Cinéma Accueil mitigé réservé hier par les spectatrices belges au film-événement.

C’est l’événement cinéma dont tout le monde parle cette semaine. Quelques jours après l’avant-première ultra-médiatisée du film 50 Nuances de Grey, les fans (nous n’avons rencontré que des femmes...) ont enfin pu se faire leur opinion sur cette adaptation du roman à succès d’Erika Leonard James.

Une adaptation globalement réussie, estime Aurea, secrétaire de 42 ans : "J’ai trouvé que le film était fidèle au livre, même si les scènes de sexe sont moins élaborées que dans le roman. Mais c’est une bonne chose car si tous les détails du livre se retrouvaient dans le film, il serait clairement pornographique."

Un point de vue qui diverge de celui défendu par Morgane, étudiante de 18 ans : "Je ne m’attendais pas que ce soit aussi érotique que dans la version du livre. J’ai trouvé que les scènes de sexe étaient parfois torrides, même si on ne peut pas catégoriser ce film comme étant pornographique. C’est d’abord une histoire d’amour entre deux personnes, même si le film a lieu sur un fond sadomasochiste."

Imane, étudiante de 20 ans, a été conquise par le jeu d’acteur des deux protagonistes : "Ils sont convaincants et font preuve de beaucoup de naturel." Un avis que ne partage pas Morgane : "Convaincants ! ? Pour moi, Dakota Johnson l’est avec son côté troublant qui m’a beaucoup plu. C’est la bonne surprise du film. Elle dégage plus de charisme que son partenaire qui paraît trop macho. Il est loin de nous donner envie d’enlever notre petite culotte."

Un point de vue partagé par Maude, 29 ans, et Vangélique, 21 ans, pour qui l’acteur principal est trop superficiel. Ces deux jeunes femmes se disent déçues par les scènes d’amour trop sages, pas assez prenantes. "Le scénario est très hollywoodien. J’ai trouvé ce film un peu cul-cul avec de nombreuses scènes prévisibles", affirme Maude. Vangélique va encore plus loin en déclarant que, "sans mentir, on voulait regarder notre téléphone pour savoir l’heure qu’il était tellement c’était ennuyeux."

En Belgique et dans d’autres pays, le film est interdit aux moins de 16 ans. Mais pour ces deux cinéphiles en herbe, la censure est exagérée car les scènes d’amour sont courtes, peu nombreuses et cela permet d’ouvrir les yeux des spectateurs sur la problématique peu connue du sadomasochisme. " Ici, on voit parfois un bout de fesse ou de sein. Un film comme La vie d’Adèle est bien plus trash et choquant", poursuit Maude.

Mais selon Imane, il est logique et même fondamental que ce film soit censuré, ne fût-ce que pour "les 20 minutes où on voit l’héroïne se faire fouetter et bâillonner nue."

"Il y a des moments du film qui sont durs à regarder, surtout pour une femme car on s’identifie à l’héroïne", affirme Adélaïde. Cette comptable de 31 ans reconnaît avoir été mal à l’aise à certains moments. "C’est un homme obsédé sexuel et manipulateur qui tombe sous le charme d’une femme vaguement consentante et qui va se faire dépuceler."

Si le film est loin de faire l’unanimité, il pourrait cependant donner des idées à certains couples qui cherchent à pimenter leur relation…