Relations

Quand on travaille dans une agence de rencontres, on en connaît un rayon sur sur les hommes, les femmes, les relations... et les célibataires. Les deux reines du "match" de Berkeley International décryptent les profils de ces derniers.


En août 2012, elles sont arrivées à Bruxelles avec la ferme intention de faire se rencontrer des hommes et des femmes, pour des relations durables. Et les wonder women de Berkeley International, une agence de rencontres exclusives pour « célibataires financièrement indépendants et couronnés de succès » ont réussi leur mission. Les 300 membres initiaux en Belgique (C'est une agence internationale) sont devenus 700 et déjà deux bébés sont nés... « Nous avons un mix d'expats européens ou internationaux, de Bruxellois et de Belges plutôt néerlandophones », décrit Annemieke Dubois. Le succès de Berkeley réside sur une approche discrète mais très humaine : avant de devenir membre, les directrices rencontrent la personne pendant deux heures pour mieux connaître sa vie, son profil, ses envies et exigences, ses difficultés et ses atouts aussi.

Leur taux de réussite pour les célibataires entre 30 et 40 ans, avoisine les 85 %. Après 50 ans, c'est un peu moins évident : « Le sac à dos est plus rempli, les exigences sont moins négociables », explique Geneviève Heinz « Mais on trouve des matches ! Même si on prévient nos clientes de plus de 50 ans avant qu'elles ne deviennent membres : ça n'est pas évident ; beaucoup de messieurs continuent à rechercher des profils avec 10 ans de moins qu'eux ».

Même si ces deux "expertes de l'amour" évoluent auprès de célibataires aisés (les cotisations pour devenir membre à vie se situent entre 6 000 et 15 000 euros, et la cotisation annuelle entre 2000 et 10 000€), les difficultés de l'amour sont finalement les mêmes pour tout le monde. Et nous avons donc demandé à ces deux professionnelles pourquoi les célibataires... étaient célibataires ! Voici en substance, leurs explications.



LE TRAVAIL

© Working Girl


- Un travail de haut vol

Quand on exerce une profession où il a fallu faire ses preuves, s'endurcir, trancher, décider.... on y tient et on fait tout pour continuer à l'exercer, quitte à perdre en douceur, en écoute, en rêve et en remise en question. Quand l'attitude professionnelle déborde sur les relations sociales et potentiellement amoureuses, cela donne parfois à l'autre l'impression de subir un entretien d'embauche. Au secours !


- Le temps passé à travailler

C'est une très bonne excuse pour... rester seul(e). D'une part, cela laisse effectivement peu de temps aux loisirs, aux amis, aux rencontres. Et d'autre part, c'est une défense pour ne pas avoir à se confronter à la peur de rencontrer l'autre. On se plaint d'avoir trop de travail de peur de se plaindre (à soi-même) de ne pas plaire.


- Rester dans sa zone de confort

On a un job, des amis, une vie qui nous plaît sauf que... on est célibataire. Rester dans cette zone où l'on rencontre toujours les mêmes amis, toujours de la même façon, où l'on ne dépasse pas son cercle professionnel où l'on est reconnu, admiré peut-être est un piège dans lequel beaucoup de célibataires tombent. On croit nager au mieux... mais on nage toujours dans notre petit bassin à nous


- La « génération Erasmus »

Parmi les membres de Berkeley, des jeunes ayant étudié et débuté leur carrière à l'étranger et qui ont décidé de revenir en Belgique. Leurs amis sont casés, certains sont parents, les sorties, les rencontres ne sont plus aussi faciles qu'avant. Et ils se sentent seuls, souvent dans un cadre de travail international qui ne prête pas aux rencontres.



LES REVES

© Bridget Jones

- Des critères trop élevés

« Je cherche un homme plus grand que moi absolument je veux me sentir protégée » et pour 2 cm... elle manqua son âme soeur ! Quant à : « Je cherche une femme de 12 ans de moins que moi, ne voulant pas d'enfants, que je pourrais inclure dans ma vie sociale » Et pourquoi pas un joli pot de fleurs ?


- Le prince charmant ; la femme parfaite et le coup de foudre

Les femmes ont énormément évolué professionnellement et socialement parlant mais la case « prince charmant » existe toujours et quand on la coche, on a de sacrées difficultés à faire face à la réalité ! En gros, dites-vous bien qu'il y aura toujours une paire de chaussettes sales qui traîne à côté du panier à linge.

Au départ, les hommes cochent aussi la case « femme parfaite ». La bonne nouvelle, c'est qu'ils l'oublient quand on leur fait rencontrer des femmes drôles, généreuses, intelligentes. Et soudain, les mensurations parfaites ne sont plus aussi importantes... Mais pour qu'ils aient le déclic, il y a des trésors de diplomatie derrière, les clichés ont la vie dure.

Le coup de foudre est une illusion. Il peut exister bien sûr mais un rendez-vous ne doit pas être un feu d'artifice de sensations nécessairement. On pense « construction » !


- L'impatience

Rencontrer quelqu'un, cela n'implique pas directement une vie ensemble à venir. Ne pas mettre la charrue avant les boeufs est terriblement important, sinon, gare à la fuite de l'autre...


- Une divergence de style de vie (et de classe d'âge)

Une bonne entente sur le long terme passe par une vision de la vie au même rythme. Partager des valeurs fondamentales, la même façon de voir la vie, réussir à construire une harmonie dans le couple n'est pas perceptible tout de suite et pourtant c'est le ciment d'une belle relation durable. Un homme de 50 ans qui cherche à rencontrer une femme de 30 ans ne vivra pas la même chose qu'avec une femme ayant la quarantaine.

La majorité des hommes célibataires veulent a priori rencontrer des femmes plus jeunes qu'eux. De 10 ans, la plupart du temps. Résultat : les femmes ayant plus de 45 ans voient leurs « possibilités » de rencontre régresser. Et opter pour un homme de plus de 65 ans quand on en a 50, cela inclut un autre mode de vie à moyen terme. Argh.



SOI-MEME

© Filles perdues, cheveux gras

- Une difficulté à s'investir émotionnellement

La vie nous a filé des claques, notre construction d'adulte repose sur une relation parentale difficile, la peur de l'autre est bien ancrée dans notre coeur timide et voilà qu'on fait son bout de bois de peur, d'une part, de montrer qu'on a envie de plus (oh chocking) et d'autre part, de peur de souffrir par après. Quand on est verrouillé de partout, comment faire pour attirer quelqu'un au plus proche de soi ? Travailler avec un thérapeute pour apprendre à s'ouvrir. Même un peu !


- Un manque de confiance en soi

Globalement, on en souffre tous parce que l'on a tellement besoin de plaire ! Mais lorsque l'on parle de rencontrer quelqu'un pour un 2e parcours de vie à deux, le poids du passé, de la rupture, de la solitude induit une fragilité chez les femmes mais aussi chez les hommes (même si elle est souvent moins visible), qui peut faire tourner court des rencontres. Parce qu'on n'y croit pas, elles n'arrivent pas... L'inverse est pourtant vrai aussi !