Relations

Vous voyez avec émotion votre enfant grandir et rentrer dans l'adolescence avec toutes les inquiétudes que cela représente ? Il est donc fort probable que vous ayez envie d'aborder le sujet de la sexualité, de "la première fois" mais sans savoir quoi dire ni comment le dire ... Voici quelques conseils qui pourront, je l'espère, vous aider à ce niveau.


En matière de sexualité, Internet constitue la première source d’informations pour les jeunes (avec tous les risques que cela représente en termes d’informations erronées). C’est ensuite avec leurs amis et leurs partenaires qu’ils en parleront, puis au sein de leurs écoles (notamment au travers des actions de préventions rendues obligatoires aujourd’hui) et, en dernier recours, auprès de leurs parents !

Ce constat témoigne donc très clairement du malaise encore palpable d’aborder un tel sujet avec ses parents. Or, il est prouvé que les infos transmises sur le web ou via l’entourage ne sont pas des plus fiables... que du contraire. 


Quand en parler

Certains parents ont peur d'aborder le sujet trop tôt, et d'autres craignent de l'aborder trop tard ... la question de la maturité sexuelle est encore fortement présente. Or, pour chaque jeune, le timing peut être différent.

Soyez donc à l'écoute de votre enfant, selon ce qu'il vous exprime de ses préoccupations, ce qu'il vit au quotidien, ce qu'il raconte des autres qui l'entourent ("ma copine m'a dit que" est toujours moins impliquant qu'un vécu personnel). Il peut très clairement vous montrer qu'il se pose des questions et qu'il serait prêt à en parler avec vous.

Quoi qu'il en soit, soyez assuré d’une chose : en parler ne précipitera en rien le passage à l'acte !


Que dire

Quand on pense à la sexualité, on a trop vite tendance à penser à l’acte génital (et donc la pénétration) en tant que tel, ce qui met généralement mal à l’aise tant l’adulte que le jeune...

Or, parler de sexualité, c’est avant tout parler de sentiments, de confiance mutuelle, de respect, de douceur, de caresses, de baisers,... toutes ces découvertes sensorielles qui constitueront ensuite les bases d’une sexualité épanouissante et donc du plaisir sexuel. C’est dans ce contexte qu’il est primordial que le jeune puisse se sentir à l’aise d’exprimer à l’autre ce qu’il se sent prêt ou non à faire.

Mais si parler de la notion de plaisir est importante, aborder celle de la responsabilité l’est tout autant, car il peut y avoir de réelles conséquences négatives. Parler des précautions à prendre telle que le port du préservatif pour se prémunir des infections ou maladies sexuellement transmissibles ou encore des différents contraceptifs existants afin d’éviter tout risque de grossesse non désirée constitueront de réelles bases pour que vos jeunes puissent, ensuite, profiter sereinement de ces moments de plaisir.



Comment le dire

Soyez le plus naturel et décontracté possible ! Facile à dire me direz-vous... Alors c’est vrai : il s'agit d'un sujet délicat à aborder pour beaucoup mais si vous êtes mal à l'aise, votre enfant le sentira et n'osera peut être pas vous en reparler.

Il est important de se rappeler que, quoi qu'il arrive, votre enfant se pose des questions puisqu’il est en quête de réponses et il est préférable qu'il les trouve chez vous plutôt que sur le web, là où tout peut être tronqué et déformé par la pornographie.
La sexualité est naturelle et fait partie de la vie, ne l'oublions pas !


Où le dire

Inutile de rendre cela plus formel que nécessaire... un simple trajet en voiture d'un point A à un point B peut vous permettre d'ouvrir le sujet, avec l'avantage de ne pas devoir se regarder directement dans les yeux tout en sachant que le sujet prendra fin une fois la destination atteinte.

Une émission, une publicité ou un fait d’actualité peut également ouvrir le débat et permettre au jeune de ne pas se sentir directement impliqué.

Mais soyez, surtout, réceptifs aux questions que pose votre enfant... c’est la meilleure occasion de rebondir sur ses interrogations plutôt que de le confronter avec un « bon, parlons de sexualité !» qui peut être vécu comme intrusif.


Qui en parle ?

Le père ou la mère, peu importe. C'est davantage la relation qui va déterminer le parent avec lequel le jeune se sentira le plus à l'aise. Et il n'est pas, non plus, nécessaire d’organiser une "réunion de famille" qui risquerait de rendre cela plus impressionnant et officiel qu’autre chose. Bien souvent, le jeune lui-même montrera la personne avec qui il se sent plus à l’aise d’en parler … même de manière indirecte.


Quelques livres

S’il vous est difficile d’aborder le sujet, ou si vous pensez que votre jeune préférera ce moyen, n’hésitez surtout pas à vous procurer certains livres. Écrits à cette intention, ils sauront répondre adéquatement aux questions que se posent les jeunes. En voici quelques-uns (cette liste est bien entendu non-exhaustive) :

Pour les 10 à 12 ans le « Guide du zizi sexuel » ou encore "Zizi Lolo Smack" sont très complets et adaptés pour cette tranche d’âge.

Pour les jeunes de 12 à 15 ans : « Girls : No panic », « Boys : No Panic » ou encore « Sexe sans complexe » sauront aborder le sujet de manière agréable et ludique.

Pour les parents : « Amour et sexualité, comment en parler aux enfants et adolescents ? » ou encore « Les parents, l’école et la sexualité : qui dit quoi ? » de Inès Pélissié du Rausas pourront vous éclairer sur le sujet.


Quelques sites

Certains sites sont également conçus pour les jeunes et par des professionnels tels que pédiatres, psychologues ou sexologues. En voici deux qui pourront déjà bien les renseigner adéquatement : www.educationsensuelle.com, www.educationsexuelle.com


Quelques adresses

  • Les Centres de Plannings Familiaux font un travail remarquable à ce niveau. Ils sont formés, mandatés et experts en la matière (avec une équipe pluridisciplinaire). L’avantage, c’est qu’il y en a dans chaque commune et qu’ils collaborent avec les écoles pour y réaliser des animations d’éducation à la vie relationnelle affective et sexuelle. Ils ont donc l’habitude du sujet et du public jeune.
  • Les PMS qui travaillent directement au sein des écoles peuvent également répondre aux questions des élèves en toute discrétion. Ils participent à cette même mission de prévention scolaire.
  • Par ailleurs, un rendez-vous avec des professionnels tels que les médecins généralistes, les gynécologues, les psychologues ou encore les sexologues qui pourront permettre à votre enfant d’exprimer toutes les questions qu’il se pose de manière individuelle et ce, avec la garantie du secret professionnel.

Alors si vous sentez que votre enfant se pose des questions, soyez réceptifs et n’attendez pas qu’il se tourne vers des sources d’informations peu fiables… conseils d’une sexologue !