Cinéma Après 6 ans d’absence, Clint Eastwood veut revenir devant la caméra en tant qu’octogénaire passeur de drogue.

Clint Eastwood le reconnaît volontiers : quand il a décidé quelque chose, impossible de le faire changer d’avis. Une vraie tête de mule. Et pas qu’une tête, si l’on en croit son nouveau projet, intitulé A Mule. L’histoire, vraie (comme presque tous ses derniers films: Invictus, J. Edgar, Jersey Boys, American Sniper, Sully ou le très attendu The 15:17 to Paris, projeté dans nos salles à partir du 21 février) de Leo Sharp, un vétéran décoré de la Deuxième Guerre mondiale dont la vie a complètement dérapé.

Sa reconversion l’amène d’abord dans l’horticulture. Où il se taille une réputation internationale. Manifestement plus importante que ses rémunérations. En 2011, il est arrêté avec un chargement de cocaïne d’une valeur de trois millions de dollars. Il a alors 87 ans. Et avoue que depuis qu’il fait partie du club des octogénaires, il fait passer de la drogue aux États-Unis pour le compte du cartel mexicain de Sinaloa. En 7 ans, ce sont pas moins de 500 kg de cocaïne qu’il a transportés.

L’affaire fait grand bruit, Leo Sharp étant alors considéré comme "la plus vieille mule du monde". À l’âge de 90 ans, en mai 2014, il est condamné. Mais à trois ans de prison seulement, ses avocats ayant convaincu que la démence avait envoyé son client sur le mauvais chemin.

En juin 2015, ils parviennent à le faire libérer, arguant qu’il n’en a plus que pour six mois à vivre. Il faut croire que la liberté lui rend un peu la santé, puisqu’il s’éteint le 12 décembre 2016, à 92 ans.

Cette histoire incroyable a tellement fait vibrer les cordes sensibles de Clint Eastwood qu’il n’a pas l’intention de se contenter de la filmer. Après six ans d’absence sur les écrans (Une nouvelle chance, en 2012), il veut aussi incarner cet antihéros comme il les aime.

D’habitude, quand il a choisi un projet, le tournage ne traîne jamais longtemps…