Relations

Récemment, une enquête de Durex révélait que si 2 femmes sur 3 n’atteignent pas toujours l’orgasme lors d’un rapport sexuel, 95% d’entre elles s’en accommodent. Ce qui est dommage, c’est que notre société semble s’en accommoder beaucoup moins et tente de pallier par tous les moyens à cette « défaillance ». Mais en est-ce une réellement ? La chronique sexo de Stephnaie Hannier, sexologue clinicienne.

Chez la femme, la moyenne d’âge pour atteindre l’orgasme est d’environ 35 ans. Ce que beaucoup de femmes ne savent pas d’ailleurs. C’est un premier élément dont il faut tenir compte quand on parle d’orgasme et surtout de femmes « anorgasmiques ». Rien ne sert donc de s’inquiéter de manière anticipée au début de la vingtaine.


Se connaître toujours un peu mieux

Mieux vaut plutôt apprendre à se connaître petit à petit, au travers des relations et de leurs évolutions, seule ou à deux, avec des accessoires sexy ou non. Les découvertes corporelles chez la femme sont nombreuses et variées, et il est même conseillé qu’elles perdurent tout au long de la vie sexuelle. C’est en effet gage de relations sexuelles savoureuses, intenses et pimentées.

Mais il faut reconnaître que nombreuses sont les patientes qui attendent patiemment que le miracle ait lieu. Or, s’il est vrai que le premier orgasme peut survenir spontanément chez certaines femmes, pour la majorité c’est davantage un parcours dont les étapes varient selon les corps… et même selon les esprits !

En effet, l’orgasme, c’est l’abandon (à soi, à son corps et à l’autre). Alors souvent les patientes soulignent que c’est difficile. Parce qu’elles n’ont déjà pas de temps pour elles (souvent partagées entre les enfants, la vie quotidienne et pratique et le boulot), et parce que « se vider complètement la tête » quand on a enfin le temps d’avoir un rapport sexuel c’est un peu compliqué.

Au-delà de cette capacité à pouvoir « se vider la tête », il faut également pouvoir la remplir de pensées érotiques et excitantes. En effet, notre corps et notre esprit étant interdépendants, il est difficile de ressentir et profiter d’une quelconque excitation corporelle en pensant l’organisation concrète d’une maison ou d’une future réunion familiale.


Il y a orgasme et orgasme

Il y a quelques temps d’ici, les femmes qui avaient un orgasme étaient considérées comme des hystériques, puis on a évolué vers une vision où celles qui n’en avaient pas étaient des « frigides ». Aujourd’hui, on ne distingue plus les orgasmes « vaginaux » des orgasmes « clitoridiens » ; on s’intéresse aux stimulations qui peuvent le provoquer. Qui sait de quoi sera donc fait l’avenir de l’orgasme féminin !

De nos jours en tous cas il reste difficile de se permettre de juger la « forme » que prend l’orgasme d’une femme, pour la simple et bonne raison que celui-ci varie en intensité, en longueur et en provenance. Pour certaines femmes, ce sont les combinaisons qui marchent le mieux (vagin et clitoris par exemple).

Alors que penser de tous ces produits que l’on trouve sur le marché pour atteindre le 7e ciel ? Bien sûr l’orgasme a un effet positif sur le bien-être général, bien sûr qu’on ne peut qu’espérer le plus grand nombre possible d’orgasmes à chaque femme.


Des produits qui aident au plaisir

Tous ces produits qui agissent sur le corps sont intéressants car ils le stimulent (lubrification, effets chauds et/ou froids, picotements,). Ils sont parfois nécessaires quand l’envie y est, les pensées aussi, mais que le corps ne suit pas (pour la lubrification par exemple).

Mais à côté de cette partie physique, il reste la partie mentale pour laquelle le meilleur « produit » n’est rien d’autre… que la femme elle-même : se donner du temps pour soi, travailler la fantasmatique et les pensées érotiques, trouver et tester différents niveaux d’excitation.

Enfin, même si la société, les films érotiques et pornographiques mettent pas mal de pression aux femmes, et que cela a pour effet que certaines femmes font une « fixette » sur lui, l’orgasme reste « un cadeau », un « plus », mais certainement pas une obligation ou une fin en soi. Il n’y a rien de pire que d’emprunter cette voie, car c’est justement celle qui rend difficile... l’abandon.


* Stéphanie Hannier est sexologue clinicienne et hypnothérapeute, elle travaille au centre paramédical Médéo de Huy et collabore au site masantesexuelle.com