Cinéma La chanteuse et actrice vient de passer deux jours à Namur et s’est rendue disponible pour le public venu nombreux.

Ils avaient fait le déplacement de toute la Belgique pour apercevoir leur idole, les fans de Vanessa Paradis. C’est en qualité d’actrice qu’elle est venue au Festival international du film francophone de Namur qui lui a décerné son coup de cœur pour une 30e édition très peuplée. Elle évoque des rencontres qui l’ont marquée.

Alain Delon. "Nous avons tourné ensemble 1 chance sur 2 avec Jean-Paul Belmondo. Je les ai observés : c’étaient vraiment les retrouvailles de deux copains, même s’ils ont des tempéraments opposés. Belmondo était toujours entouré de sa bande de copains qui l’accompagnent partout, très heureux de refaire des cascades. Alain Delon était plus solitaire, mais très attentionné envers moi. Quelques mois après, je me suis cassé la jambe en mille morceaux et il m’appelait tous les jours pour prendre de mes nouvelles."

Gérard Depardieu. "Nous avons tourné ensemble Élisa, isolés de tout sur une île bretonne . J’étais impressionnée par l’homme et l’acteur. Il n’a pas arrêté d’essayer de me faire rire sur ce tournage. Il mangeait des gousses d’ail et venait me respirer dans l’oreille... Quand je le revois, une fois tous les dix ans, je me jette dans ses bras. Je l’adore et je sais que je ne suis pas la seule."

Daniel Auteuil. "Au départ, c’est Jean-Pierre Marielle qui devait jouer son rôle dans La Fille sur le pont . Puis il a trouvé que son ami Patrice Leconte devait prendre un acteur plus jeune. Le film commence par un monologue de huit pages que je devais dire d’une traite. Je me concentrais dans ma loge avec de la musique triste de Tom Waits, des bougies. Quand Patrice est venu me chercher, il a éclaté de rire en me voyant dans le noir comme ça et ma concentration est partie d’un coup. Il a bien fait de ne pas me prendre au sérieux : j’ai fait la scène en une seule prise. Ce film est magique. C’était un petit film en noir et blanc, réalisé par une équipe soudée. Mon chouchou dans ma filmographie."

Benoît Poelvoorde. "Nous avons commis ensemble ce film inclassable inspiré des séries B avec des méduses qui volaient : Atomik Circus . Lui était très copain avec les réalisateurs qu’il connaissait d’avant. Ça criait, ça hurlait de rire pendant ce tournage. Mais quand je m’approchais, il me parlait plus doucement, comme pour ne pas me brusquer. Il était d’une délicatesse avec moi... C’est un homme craquant et quel acteur ! Il m’a invitée à venir chez lui à Namur bien sûr. Mais je ne l’avais jamais fait avant ce coup de cœur du FIFF."

François Damiens. "Romain Duris et moi, on voulait absolument qu’il soit avec nous et Julie Ferrier dans L’Arnacœur. Lui n’avait pas encore dit oui et hésitait vraiment à accepter ce rôle dans une comédie romantique qui a très très bien fonctionné. Un soir, on l’a tous appelé et on a sorti plein d’arguments, on lui a mis la pression et on ne voulait pas le lâcher. À la fin, il a dit oui. Lui et Romain Duris s’entendaient comme cul et chemise. Autant dire qu’on n’était pas très concentrés pendant le tournage, mais on s’est tellement amusés !"

People mais pas bankable !

En 25 ans, Vanessa Paradis a tourné dans une quinzaine de films. C’est peu si on considère qu’elle a démarré très tôt avec Noce Blanche qui lui a valu le César du meilleur espoir féminin en 1990 ainsi qu’un très bel accueil de la critique et de la profession. "C’était une première expérience difficile pour moi, mais je n’avais pas envie d’arrêter le cinéma pour autant", assure-t-elle. Vanessa avoue que la musique reste sa priorité et lui prend beaucoup de temps. "Mais je ne reçois pas énormément de scénarios non plus. J’adorerais qu’on me propose une comédie musicale. Heureusement que j’ose parfois écrire à un réalisateur que j’admire… Car je ne figure pas dans la liste des 15-20 actrices auxquelles on pense quand on veut monter un film. Je fais la couverture des magazines de potins toutes les semaines, mais je ne suis pas bankable au cinéma !", rigole-t-elle.

Des débuts difficiles

Alors que sa fille est en train d’émerger, Vanessa Paradis prend ses parents pour modèle. Elle avait beau être entourée de gardes du corps dans tous ses déplacements, elle s’est rendue disponible pour le public pendant deux jours à Namur. D’abord, en allant présenter aux téléspectateurs deux de ses films, puis en se prêtant au jeu des questions/réponses sur sa carrière devant un large public. Jamais elle n’a refusé de s’arrêter quelques minutes pour signer des autographes ou faire quelques photos, même si elle n’a pas pu satisfaire les centaines de demandes.

Elle ne refuse pas non plus d’évoquer ses débuts difficiles, alors qu’elle était ado et la proie de beaucoup d’attaques après le tube Joe le taxi. "J’ai toujours adoré chanter. Mais entre chanter dans sa chambre et devant des tas de gens, il y a une solide différence. Ça a été difficile de découvrir ce métier dans la lumière. On a vu tous mes faux pas à la télévision. Ceci dit, ça m’a permis d’apprendre très vite." Alors que sa fille Lily Rose Depp est convoitée par la mode et le cinéma à 16 ans, elle se souvient de la confiance de ses parents à l’époque. "Elle est faite pour ça, c’est inévitable. Elle a un grand talent, un goût exquis et a très bien choisi ses premiers projets. J’aurais préféré que ça n’arrive pas aussi vite, mais je suis mal placée pour le lui dire."

Donc elle a choisi de l’accompagner. "L’entourage, c’est primordial quand on commence aussi jeune. J’ai eu la chance d’avoir des parents formidables qui m’ont conseillée sans m’étouffer. Quand ça a été dur, ils m’ont appris que rien n’est facile dans la vie. Sans eux, je n’aurais pas tenu."