Relations La pureté des jeunes filles sont vendues à des sommes colossales. Le mythe de la virginité persiste.

Vendre sa virginité serait-il devenu un concept à la mode ? En avril de l’année dernière, une mannequin roumaine, Alexandra Khefren, a vendu aux enchères sa virginité, via un site d’escort girls allemand, pour 2,3 millions de dollars, rien que ça. Aujourd’hui, c’est une jeune Française de 20 ans, Jasmine, qui a décidé de mettre sa virginité aux enchères; elle a récolté la somme de 1,2 million d’euros, pour perdre sa virginité avec un banquier de Wall Street. Cette jeune Parisienne vient d’une famille religieuse et s’était toujours promise de rester vierge jusqu’au mariage. Elle expliquait, lundi 30 avril 2018 au tabloïd britannique Mirror pourquoi elle avait fait ce choix, un peu particulier : "Ma virginité était importante pour moi, mais avec ma famille, nous croulions sous les dépenses. Une maison, une voiture, tout ça c’est très cher." Elle a donc vendu son corps pour aider sa famille. La motivation est donc principalement financière. Alexandra Kherfen a, elle, déclaré, sur le site d’escort allemand Cinderella Escort : "Je me suis tenue à cette idée que je préférais vendre ma virginité plutôt que de l’offrir à un ami qui m’aurait peut-être quittée de toute façon. Et je crois que beaucoup d’autres filles se reconnaîtraient dans ce choix. Combien renonceraient à leur première fois si elles pouvaient avoir 2,3 millions à la place ? Chacun devrait se poser la question. Bien sûr, il y a des opinions divergentes, mais chacun devrait pouvoir se faire sa propre idée et la suivre."

La virginité, la pureté, un mythe qui persiste

Échanger sa virginité contre une grosse somme d’argent pose question sur l’importance de la virginité féminine aujourd’hui. Durant de nombreuses années, comme l’explique l’historienne et féministe Yvonne Knibiehler dans son livre La Virginité féminine : mythes, fantasmes, émancipation : "De nombreuses filles chrétiennes vont préserver volontairement leur virginité, promue au rang de vertu morale. C’était pour elles une forme de liberté, une transcendance, voire une source de pouvoir. Les anthropologues ont mis en valeur la dimension sociale de la virginité. Un homme exigeait de se marier avec une vierge, pour assurer sa filiation, perpétuer sa lignée, lui transmettre son nom, ses biens, ses pouvoirs. Finalement la virginité est un exemple d’interaction permanente entre nature et culture. Son enjeu est social, moral et symbolique, elle continue à porter une charge émotionnelle intense."

Malgré que notre société ait évolué, le premier rapport sexuel reste pour beaucoup un rite de passage, surtout chez les filles. C’est la fin de l’enfance, l’arrivée à l’âge adulte et la femme considère qu’elle confirme son identité féminine. Et du côté des hommes, certains jouissent de ce fantasme d’être le "premier", d’être celui qui fera découvrir la sexualité à une demoiselle. Ce fantasme est loin d’être une généralité mais l’était très certainement pour ce riche banquier de Wall Street. Finalement, être le premier ou le deuxième n’a que très peu d’importance. La différence est l’idée que l’homme s’en fait.

La deuxième chose qui pose question est : "Qu’est-ce que la virginité ?" Dans le cas de ces jeunes filles, un test de virginité est réalisé par le site d’escort. Il consiste à voir si l’hymen est toujours présent.

Mais rappelons que certaines sportives, principalement les gymnastes, les danseuses ou les cavalières peuvent perdre cet hymen lorsqu’elles pratiquent leur sport. La jeune fille n’a alors plus son hymen mais est pourtant peut-être toujours vierge. À l’inverse, certaines peuvent avoir eu des rapports sexuels et disposent toujours de cette fine membrane.

Ce mythe de la pureté réside encore en grande partie dans cet hymen pour les jeunes filles. Et dans les deux cas - deux parmi d’autres - évoqué ci-dessus, cette membrane vaut de l’or. Et encore une fois, ces histoires illustrent parfaitement bien que l’acte sexuel se limite seulement à la pénétration.