Relations L’histoire amoureuse des Belges est un recueil sur la sexualité des Belges à travers les époques. Aussi intéressant que l’Histoire de notre pays.


"L’histoire de la Belgique avec un grand H a déjà été écrite à de multiples reprises. Celle de la Belgique avec un petit "q" , comme dans sexe, et un petit "a" , comme dans amour, restait encore à rédiger." Le décor est planté. Avec ce bouquin L’histoire amoureuse des Belges, le journaliste Didier Dillen nous fait voyager au travers des époques, des villes belges mais surtout au sein de la sexualité qu’ont pu pratiquer nos ancêtres et ce, jusqu’à aujourd’hui. La sexualité a depuis toujours fait partie de la vie des Hommes.

Du porno... au Moyen-Age

Au Moyen Âge, la population est bien plus libérée que ce qu’on peut penser. C’est d’ailleurs à cette époque que s’observent les prémices de la pornographie avec le Manuel des confesseurs

Au fil des pages cependant, on se rend compte d'une chose : la population était dans une ignorance la plus totale concernant l’appareil reproducteur féminin. Et le plaisir féminin fut très longtemps associé à l’hystérie.

On apprend également que : "Chez les anciens Belges, on n’attend visiblement pas toujours l’autorisation du clergé pour tremper son spéculoos. Comme partout en Europe du reste, où la proportion de conceptions prénuptiales oscille, pour ce que l’on en sait, entre 10 à 15 %, rarement moins, parfois beaucoup plus. Et cela grosso modo du Moyen Âge jusqu’aux Temps modernes." Bien que le sexe avant le mariage soit interdit, on se rend compte qu’il est régulièrement pratiqué.

Les cinémas érotiques des 80's

Autre temps fort pour la sexualité des Belges : le temps des colonies. Un rapport sexuel entre un colon et une Africaine n’était, pas toujours, pour ne pas dire rarement consenti. "La formule un colon, une ménagère, devient dès lors une véritable institution au Congo." Mais cette manière de vivre ne durera qu’un temps. Car cette pratique "porte atteinte aux qualités de la "race européenne" , dès lors menacées de "négrification" ! On tente de limiter la présence de ces femmes auprès des coloniaux, on édicte même des circulaires et des mises en garde."

Parmi ses 219 pages, ce bouquin évoque l’apparition des cinémas érotiques dans les années 80 en Belgique, les sex-shops venus de Hollande mais aussi les débuts de la contraception et de l’avortement. Et l’un des sujets incontournables n’est autre que la prostitution. Elle ne date pas d’hier et était considérée comme "un péché, certes, mais aussi un mal nécessaire, bien moins grave en tout cas que l’adultère, le concubinage ou le viol, celui d’une prostituée n’étant pas puni." Aller voir une prostituée n’est pas un délit, jusqu’au XVIIIe.

sex-symbols belges

Un siècle plus tard la prostitution est réglementée, les filles de joie quittent les rues pour rejoindre des maisons closes. Bien que la clandestinité de la prostitution réapparaisse durant les guerres. À cette période, l’armée avait demandé aux hommes de mettre le hola concernant la masturbation.

Mais ce livre ne serait rien sans son petit tour d’horizon des sex-symbols belges du XVe siècle au XXe avec Jacques Brel. Et L’histoire amoureuse des Belges termine par un chapitre consacré à la sexualité ou l’érotisme dans l’art. Tout un programme.

>> Didier Dillen, L’histoire amoureuse des Belges, Ed. Jourdan, 17,99 €