Relations

Quand les parents arrivent dans mon bureau, ils doutent de leurs capacités à être de « bons parents ». Ils ne comprennent pas : ils donnent tout à cet enfant qu’ils ont désiré, qu’ils chérissent. Et ils ne s’expliquent pas pourquoi, cet enfant qui reçoit tout, ne respecte rien, n’obéit pas, ne semble jamais content… ils sont désemparés et leur exaspération les a parfois conduits à des comportements qu’ils ne souhaitaient pas.

Ces parents à l’écoute de leur bambin font souvent un amalgame entre autorité, discipline, respect et bien-être de l’enfant. Ils ne souhaitent pas faire preuve d’autorité et de répression. Ces parents sont perdus quelque part entre les thèses de Françoise Dolto mal comprises et l’autorité parentale rigide qu’ils ont parfois connue.


Ne confondons plus laxisme, autoritarisme et discipline

Le parent laxiste permet à son enfant de ne pas respecter les règles et les limites. Chez lui, l’enfant ne rencontre pas de contrainte, il est peu encouragé à faire preuve de persévérance. Le parent laxiste confond bienveillance, amour, liberté et frustration.

Un enfant qui grandit dans un tel environnement se sent en insécurité et angoissé, car il prend des décisions qui ne correspondent pas à son âge. Il reçoit beaucoup et en permanence, il n’apprend donc pas à contrôler son impulsivité. Il reste coincé dans la toute-puissance de l’enfance. Il ne sait pas que les désirs des autres ont la même valeur que les siens, puisque personne ne le lui a appris.

Le parent autoritaire commande, ordonne, impose sa vision. L’enfant doit se soumettre à une discipline rigide, il n’a pas le droit à l’erreur, à l’autonomie. Un enfant élevé dans la crainte manque souvent de confiance en lui, il s’exprime peu de peur d’être puni. C’est un enfant solitaire, qui ne se sent pas toujours compris par les adultes, qui a peu confiance en eux. C’est un enfant souvent agressif sous des dehors passifs qui nourrit de la rancœur vis-à-vis des adultes.

C’est un enfant qui obéit et se soumet avant de se rebeller à l’adolescence. Il n’a pas eu l’occasion de développer son autonomie, ni son sens des responsabilités.

Le parent encadrant a pour objectif de socialiser son enfant. C’est un parent sensible et qui respecte les besoins de son enfant tout en offrant un cadre et des limites sécurisantes pour lui. Il l’accompagne dans la recherche de stratégies pour satisfaire ses besoins par des comportements socialement acceptables. Ce parent l’aide à réfléchir, contrôler, réfréner, différer voire abandonner ses envies. L’enfant intériorise les limites et les règles, celles-ci le sécurisent, il devient autonome, acquiert de la confiance et du respect.


Mais comment faire ?

Des modes d’emploi vous en trouverez plein les rayons des librairies, et de la bonne copine à votre belle-mère, tout le monde aura sa solution pour éduquer vos enfants. Les solutions, c’est vous qui les avez, vous avez l’amour, le bon sens et la bienveillance nécessaire pour éduquer ce « petit d’Homme ».

Prenez quelques moments de réflexion sur les valeurs que vous souhaitez transmettre à votre enfant. Lorsque vous avez identifié celles-ci, demandez-vous comment vous les incarnez au quotidien, si elles concordent avec vos comportements, votre enfant percevra la cohérence et vous serez un modèle pour lui.

Traduisez vos valeurs en règles et limites (les enfants préfèrent les règles aux interdits).

Rédigez des règles claires, réalistes et formulées positivement (19h30, c’est l’heure de te mettre dans ton lit). À tous les âges, les routines favorisent l’harmonie familiale et sécurisent les enfants.

Les enfants de 6 à 12 ans peuvent intégrer 5 règles simultanément. Patience et répétition seront nécessaires pour les appliquer jour après jour jusqu’à ce qu’elles deviennent des automatismes.

Les règles incitent l’enfant à se respecter, à tenir compte des autres et des conséquences de ses actes, cela l’amène à se sentir capable et responsable (au sens d’assumer les conséquences de ses comportements)

Beaucoup de parents se contentent d’édicter les règles et les limites, mais ne les font pas respecter. Ils répètent inlassablement et les enfants ne réagissent pas. Avec les plus jeunes, dès que vous avez demandé quelque chose, comptez jusqu’à 5 dans votre tête et si l’enfant n’a pas bougé, accompagnez-le dans l’action que vous lui demandiez, faites-le en silence pour ne pas donner d’attention. Avec les plus grands, avertissez-les de votre nouveau comportement « Je le dirai une seule fois, si tu ne le fais pas voilà la conséquence (réfléchissez à une conséquence logique des jouets confisqués pour ne pas les avoir rangés). Lorsque l’adulte répète la consigne, l’enfant prend l’habitude d’attendre le point exaspération de l’adulte avant d’agir.

Laissez de la liberté à votre enfant dans des choix en rapport avec ses capacités (donnez-lui le choix entre deux activités, un pantalon rouge ou bleu, le goût du dentifrice), ses choix s’élargiront avec sa maturité.

Oubliez le pourquoi et préférez le comment. “Pourquoi as-tu fait cela ?” est une question stérile, l’enfant tentera maladroitement de se justifier. Par contre, demandez à l’enfant comment il se sentirait si quelqu’un se conduisait comme lui ? Comment pourrait-il faire pour que cela ne se reproduise plus ? Comment pourrait-il réparer ? Dans ce questionnement et dans la démarche de réparation, il garde toute son intégrité et le sentiment d’être “bon”, malgré les erreurs, les bêtises.

Valorisez ses comportements adéquats, ses efforts pour coopérer, pour collaborer, ses conduites socialement acceptables.

Offrez-lui de la présence, la vôtre ! Le temps est la seule chose qui ne s’achète pas, c’est pour cela qu’il est si précieux. Même avec un agenda chargé, prenez 20 minutes, une à trois fois par semaine en tête-à-tête avec votre enfant, votre adolescent pour partager une activité qu’il aime. Vous ne regretterez pas l’investissement.