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Le burn-out, on en entend beaucoup parler depuis quelques années. Si cela a eu le mérite de lever le voile sur un mal encore peu connu auparavant, le revers de la médaille est sa banalisation. S’il est vrai que certains peuvent profiter de la tendance pour se mettre au vert quelques semaines, il y a surtout beaucoup de gens qui sont vraiment victimes d’un burn-out (les burnies) : ils sont absents pour plusieurs mois et, pour eux, il s’agit d’une vraie bouée de sauvetage et d'une longue convalescence qui n’est pas à prendre à la légère.

Je vous ai déjà parlé du burn-out dans les métiers d’aide, je vous ai expliqué que NON, après un burn-out, on n’est pas plus faible, je vous ai également donné des pistes pour expliquer votre burn-out à votre entourage. Cette semaine, j’avais envie de m’adresser aux collègues, patrons, médecins du travail, personnes de confiance et toutes les autres personnes qui entourent, accueillent et accompagnent (quand c’est le cas) les personnes qui reprennent le travail après un burn-out.


Une façon d’accompagner

En fait, l’idée de cette chronique m’est venue en écoutant le récit d’une femme en burn-out depuis 2 ans, doucement prête à recommencer le travail vers septembre, en accord avec ses médecins (en ce compris le médecin du travail). Elle me raconte : « Julie, je ne me sens pas bien du tout. J’ai reçu il y a une semaine un courrier de mon employeur qui m’annonce que je dois reprendre le travail dans un mois. Les symptômes reviennent : palpitations, troubles du sommeil et de l’humeur, envie de pleurer,… Je ne sais pas quoi faire. »

C’est extrêmement violent comme façon de faire, et c’est la façon idéale pour amener quelqu’un vers la pente de la rechute. Cette dame, à 3 semaines de sa reprise, ne sait pas dans quel service elle sera (son ancien poste est occupé), si elle va reprendre en mi-temps médical ou plein temps, à quelle heure on l’attend, où elle doit se rendre (elle travaille dans une très grande institution). Ces éléments sont de grandes sources d’angoisse et je suis désolée et fâchée que l’on traite des êtres humains de cette façon. Cette façon de faire est administrative et ne tient, en aucune façon, en compte l’aspect humain et émotionnel de cette reprise. C’est exactement cette façon de faire qui conduit des individus dans le gouffre du burn-out.

Ne pouvons-nous pas mettre plus d’humanité dans ce que nous faisons ? Vous collègue, qui allez accueillir quelqu’un après une longue absence, vous avez le droit d’être un peu fâché(e). Après tout, le burn-out de votre collègue a probablement eu un impact direct sur vous, sur votre charge de travail, sur l’ambiance au travail, sur votre moral. Les entreprises ne le prennent pas assez en compte non plus. C’est sûr, une longue absence à des conséquences sur tout un système et vous avez le droit d’être contrarié(e). Mais, à votre avis, maintenant que vous avez lu l’une ou l’autre de mes chroniques sur le sujet, est-ce vraiment la personne « victime » qu'il revient de mettre en cause ? Ne s’agit-il pas d’un problème plus large ?

La collaboration évite les rechutes. C’est tout un système qu’il faut éduquer pour gérer au mieux les burnies. Les entreprises doivent en prendre conscience pour avancer.


Quand l’idée de reprendre est facteur de stress

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Clairement, si l’idée même de reprendre le travail vous angoisse, c’est que ce n’est pas le moment. Seulement voilà, parfois on y est obligé. Considérations financières et impératifs professionnels ou familiaux ont parfois un plus grand pouvoir de décision que notre bien-être. Donc, on se prépare à recommencer. Dans ces cas-là et dans tous les autres cas de reprise, il est impératif qu’employé et employeur collaborent, se parlent, envisagent ensemble les meilleurs solutions. Une discussion constructive ou chacun peut exprimer ses envies, besoins et les réaménagements qu’ils souhaitent.

Je vous le redis, le burnies sont des personnes fortes, incapables de mettre leurs limites, avec un grand cadre de valeurs humaines. Elles constituent le profil idéal pour être victime de harcèlement et en faire toujours plus. Les traiter, au moment de leur reprise exactement de la façon dont elles étaient traitées avant leur départ, est purement contre-productif.


Des apprentissages pour tout le monde

Dans la littérature, on trouve beaucoup de livres parlant de ce que signifie le burn-out aux personnes qui en sont victimes. On leur explique comment ils doivent remanier leurs vies, leurs façons d’appréhender le monde. Les lignes de ces livres expliquent pourquoi ils sont en burn-out, pourquoi ils ont le profil idéal pour ça et ce qu’ils doivent changer en eux pour ne plus retomber. On leur dit, systématiquement, que c’est une merveilleuse occasion d’apprendre qui se présente à eux et qu’il faut voir le verre à moitié plein. Tout ça est profondément et éminemment vrai. Votre burn-out est là pour une bonne raison et pour vous permettre de faire des apprentissages qui changeront votre vie.

J’aimerais aussi que les entreprises prennent le temps de faire les apprentissages nécessaires. Ces apprentissages qu’on les invite à faire à travers le prisme de l’épuisement ressenti par leurs employés. Que faut-il changer ? Comment améliorer le fonctionnement de l’entreprise ? En quoi la gestion des ressources humaines peut-elle s’améliorer ? Y a-t-il du management toxique au sein de l’entreprise ? Quels sont les facteurs qui influencent l’épuisement des salariés ? Comment faire pour ne plus en arriver là ?

Les apprentissages ne sont pas destinés uniquement aux burnies. Les entreprises, petites, moyennes ou grandes, doivent également apprendre. Sinon, ce ne sera qu’un éternel recommencement. À ce propos, je vous recommande, chères entreprises, un outil exceptionnel proposé par Bright Link, basé sur plusieurs années de recherche menées par l’UCL. Leur équipe est dynamique, humaine et extrêmement professionnelle. Ils sauront vous accompagner sur ce parcours d’éradication du burn-out au sein de votre entreprise.

Chacun, employé et employeur, doit prendre ses responsabilités et tirer les leçons. Ce n’est qu’à cette condition que le retour au travail sera opportun et sain et que la prévention gagnera sur la guérison.

À la semaine prochaine.

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