Relations Trois capsules vidéos pour comprendre ce qu’est la notion de consentement.

Chaque année, la Fédération des centres de planning familial lance une campagne avec un thème central, lié aux violences et tout ce qui touche à la vie sexuelle, relationnelle et affective. Cette année, c’est la notion de consentement sexuel qui est au cœur de cette opération. 

Des chiffres alarmants

"C’est une thématique très actuelle, surtout après tous les mouvements comme #MeToo ou encore #BalanceTonPorc", explique Eloïse Malcourant, chargée de communication de la Fédération des centres de planning familial. "On a beaucoup parlé de violences sexuelles. Mais on s’est rendu compte qu’il y avait aussi un manque d’informations sur le sujet du consentement. Il y a en effet très peu de campagne sur le sujet en Belgique, par rapport à d’autres pays."

Après ses constats, la Fédération décide de lancer un sondage pour "prendre le pouls de la population sur la notion de consentement." Et les résultats sont interpellants. Bien que 91 % des répondant(e) s disent déjà avoir entendu parler de la notion de consentement sexuel, ils sont néanmoins 18 % à penser que si une personne ne réagit pas, ni physiquement ni verbalement, lors d’un rapport sexuel, la personne est consentante. 60 % pensent qu’il est possible de signaler son désir sexuel par un simple regard. 20 % des 20 ans et moins se sont mis en tête que si le partenaire a envie d’avoir une relation sexuelle en matinée, il ou elle en aura certainement envie le soir. Suite à ces résultats, "nous avons mis en évidence les scénarios qui ressortaient régulièrement pour en faire des vidéos", précise Eloïse Malcourant.

C’est ainsi que sont nées les trois capsules Et si on parlait consentement. L’une évoque la communication indispensable autour d’un rapport sexuel, entre deux partenaires, lors d’une première rencontre. La deuxième parle de la déconstruction de la notion de devoir conjugal. "Nous voulons, avec cette capsule déconstruire la violence conjugale qui existe mais dont on parle peu." Et la troisième vidéo explique l’effet de sidération lors d’un rapport sans consentement. "J’ai essayé de crier, de le repousser, mais j’y arrivai pas et lui, il continuait. J’étais figée, complètement pétrifiée. À un moment donné, le cerveau indique au corps de se mettre en veille", nous explique une victime (fictive) de cet effet de sidération dans la troisième vidéo sortie mercredi dernier. "Avec ces capsules, nous voulions toucher le plus large public possible en tenant compte de toutes les orientations sexuelles", rappelle la chargée de communication. Et surtout faire passer le message : "En matière de sexualité, il est essentiel de respecter les limites et le timing de son/sa partenaire." Le terme "limites" consiste à respecter les barrières qu’une personne s’est mises. Elles permettent à la personne de se sentir à l’aise et en sécurité. 

Le "timing" renvoie à la notion de temps. En effet, chaque individu a son propre timing sexuel, c’est-à-dire, quand une personne en a envie et qu’elle se sent prête à avoir un rapport sexuel. Des notions trop souvent oubliées et pourtant indispensables pour profiter consciemment de l’acte sexuel.