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Bains partagés, odeurs, massages, attacher son partenaire… Le Belge assume de plus en plus son propre plaisir et les accessoires qui mèneront à sa propre jouissance.

Les loveshops et autres organisations de démonstrations de sextoy à domicile ne sont plus un tabou. Le Belge ne rougit plus tant que ça à l’idée de franchir les portes d’un magasin coquin, dans le but de pimenter sa vie sexuelle. Un sextoy, aujourd’hui, c’est un produit de consommation comme un autre. Il est acheté en librairie parfois, comme lors des actions osées de Flair l’hebdo (un sextoy vendu avec le magazine féminin) dans les love-shops chics ayant pignon sur rue ou lors de soirées de démonstrations entre copines ou organisées au sein des magasins. Bref, le Belge n’a pas honte. Ou n’a plus honte de se faire plaisir.

Nicolas Bustin, fondateur de SoftLove, explique que la manière de consommer les accessoires érotiques a fort évolué ces dernières années. “Le Belge achète plus facilement, mais il est plus exigeant sur la qualité, notamment. Ils veulent un bon produit” , note le spécialiste. “En 2015, les jeux érotiques étaient très vendus. Cette année, les produits de soin et de bain ont leur petit succès. Le consommateur est actuellement plus tourné vers le SM. Les liens, les fouets, les masques, les combinaisons en latex… ont un succès fou ! Le consommateur n’a pas de honte à se libérer, à assumer son plaisir, sa jouissance. Avant, on essayait de satisfaire des fantasmes. Aujourd’hui, on entre dans un univers de plaisir et puis, c’est un indice de santé, plus les gens consomment des produits sexuels, plus ils se sentent bien. La santé est meilleure !”

Pour un client de love-shop, “il est encore compliqué d’aller chercher le bon conseil auprès des vendeurs ou des hôtesses” , déplore Nicolas Bustin. Ils veulent assouvir leur désir et ressentir du plaisir mais n’osent pas toujours demander conseil. Il revient alors au vendeur d’initier le premier pas et de poser quelques questions pour sonder les envies.

La société basée à Wépion a voulu savoir quelles étaient les attentes de ses clients, réguliers ou pas, nouveaux ou anciens. “Nous avons sondé la clientèle, via un échantillon de 100 personnes. Dans les faits et dans les réponses, on constate que la tendance va clairement vers le hard. Ils ont envie d’essayer, de faire plus de jeux qui amèneront une jouissance réelle. Ils sont tout de même 75 % à souhaiter des gammes plus hard, 38 % espèrent trouver plus de produits SM.” Cela va plus loin encore : 92 % des clients sont intéressés par les liens.

Plus de lingerie “grande taille”

Les femmes ne sont pas toutes égales en matière de silhouette. La plupart des femmes ont des rondeurs sexy et assumées. Mais l’offre en matière de lingerie sexy (et financièrement abordable) ne suit pas toujours, bien que les mentalités évoluent doucement, comme dans le catalogue Pabo où certains mannequins portent des guêpières qui flattent leurs silhouettes L ou XL (voir l’image). D’après l’enquête de Soft Love, 62 % des clients souhaiteraient voir se développer une gamme de lingerie “ grande taille” . Muriel, 47 ans, originaire de Liège, est tout à fait séduite par l’idée : “J’aimerais que les boutiques érotiques, en ligne ou qui ont pignon sur rue, proposent des accessoires et de la lingerie sexy pour femmes plus rondes, à un prix démocratique ! J’adorerais y faire mon shopping !”

Du “hard”

Les Belges assument plus leurs plaisirs et leurs envies. Les fouets, jeux SM, menottes, perruques et autres combinaisons en latex ont le vent en poupe, selon Nicolas Bustin. Les clients de SoftLove ont manifesté leur intérêt, à 75 %, de pouvoir choisir des produits dans une “gamme plus hard.”

Bains de plaisir

Plus de sept personnes sur dix rêvent de prendre plus de bains érotiques. 72 % des sondés espèrent trouver plus de produits de bains coquins en franchissant les portes d’un sex-shop ou lors d’une démonstration.

© D.R.

24.90€ Shunga, Love Bath, expérience sensuelle du bain japonais

Élargir la gamme masculine

Les démonstrations de sex-toys à domicile et les sex-shops ont une majorité de produits consacrés aux femmes et au couple. Les clients des sexshops cherchent des produits plus masculins et des démonstrations pensées pour les hommes. “Les hommes, à 92 %, souhaitent feuilleter un catalogue masculin dynamique. Ils sont rejoints sur ce point par 87 % des clientes” , note Nicolas Bustin, directeur général de Soft Love.

© D.R.
Environ 50 euros (Boîte de six oeufs masturbatoires, Tenga Egg)

De la dentelle et du sexy

Dans les magasins érotiques, les costumes et autres uniformes ont progressivement laissé la place aux ensembles de lingerie sexy, à la dentelle et aux matières sensuelles. Lorsqu’on leur demande ce qu’ils attendent d’un love shop, 92 % des clients évoquent les dessous en dentelle. De la lingerie sexy et moderne est espérée par 45 % des sondés.