Cinéma

Une adaptation de la BD qui va faire craquer les enfants de moins de 10 ans

BRUXELLES Le hasard et sa maman faisant bien les choses, Boule se retrouve un beau jour à la S.P.A. pour choisir le chien dont il a toujours rêvé, en dépit des énormes réticences de son papa qui se croyait parti pour une balade champêtre. Son regard est aussitôt attiré par un cocker aussi roux que lui, Bill. Un chien facétieux, allergique à l’eau du bain, dont chaque mouvement entraîne une série de catastrophes. Et le déménagement de toute la famille vers un petit appartement parisien ne va pas améliorer la situation. Au grand désespoir d’un papa de plus en plus exaspéré par la présence de cette boule de poils et la dégradation de l’ambiance familiale.



L'avis de la rédaction

Les adaptations de bandes dessinées n’ont que rarement débouché sur des réussites au cinéma. Le passage de Boule et Bill des petites cases vers le grand écran pouvait légitimement susciter quelques craintes, puisqu’il s’agit de relier entre eux une multitude de sketches tenant souvent sur une seule planche. Pis, Bill y tient un rôle capital et se priver de ses pensées enlèverait une bonne part du sel de l’histoire.

Pour éviter ces écueils, Alexandre Charlot et Franck Magnier, connus pour avoir participé au scénario de Bienvenue chez les Ch’tis, ont misé sur trois options. Tout d’abord, un dépaysement temporel très seventies qui rappellera aux parents les looks et les musiques de leur propre jeunesse. Ensuite, demander à Manu Payet de relayer en voix off tout ce qui trotte dans la tête du cocker. Enfin, privilégier à tout instant le regard de l’enfant.

Des partis pris payants. L’avalanche de gags souvent indigeste laisse place à des situations farfelues amenées en douceur, des rêveries enfantines dans l’univers du western, des réflexions qui sonnent juste. L’objectif, manifestement, est de miser sur la tendresse et la cocasserie. Sans tomber dans la caricature.

Les séquences entre Bill et la tortue Caroline ou les intrusions du voisin dépressif apportent des décalages humoristiques inattendus assez sympas. Mais les surprises viennent d’ailleurs. Franck Dubosc étonne en cassant son image traditionnelle de frimeur peu sûr de lui pour camper un papa avant tout préoccupé par sa situation professionnelle. Et pourtant, il se fait voler la vedette par le petit Charles Crombez, épatant de naturel et d’espièglerie, parfaitement dans le ton pastel du film.

Les enfants de moins de dix ans devraient craquer devant tant de gentillesse et profiter pleinement d’un divertissement manifestement tourné pour eux. Boule et Bill ne marquera pas l’histoire du cinéma mais atteint donc sa cible. Et c’est déjà très bien comme ça.

Boule et Bill

Comédie

Réalisé par Alexandre Charlot et Franck Magnier

Avec Charles Crombez, Franck Dubosc, Marina Foïs et la voix de Manu Payet

Durée 1 h 22



© La Dernière Heure 2013