Relations « Lâche prise ! » Je ne sais pas vous, mais moi, ces deux mots ont le don de m’exaspérer certaines fois. « Lâche prise ! » dit-on aux personnes qui sont dans une situation compliquée et qui a l’air inextricable. La chronique de Julie Arcoulin, spécialiste en développement personnel et relationnel.


Evidemment, on ne lâche pas prise en un claquement de doigts. Du coup, on culpabilise, on s’en veut, on se demande pourquoi on n'arrive pas à lâcher prise. Remarquez, pendant qu’on pense à tout ça, on ne pense plus aux problèmes pour lesquels nous devions, justement, lâcher prise ! C’est déjà ça. Mais bon. En attendant, nous sommes toujours en train de ruminer sur quelque chose. Nous nous accrochons à nos pensées et elles nous dominent, nous emmenant par ci ou par là. Mais, quoi qu’il en soit, nous ne lâchons pas prise. Focus sur ce concept irritant...


C’est quoi « lâcher prise » ?

Bonne question ! Quand on pense à cette notion, on pense souvent systématiquement aux moines bouddhistes, avec leurs tenues de couleur orange. Non ? Avouez. Cette notion de lâcher-prise nous effraye un peu. Sans doute parce que nous l’associons au renoncement, à l’abandon, à la défaite ou toute autre idée du genre.

Lâcher prise ne veut pas dire ne plus organiser, ne plus agir ou baisser les bras. Cela ne veut pas dire qu’on abandonne ses projets, ses envies ou ses désirs. Mais reconnaissez quand même que vous avez, parfois, un petit côté obsessionnel face à certaines choses, événements, situations, personnes. Je vous rassure, moi aussi. Je me suis donc beaucoup interrogée sur ce fameux lâcher-prise qu’on nous sert à toutes les sauces et qui nous laissent parfois un goût amer.

Lâcher prise signifie accepter que nous n’avons pas le contrôle sur tout… Ah, le contrôle... Nous y reviendrons. C’est accepter qu’on ne peut avoir du pouvoir sur tout.


Pourquoi voulons-nous tout contrôler ?

Vous êtes comme on dit du genre « contrôlant(e) » ? Vous voulez avoir l’œil sur tout, tout le temps. Vous ne vous laissez pas vraiment aller, vous avez peur de ce que pensent les autres, vous n’osez pas être spontané(e) et mesurez toujours vos propos, vous ne laissez pas vos émotions s’exprimer, vous préférez faire les choses vous-même afin d’être sûr(e) qu’elles soient bien faites,… Peut-être êtes-vous légèrement dans le contrôle.

Cette manie de vouloir tout contrôler révèle une insécurité dans laquelle vous vous trouvez et que vous souhaitez dompter en contrôlant le moindre détail. Le contrôle est exactement le contraire du lâcher-prise. L’envie de tout contrôler vous plonge directement le nez dans le guidon et vous empêche de voir les autres perspectives.

Il y a, inévitablement, quelque chose sur quoi vous n’avez pas le contrôle : les autres. Ils sont libres de leurs choix, de leurs décisions, de la manière dont ils gèrent leurs vies. Alors pour ça, au moins, lâchez prise. Laissez-leur leur liberté.

Bien sur, il y a une différence entre contrôler et influencer. Lâcher prise ne veut pas dire abandonner toutes vos capacités d’action. Cela veut simplement dire que vous vous autorisez à prendre un peu de temps pour y voir plus clair. Le « tout, tout de suite » est aussi un grand frein au lâcher-prise.


Lâcher prise, à quoi ça sert ?

Pour commencer, cela permet d’ouvrir votre champ des possibles. Je vous le disais plus haut, le nez dans le guidon, c’est la chute assurée. On raconte qu’un homme a un jour expérimenté ce qui suit sur des singes.

Il a élaboré un panier avec, en son centre, une orange. Ce panier était troué de façon à peine suffisante pour que les singes puissent passer les mains dedans. Une fois qu’ils avaient attrapé l’orange, ils tentaient de sortir la main et le fruit pour le manger, mais en vain. Les singes s’acharnèrent jusqu’à se blesser, ne prétendant pas lâcher l’orange. J’imagine que vous avez compris la suite et la métaphore. Il suffisait aux singes de lâcher l’orange pour pouvoir récupérer leur main sans peine. Cette orange valait-elle la peine de se faire autant de mal ?

Penser de façon obsessionnelle à un problème est inefficace. Se détacher, prendre un peu de recul (lever la tête du guidon, donc) permet de libérer de l’espace mental pour que votre cerveau envisage d’autres options. Vous savez, c’est un peu comme toutes ces fois où un mot vous échappe et que c’est quand vous ne le cherchez plus qu’il vous revient en tête.

Ne plus être obsédé(e) par quelque chose, permet aussi à votre créativité de s’activer et de s’exprimer ensuite. Vos meilleures idées ne viennent-elles pas quand vous pensez à tout autre chose ?


La clé du lâcher-prise

Selon moi, c’est la confiance. Je sais, je vous entends d’ici. Ce n’est pas facile. Croyez-moi, je suis au courant. Mais, quoi qu’il en soit, ruminer, vous inquiéter, vous faire du mouron ne changera absolument rien.

Ayez confiance, travailler votre croyance que tout ira bien. Les événements, les situations compliquées ne font que passer. Dans une semaine, dans 6 mois, dans 2 ans, tout ce sur quoi vous focalisez votre attention sera, plus que probablement, passé. Alors, pourquoi s’acharner ?

Au fait, vouloir comprendre pourquoi ceci ou cela vous arrive, pourquoi vous vivez une chose ou une autre, c’est aussi une façon de garder le contrôle. Les réponses viendront quand ce sera le moment.


Lâcher prise, oui mais comment ?

Il n’y a pas de remède miracle. Lâcher prise n’est pas une chose facile, simple et évidente. Si dans certaines situations c’est une voie aisée à emprunter, dans d’autres c’est nettement plus compliqué. Voici 3 questions qui pourraient bien vous aider :

  • Est-ce que j’ai la possibilité d’agir sur cette situation ? Si oui, que puis-je faire concrètement ?

  • Est-ce que je peux y changer quelque chose dans les 3 minutes qui arrivent ?

  • Suis-je responsable de tout ça ?

Entraînez-vous. Vous verrez que, petit à petit, vous lâcherez prise bien plus facilement.

À la semaine prochaine.


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