Relations

Ah, cette petite voix qui inonde nos pensées souvent sans qu’on ne lui demande rien. Elle n’obéit à aucun ordre et certainement pas à ceux du genre « Tais-toi ! ». Vous avez remarqué aussi que lorsqu’on lui dit ça, elle s’y remet de plus belle ? En ce qui me concerne, ça ne loupe pas. Cette semaine, intéressons-nous à cette petite voix qui n’en fait qu’à sa tête.

Par Julie Arcoulin, spécialiste en développement personnel et relationnel.


Le point de vue scientifique

Des recherches ont été, et seront encore menées, sur cette fameuse petite voix intérieure. Aujourd’hui, les scientifiques ont déjà pu démontrer qu’il y a deux types de voix en nous, une concrète (j’ai faim, j’ai soif, je dois aller faire des courses,…) et une plus abstraite qui a parfois tendance à nous rendre un peu dingue. Nous sommes capable de contrôler la première, mais pas la seconde.

Lucile Rapin se penche sérieusement sur la question en menant des recherches à l’université de Grenoble. Elle explique que cette parole intérieure, ce dialogue interne nous aide à résoudre des problèmes, à faire du calcul mental et à mémoriser. Cette voix n’est donc pas forcément une ennemie. En effet, elle nous aide à nous organiser, à nous rappeler des choses à faire, à communiquer, etc. En fait, c’est quand elle bascule « du côté obscur de la force » en devenant une véritable « radio critique » qu’elle nous pose problème.


Quand la voix intérieure se branche sur le canal « radio critique »

Vous connaissez bien ce canal, non ? Vous savez, celui à partir duquel on entend que des jugements, des critiques, des insultes petites ou grandes ? Je suis sûre que vous voyez parfaitement de quoi je parle.

Notre petite voix est souvent plus critique que bienveillante. Parfois, en consultation, je m’amuse à demander aux personnes que j’accompagne de faire deux colonnes : une où elles font une croix à chaque critique, l’autre où elles font une croix à chaque mot positif qu’elles se font à elle-même. Je suppose que je ne dois pas vous expliquer le résultat…

C’est cette petite voix-là qui nous empêche de dormir, de nous lancer dans des projets, d’oser, de communiquer etc. Il faut avouer qu’elle a tendance à voir le verre à moitié vide. Il n’est dès lors pas facile de faire abstraction de ses sabotages. Pas vrai ?

>> Et si vous étiez plus indulgent(e) envers vous-même ?


Un outil d’auto-sabotage

L’auto-sabotage (qui fera l’objet d’une prochaine chronique) adore quand la petite voix intérieure se branche sur radio critique. Il exulte quand il vous voit vous embourber dans les « mais », les « et si », les « ça va mal se passer » et consorts.

Quoi de mieux, pour vous saboter, que cette voix qui vous pousse à envisager tous les scénarios catastrophes, qui vous fait croire que vous êtes nul(le), que vous n’y arriverez pas, que vous n’avez pas les qualités et compétences nécessaires pour y arriver, etc. L’auto-sabotage se délecte lorsque votre vision des choses s’obscurcit et que votre trouillomètre descend tellement que vous n’osez rien envisager.

Mais pourquoi diable êtes-vous plus facilement branché sur ce canal que sur celui du « tout est possible » ? Agaçant, non ?

>> Et si on se libérait de ses fausses croyances limitantes ?


Comment changer de canal ?

Je sais, vous vous demandez comment faire pour changer de canal et arriver à dompter cette petite voix qui vous maintient dans le clan des personnes qui n’osent pas. Je préfère être honnête, ce n’est pas simple. Cela demande de la discipline, de la persévérance et de l’entraînement. Voici quelques pistes :

  • Premièrement, faites l’exercice dont je parlais plus haut. Tracez une ligne sur une feuille et faites une croix chaque fois que vous vous auto-critiquez et chaque fois que vous vous complimentez ou encouragez avec bienveillance. Il est important que vous visualisiez l’écart abyssal entre les deux.

  • Lorsque votre voix intérieure vous freine, efforcez-vous de remplacer ses propos par quelque chose de plus bienveillant et encourageant. Prenez le réflexe de contre-balancer chaque critique par une repartie positive.

  • Répondez-lui ! Organisez un dialogue interne à l’intérieur duquel vous avez votre mot à dire ! N’hésitez pas à lui clouer le bec : « T’as pas fini de me parler comme ça, non ? »

>> Et si je décidais, enfin, de m'aimer ?


Vous êtes maître à bord

Cette petite voix intérieure trouve son origine dans un certain nombre de choses. Les messages négatifs auxquels vous avez été exposé, les expériences qui ont tendance à refroidir même un ours polaire, les blessures pas encore tout à fait guéries. Si ses sources sont multiples et parfois aussi extérieures, c’est à vous qu’il appartient d’agir. Vous êtes le maître à bord et vous avez le pouvoir de choisir d’écouter cette petite voix ou pas.

Cependant, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Cette petite voix est aussi le bruit que votre intuition essaye de vous murmurer à l’oreille. Elle est parfois de bon conseil et ne mérite pas toujours que vous la mettiez au placard. Discerner l’un et l’autre demande aussi de l’entraînement. Amusez-vous à noter ce que cette petite voix vous souffle à l’oreille et à valider, plus tard, si elle avait raison ou tort. Vous apprendrez à vous en faire une alliée et à savoir quand il est bon de l’écouter ou pas.


À la semaine prochaine!

Suivez-moi sur Facebook www.juliearcoulin.com