Cinéma

Un secret. Miller adapte l'oeuvre de Philippe Grimbert. Brillant

BRUXELLES Paris, fin des années 30. Si la France est tout à sa joie de profiter des congés payés, elle entend déjà, au loin, le bruit des bottes. Qui résonne tout particulièrement aux oreilles des familles juives. Quand Hannah épouse Maxime, la guerre est encore loin. Mais quand Maxime tombe sous le charme de sa belle-soeur Tania, le danger, soudain, s'est rapproché à grands pas. Il faudra choisir : fuir ou rester ? Afficher sa judaïté ou la cacher ? Porter l'étoile ou défier l'occupant ? Accepter la passion ou s'en détourner ?

Paris, bien des années plus tard. François va fêter ses quinze ans. Depuis toujours, il sent en lui comme une présence, celle d'un frère qu'il n'a jamais eu. Il sent aussi, le poids d'un secret dont il est temps qu'on le déleste. Flash-back. On plonge avec lui dans ce terrible passé.

Adapté du roman de Philippe Grimbert - qui fait d'ailleurs une courte apparition en passeur -, le film de Claude Miller surprend, dans un premier temps, par un noir et blanc à contretemps. Ici, c'est le présent qui se teinte de gris et le passé que la couleur illumine. Un choix qui va bien avec le propos, finalement. Et qui permet de faire vieillir les acteurs plus discrètement.

Des acteurs épatants de par leur engagement (Bruel a été particulièrement touché par le rôle), leur beauté (Cécile de France, sublime), leur fragilité (Ludivine Sagnier, translucide) ou leur authenticité (Julie Depardieu, une fois encore parfaite). Et parfois, par tout ça à la fois...



© La Dernière Heure 2007