Relations Pour plaire à un homme, notamment, les femmes peuvent se montrer assez piquantes entre elles.

Jalouses d’une autre femme qui tourne autour de leur mari/compagnon, voire même d’une amie; surprises à être envieuses face à leurs propres filles; regards assassins… Au quotidien, les femmes font face à de nombreuses formes de jalousie ordinaire.

"Ce sont des moments douloureux", note Mélanie Chappuis, auteure du livre Ô vous, sœurs humaines, qui reprend 40 histoires de femmes qui se tirent dans les pattes pour plaire à un homme ou tirer leur épingle du jeu, ou, au contraire, s’entraident quand cela devient invivable. "C’est un livre qui a envie de dénoncer. Il y a des femmes qui piétinent et d’autres qui élèvent. L’idée, c’est d’équilibrer. J’avais envie de parler de ces jalousies ordinaires, de ces cruautés quotidiennes. Après, pour me consoler, il y a eu les autres textes qui parlent des complicités inattendues, des moments où on avance main dans la main. J’ai l’impression qu’on peut avancer main dans la main dans les moments d’urgence, mais qu’au quotidien, ce n’est pas toujours facile. C’est un livre qui parle d’histoires plutôt douloureuses. C’est un titre hommage à Albert Cohen qui a écrit Ô vous, frères humains . Ce n’est pas totalement gai, léger. L’idée, c’est que ce livre puisse éventuellement remuer et nous donner l’envie d’aller vers plus de sororité entre nous." 

L’auteure du livre dresse un tableau objectif, avec des histoires qui nous parlent, secouent, renvoient vers des souvenirs qui donnent des pincements au cœur ou, au contraire, font sourire. Elle ne justifie pas les attaques et donne le regard des deux femmes concernées, car l’auteure n’a pas voulu faire un essai et a souhaité que les lecteurs tirent leurs propres conclusions."J’avais envie de décrire plus les jalousies ordinaires plus que de les analyser. J’avais envie d’écrire ce que c’était la vie des femmes", dit-elle. "Mon ex-beau-père m’avait dit un jour que la jalousie des femmes était anecdotique. Ça m’avait vexée, blessée parce que pour moi, elle est ravageuse, même si elle peut être anecdotique, par ailleurs. Des petites piques que les femmes peuvent se balancer entre elles, ça peut tuer une confiance en soi, ça peut empêcher d’avancer. L’envie, c’était de dénoncer ça. Je ne sais pas à quoi elle est due cette jalousie ordinaire. Je pense qu’elle est due à différentes choses, plus aux circonstances qu’à la nature de la femme. Les places sont chères et les hommes restent les dominants dans nos sociétés. Il y a des femmes qui vont préférer faire le jeu des hommes plutôt que de se serrer les coudes entre elles. Donc, qui vont jouer sur les lieux dans lesquels on nous enferme : elles vont jouer sur leur physique plutôt que sur leur talent ou leur intelligence. Je déplore que le physique compte toujours autant chez les femmes, bien plus que chez les hommes. Et je pense que ça, c’est quelque chose qu’on nous impose. Si on avait la même place que les hommes, le physique compterait moins. Certaines femmes cherchent toujours à séduire les hommes plutôt qu’à se solidariser de leurs sœurs. C’est quelque chose que je dépeins. Je me rends compte avec l’âge que les amitiés deviennent de plus en plus belles à partir du moment où on n’est plus aussi dépendantes du regard des hommes."


--> Ô vous, sœurs humaines , Mélanie Chappuis. Éd. Slatkine&Cie