Cinéma Le goût des autres et Harry, un ami qui vous veut du bien nominés neuf fois aux Césars

PARIS "Un catalogue du haut de gamme français". Daniel Toscan du Plantier resplendissait de fierté hier, au moment de présenter la liste des nominés pour la 26e cérémonie des remises des Césars.
Même si seulement un tiers des trois mille professionnels du cinéma français a pris la peine de renvoyer le bulletin de vote à l'Académie des Césars, ses choix imposent le respect. Pour une fois, ils correspondent assez fidèlement avec ceux du public.

A l'exception notable de Taxi 2, champion incontesté du box-office français avec plus de dix millions d'entrées ( "Il était difficile de cou ronner la novation d'une suite" a précisé Toscan du Plantier), les grands succès populaires sont bien représentés.
Le goût des autres, d'Agnès Jaoui, et Harry, un ami qui vous veut du bien, de Dominik Moll, qui ont respectivement attiré l'an dernier 3,7 millions et 1,8 million de cinéphiles, arrivent tous deux en tête avec neuf nominations. Suivis à une seule longueur par Saint-Cyr de Patricia Mazuy. Les Rivières pourpres, de Mathieu Kassovitz, le troisième plus gros succès français de la fin du XXe siècle, récolte pour sa part cinq citations (mais ne concourt pas pour le meilleur film), à égalité avec Une affaire de goût, de Bernard Rapp.
Face à ces ténors, un candidat surprise pour le titre suprême: Les blessures assassines. L'oeuvre d'un revenant. En fait, la première fiction de Jean-Pierre Denis depuis Champ d'honneur, présenté en 1987.

Un duo en or

Ses chances de monter sur la scène semblent plutôt minces. Au contraire de celles d'Agnès Jaoui et de Jean-Pierre Bacri, une nouvelle fois plébiscités. Les plumes les plus talentueuses du 7e art hexagonal tenteront de décrocher leur quatrième trophée commun du meilleur scénario le samedi 24 février au théâtre des Champs-Elysées, avant d'essayer de faire main basse sur un nombre considérable de prix. Jean-Pierre Bacri partira avec la cote de favori pour le titre du meilleur comédien, face à Charles Berling (Les destinées sentimentales), Bernard Giraudeau (Une affaire de goût), Pascal Gregory (La confusion des genres) et Sergi Lopez (Harry, un ami qui vous veut du bien). Sa complice pourrait se montrer bien plus gourmande encore: elle figure en bonne place dans les catégories second rôle féminin et réalisatrice pour Le goût des autres, une comédie douce-amère qu'on verrait bien couronnée meilleur film de l'an dernier. Malgré son talent, le duo en or ne devrait pas phagocyter tout le palmarès. On ne le retrouvera pas lors du moment le plus attendu de la soirée : le décachetage de l'enveloppe enfermant le nom de la meilleure comédienne. Emmanuelle Béart (Les destinées sentimentales), Juliette Binoche (La veuve de Saint-Pierre), Dominique Blanc (Stand By), Isabelle Huppert ( Saint-Cyr) et Muriel Robin (Marie-Line), cinq actrices ayant déjà remporté ensemble six Césars, ont toutes livré des prestations réellement impressionnantes. Les départager semble impossible. Une petite indication, tout de même: pour la première fois depuis la création du prix, Isabelle Huppert a été sélectionnée dans le Top 5 pour deux films différents. Le règlement ne le permettant pas, elle ne participe à la soirée que pour sous la bannière de Saint-Cyr, pas sous celle de Merci pour le chocolat, de Claude Chabrol.
Et la Belgique, dans tout cela? Le Roi danse, de Gérard Corbiau, a été nominé trois fois: pour le meilleur espoir masculin (Boris Terral, un jeune acteur français d'origine italienne), le son et les costumes. On espérait un peu mieux, pour cette soirée présentée par Edouard Baer (il prend le relais d'Alain Chabat, lui-même nominé pour le second rôle masculin) et présidée par Daniel Auteuil.