Cinéma Ary Abittan, gentleman tornade du rire, revient en Belgique vendredi. Entre deux succès au cinéma.

Un succès comme celui qu’il vient de rencontrer au cinéma n’arrive qu’une fois - ou deux si on a vraiment du bol ! - dans une vie d’acteur. Ary Abittan va donc tenter le doublé, en 2016, avec la suite de Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?

D’ici là, La véritable histoire de Robin des bois (une parodie du dessin animé) aura pris place dans les salles obscures et Ary Abittan sera peut-être encore associé à son rôle de Petit Jean. Un de plus. Car les personnages, l’humoriste les collectionne. D’abord et ces jours-ci surtout, sur scène, alors qu’il revient en Belgique avec son one-man-show.

Du cinéma aux planches et des planches au cinéma, où les comiques sont de plus en plus demandés. "Les gens ont vraiment besoin de rire… Il y a quelque chose qui fait que nous sommes un peu les trublions et c’est tant mieux ! Mon seul objectif est de distraire. Tant qu’on nous demande de faire des bêtises, c’est avec joie !", sourit le beau gosse (oui, oui Mesdames) charmeur. Pas encore sur le point de faire son Tchao Pantin. "Je n’en rêve pas ! Je ne suis pas pressé…"

"On reçoit, nous comiques, beaucoup de scénarios de comédies. Qu’elles soient romantiques ou des parodies. Le fait de mettre des comiques dans un film, ça paraît plus facile, parce qu’on est entre nous, on a ça en nous, c’est dans notre sang, mais… Je n’ai pas dit mon dernier mot dans la comédie. J’ai encore plein de conneries à faire et à dire. Je reçois quelques scénarios dramatiques. Mon luxe aujourd’hui, c’est de pouvoir choisir."

On ne peut pas tout faire en même temps. La télé, le théâtre, le cinéma. Entre les trois, quelle discipline a vos faveurs ?

"La scène, c’est immédiat. Au cinéma, on joue la scène et les rires arrivent un an après… Ou pas." (sourires)

Et adapter au cinéma certains de vos sketches, vous y pensez ?

"On me l’a proposé. Le moi aussi je veux divorcer , le sketch du mec qui veut divorcer car c’est à la mode, on a commencé à l’écrire pour le cinéma. Mais je n’ai pas de velléité d’écriture pour le grand écran. J’ai écrit des scenarii mais c’est dans un tiroir."

Parmi vos personnages sur scène, il y a celui du jaloux. Ce jaloux, c’est vous ou quelqu’un de votre entourage ?

"C’était moi au début. C’est plus que jaloux, c’est de la dépendance affective. Grâce à ce sketch, je m’en suis sorti ! Je me suis rendu compte que je n’étais pas le seul comme ça… Ce n’était même pas de l’amour mais de la dépendance. Les femmes à la sortie de mes spectacles sont venues me trouver pour me dire : Ça, c’est mon mari ! C’est mon ex !"

C’est un sketch à contre-courant du mec viril qu’on voit d’habitude sur scène et qui se moque de sa nana…

"Exactement. Cela combat un certain machisme. Le machisme, ce n’est pas dire qu’on est viril, mais dire ce qu’on est."

Vous baragouinez aussi beaucoup de langues sur scène. Réellement, vous parlez le turc, l’arabe ?

"Non ! Je ne parle que le français ! (sourires) Ce n’est qu’illusion, le David Copperfield du langage !"

Comique et énergique, vous l’êtes ailleurs que sur scène ou au cinéma ?

"Quand je suis à table avec des amis et que je vois que ça ne rigole pas, j’ai l’impression que c’est de ma faute. C’est ça qui me tient en vie ! Petit, j’adorais amuser la galerie. Je ne savais alors pas qu’on pouvait, comme métier, monter sur scène pour faire rigoler. Quand j’ai vu Élie Kakou, je me suis dit : J’y vais !"

Vous avez déjà parlé de votre humour comme d’un humour juif. C’est quoi exactement ?

"Le propre de l’humour juif n’est pas d’être juif, mais de pratiquer l’autodérision. Tout le monde peut faire de l’humour juif !"

Ary Abittan sera au Wex de Marche-en-Famenne ce 7 novembre. Et le 18 novembre au Palais des Beaux-Arts de Charleroi. www.ticketmaster.be