Cinéma Il se retrouve complètement dans Coco, le merveilleux dessin animé Pixar dans lequel il double le squelette Hector.

Il a déjà tout joué, Ary Abittan : des roublards, un marquis, un cycliste, un SDF ou même Petit Jean. Mais même dans ses rêves les plus fous (et Dieu sait qu’il ne manque pas d’imagination dans les délires), il ne s’était jamais vu incarner un squelette musicien comme Hector, qu’il double dans la version française de Coco.

"C’est une grande première complètement folle pour moi. Je rêvais depuis longtemps de doubler un personnage de Disney/Pixar. J’espère que cela restera et se fera encore. J’ai grandi avec les dessins animés et j’avais au moins autant envie de donner ma voix à un personnage Disney que de devenir Robert De Niro ! C’est dire… (rire)."

Quel était votre dessin animé favori ?

" Là-haut. La maison qui s’envole avec les ballons, c’est merveilleux. J’aurais adoré joué le petit vieux ronchon."

Doubler, c’est une expérience très différente de la comédie ?

"Pas tellement. Je joue de manière très naturelle, comme s’il y avait des caméras. Je bouge, je chante, je danse, pour que le personnage prenne vie le plus possible. Ce n’est pas plus difficile de tout faire passer par la voix."

Incarner un squelette, ce n’est pas courant…

"Le plus important, ce n’est pas de s’imaginer dans le personnage mais imaginer ce qu’Herctor pourrait faire, ce qu’il ressentirait. Le métier d’acteur, c’est se projeter. Et dans un squelette, c’est vraiment amusant."

Vous êtes un grand romantique comme Hector ?

"J’en ai l’impression. C’est beau, pur, il y a de l’espoir dans le romantisme. Comme lui, j’ai plutôt tendance à le cacher derrière l’humour. Hector est un déconneur mais comme beaucoup de déconneurs, il a une part très triste. Pour moi, la nostalgie, c’est le bonheur d’être triste (sourire) ."

Quelle est votre vision de la mort ?

"Elle fait partie de la vie, tout simplement. Quand j’étais enfant, je me posais beaucoup de questions : qu’est-ce que la mort ? Pourquoi meurt-on ? J’aime bien aussi Holloween. Même si le masque de Scream me terrifie (rire) . Cela me paraît important de continuer de parler de nos ancêtres. Il ne faut pas en avoir peur : continuer à rester présent dans nos têtes, c’est ça le paradis pour eux. Ce que j’aime dans Coco , c’est son double niveau de lecture, pour les adultes et les enfants. Chez nous, la mort est vécue de manière triste, alors que dans la culture mexicaine, le Dia de los Muertos est très joyeux. Un jour dans l’année, les mondes des morts et des vivants se rencontrent et c’est très beau, plein d’espoir. Moi, ça m’a donné envie de le vivre au Mexique. Parce que cela a l’air drôle, plein de vie et émouvant en même temps."

Et délirant !

"Il y a de la folie dans mon personnage. J’aime qu’il soit filou, arnaqueur, qu’il dise aussi les choses telles qu’il les pense. Il veut être réhabilité, il veut qu’on se souvienne de lui."

C’est un peu la définition de l’artiste, non ?

"C’est un troisième niveau de lecture. Le pire, c’est la deuxième mort, quand plus personne ne se souvient de vous. Cela me fait peur. Mon objectif est de distraire, faire rire, procurer du bonheur, jouer avec les spectateurs. Comme Hector, j’ai envie de rester dans les mémoires."

Ernesto de la Cruz prétend qu’un artiste appartient à toutes les familles…

"Il a raison ! Quand on est artiste, on entre dans le cœur des gens. Il suffit de rester simple. La vie est simple, seul l’homme est parfois compliqué. Le succès n’y change rien : il faut juste se contenter de vivre l’instant présent en sachant que rien n’est acquis, tout peut partir."