soigner pour s’en libérer. Les comportements occasionnés par la jalousie maladive sont étouffants et empoisonnants, pour les deux personnes qui les subissent.


Peut-on parler de pathologie ?

Montaigne disait « la plus vaine et tempêtueuse maladie qui afflige les âmes humaines est la jalousie ». C’est dire si ce trait de caractère est vieux. Il est naturel d’être, de temps en temps, un peu jaloux. Cela peut vouloir dire que l’on ne considère rien pour acquis. La plupart du temps, ce genre de signe de jalousie se règle facilement. Un bisou, un geste tendre et c’est réglé.

C’est quand elle est obsessionnelle et qu’elle pousse à des comportements excessifs qu’elle devient un problème. Dans ces cas-là, la raison n’est jamais capable de calmer les inquiétudes et les angoisses. Génératrice de conflits à répétition, cette jalousie peut réellement conduire des couples à se séparer. Questionnements permanents, doutes incessants et suspicions permanentes, la jalousie est pathologique lorsqu’elle devient répétitive et durable. Elle s’installe dans le couple et provoque de plus en plus d’agressivité et de conflits violents. La personne qui subit la jalousie se sent impuissant et, si elle n’a rien à se reprocher, elle ressent un profond sentiment d’injustice.

Discernement et dialogue laissent la place aux attaques constantes et irrationnelles. C’est difficilement supportable pour celui ou celle qui en est victime.


Justifiée ou injustifiée ?

C’est bien là toute la question. Bien sûr, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : il y a certaines fois où la jalousie est justifiée. Les faits sont souvent de bons indicateurs. Le problème est que les jaloux maladifs interprètent tout comme des faits objectifs. C’est là que l’aide d’une personne extérieure peut aider la relation et la personne jalouse. Il est vraiment important pour vous, si vous êtes jaloux/se, de vous faire aider pour vous libérer de cette prison que vous vous imposez et que vous imposez à votre partenaire. Il y a des solutions à tout !

À la semaine prochaine.

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