Relations

Courrier des lecteurs, clap première ! Pour cette nouvelle formule mensuelle de la chronique de Julie Arcoulin, spécialiste en développement personnel et relationnel, aborde un sujet qui touche beaucoup, beaucoup de monde à différents niveaux... Pat, 50 ans, nous pose la question suivante : « Mon mari est parti depuis 1 an et je n'arrive pas à m'en remettre. J’aimerais le reconquérir pour repartir sur des bonnes bases. Avez-vous une méthode à me proposer ? »


C’est une question qui peut paraître simple, et pourtant, en y réfléchissant, je me suis rendu compte que ça ne l’était pas tant que ça. Reconquérir son ex, pourquoi pas, mais pas à n’importe quel prix, ni à n’importe quelles conditions. En résumé, pas au détriment de soi-même. Et il convient aussi de se poser quelques questions avant de se lancer dans cette reconquête.


Voulez-vous reconquérir votre ex pour les bonnes raisons?

Il me semble que c’est la première question à se poser. Et cette question amène à deux sous-questions :

  • Est-ce par amour ? Ou…

  • Est-ce par orgueil ?

Si c’est vous qui avez été quitté(e), il faut bien faire la part des choses entre l’ego qui a été blessé et qui, un peu par fierté, veut se lancer dans cette reconquête par orgueil, et les sentiments qui, s’ils sont encore présents, sont une meilleure raison de viser la réconciliation.

L’orgueil est rarement un bon conseiller. Le tri est difficile à faire, je vous l’accorde, mais indispensable. Demandez-vous si vous avez vraiment et profondément envie de vous réinvestir dans cette relation. Y étiez-vous si heureux/se que cela ? Cette relation correspondait-elle réellement à ce que vous espériez vivre au sein d’une relation ? N’était-ce pas une relation toxique ? N’est-ce pas plutôt de la dépendance ?

Les réponses à ces questions sont essentielles. Sans elles, vous lancer dans la mission « récupération », serait comme sauter sans parachute. Assurez-vous d’abord et avant tout que c’est bel et bien ce que vous voulez. Et pour les bonnes raisons.


Est-ce que votre ex en a envie, d'une manière ou d'une autre?

Dans ce genre d’ "opération récupération", on est deux. Il est donc relativement important de savoir, voire d’être sûr(e) que votre ex-compagnon/compagne partage la même inclination que vous. Sinon, vous allez ramer seul(e) jusqu’à la berge et cela risque d’être assez compliqué.

Essayer coûte que coûte, et malgré l’autre, de sauver une relation peut s’avérer extrêmement contre-productif. Plus vous allez essayer de « forcer » l’autre, de le convaincre, plus vous allez cogner contre ses résistances. Comment réagissez-vous quand quelqu’un essaye de vous convaincre de faire quelque chose dont vous n’avez pas réellement envie ? Vous avez plutôt envie de faire l’inverse, non ? Eh bien c’est un peu le même principe.

Il est impératif que votre ex soit aussi tenté que vous par l’idée de la réconciliation, sinon c’est la chute vertigineuse assurée.

Dites-vous aussi que tout est une question de moment, de timing, dirais-je. Votre moment n’est pas forcément le moment de l’autre. Et puis, pour le dire un peu populairement, parfois les reconquêtes, c’est un peu comme le café réchauffé. C’est-à-dire pas terrible.

Et finalement, si l’autre dit « non », parfois cela veut vraiment dire ce que ça veut dire. Il faut pouvoir lâcher prise, fermer la page pour en ouvrir une autre. Nous restons souvent attachés à des souvenirs, à des habitudes, à un confort. Mais est-ce vraiment de cette façon que nous voulons vivre ? Si, en fait, cette rupture était l’occasion de renaître ? De revivre ? Ou de vivre en fonction de ce que vous êtes aujourd’hui ? Si, finalement, la vie vous donnait l’occasion de changer de trajectoire et de créer celle qui vous convient ?

À ce stade, je résumerai donc les questions à se poser de cette façon : en avez-vous envie ET votre ex en a-t-il/elle envie ?


Est-ce que cela demande vraiment des sacrifices et/ou une abstraction de soi?

© Reporters

J’ai souvent remarqué que les personnes qui se lancent dans la reconquête de l’autre, le font au détriment d’elles-mêmes. C’est-à-dire qu’elles oublient complètement leurs envies, leurs besoins, leurs désirs pour les calquer sur les désirs de l’autre. Elles espèrent, ainsi, leur correspondre suffisamment pour être aimé(e)s et reconquérir le cœur de leur chéri(e).

Faire abstraction de soi peut, effectivement, être efficace à court terme, mais à long terme ce n’est jamais un bon investissement. Pouvoir être soi-même dans une relation est, selon moi, l’une des clés de la réussite de celle-ci. Sinon, tôt ou tard, la pente savonneuse des reproches & co se présente à vous et vous glissez, doucement mais sûrement, vers la toxicité.


Jouez la carte de l’authenticité

Mon conseil, donc, est d’être le plus authentique possible. Certains vous vantent les mérites de l’indifférence, du « œil pour œil, dent pour dent », du « joue la nana/le mec super occupé(e) pour l’attirer » etc. Je n’y crois pas. Pas parce que ce n’est pas efficace, ça l’est dans certains cas, mais ce sont des calculs sur le court terme.

Être vous-même, être authentique, être au clair avec vos envies et vos besoins, mettre les choses en place pour que la relation vous corresponde et vous convienne, agir en fonction de ce que VOUS avez envie de vivre (et pas en fonction de ce que vous pensez que l’autre a envie) sont les clés pour des relations saines, sereines et équilibrées. Vous êtes la personne la plus importante pour vous. Ne vous mettez pas entre parenthèses dans l’espoir de faire renaître une relation pour laquelle, peut-être, l’issue la plus positive est, en fait, la fin.

À la semaine prochaine.

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