Cinéma Alexandra Lamy évoque L’Embarras du choix et sa timidité cachée par des vannes.

Les romantiques préfèrent les blondes. Surtout lumineuses, souriantes et les cheveux frisottants. Meg Ryan ayant pris sa retraite, Alexandra Lamy reprend le registre de la minouchette dans L’Embarras du choix, une comédie sentimentale qui va faire fondre les cœurs tendres avec l’incapacité d’une quadra de dire non à l’un des deux soupirants désireux de lui passer la bague au doigt.

"Eric Lavaine voulait retravailler avec moi après Retour chez ma mère mais pensait que le rôle s’adressait à une femme de 25-30 ans, explique-t-elle. Mais, en fait, c’est plus intéressant à 40 ans. À 25 ans, ce n’est pas grave d’hésiter entre deux hommes. L’horloge biologique ne rappelle pas qu’il va falloir fonder une famille. À 40, l’urgence est plus intéressante. D’habitude, on sait qui va finir ensemble. Ici pas. C’est donc la toute première comédie romantique à suspense !"

Pour le reste, c’est très classique quand même…

"Vous trouvez ? Ici, ce sont les hommes qui tiennent les seconds rôles, alors que d’habitude c’est réservé aux femmes. Et le message est beau : elle veut être aimée telle qu’elle est, pas comme on voudrait qu’elle soit. À la quarantaine, on ne se voit plus comme une jeune fille et on se demande qui on va encore intéresser. Alors que pas du tout : on intéresse encore ! Même si trouver un homme à 40 ans n’est pas évident."

Cela vous parle ?

"J’ai adoré me retrouver célibataire à 40 ans. Avec la maturité, le travail, on ne peut qu’en profiter. Mais, le problème, c’est qu’on s’habitue au célibat et qu’on trouve ça pas mal (rire) ! Le soir, on fait ce qu’on veut, on regarde ce qu’on veut, on mange ce qu’on veut. Au bout d’un moment, on s’habitue et cela devient difficile de faire rentrer quelqu’un chez soi. Les envies ont changé aussi. Moi, à 45 ans, je n’ai plus envie d’avoir un bébé : ce serait égoïste. Je n’ai plus envie de me laisser bouffer la vie. Les enfants, c’est formidable, mais à partir du moment où on a des enfants on s’engueule (rire) . C’est fatigant d’être maman, maîtresse, working girl , femme de ménage, tout quoi."

Vous êtes aussi dynamique que vous en avez l’air ?

"Oh oui ! J’ai pas mal d’énergie à revendre. C’est un gros travail pour moi de me poser. Je me sens proche de mon personnage, qui, pour une fois, doit choisir au lieu d’être choisie. Et dans le film, si Arnaud me fait rire, c’est moi qui fais rire Jimmy. C’était important. Dans la vraie vie, ce sont souvent les femmes qui décident."

Vous avez choisi Poelvoorde pour votre prochain film ?

"Je l’adore, il a une culture incroyable - il est capable de citer des pages entières de livres -, il est touchant, brillant, il possède un charisme incroyable. C’est un génie. C’est formidable et fatigant de travailler avec lui : il faut le suivre et, comme lui, j’aime vanner sur un plateau, pour casser ma timidité…"

Qu’est-ce qui vous fait peur ?

"La nudité ! Dans les scènes chaudes, glamour, j’ai toujours l’impression que ce n’est pas moi."