Cinéma Pascal Légitimus enquête en Belgique sous la direction de Pierre Joassin. Entretien

GENVAL Entre l'écriture d'un one-man-show, d'une comédie musicale, la mise en scène des spectacles d'humoristes tels Stéphane Rousseau ou Kavanagh et la préparation du retour des Inconnus sur scène, Pascal Légitimus et son double fort en sagacité, Thomas Berthier, tournent jusqu'au 15 février le neuvième épisode de Crimes en série dans notre pays. Face à face sera à plus d'un titre atypique dans cette fiction au long cours habituellement réalisée par Patrick Dewolf. `Dans les contrats, au lancement de la série en 1997, il était stipulé que la RTBF allait tourner un épisode en Belgique avec un réalisateur et une équipe belges´, explique le comédien. Pierre Joassin a donc été sollicité et imprimera naturellement sa griffe plus classique à ce 52 minutes.
`Au départ, j'ai signé pour douze numéros. Il y en aura encore trois après celui-ci, donc. Je vais réaliser le prochain, au Portugal, dans l'univers vaudou de gens du Cap-Vert. Je ne voulais pas en faire plus pour des raisons de récurrence. Parce que je ne voulais pas avoir une étiquette télé ou porter un personnage comme Julie Lescaut ou Navarro. Pour une question de gestion de carrière et pour une question de qualité: plus les épisodes sont espacés, plus on a le temps de les travailler. Dans la manière de filmer, le jeu, la conception..., on a voulu être à l'avant-garde.´

Sollicité en 1997 pour camper ce profileur à la mode U.S. sur France 2, l'acteur avait posé d'emblée ses conditions. `Le premier scénario qu'on m'avait proposé ne m'intéressait pas. Il ressemblait à tout ce qu'on voyait déjà à la télé. Je n'avais pas envie d'avoir une pipe, un imperméable et de faire des enquêtes à Ringis ou auprès des concierges du quartier. J'ai dit au départ à la chaîne que je préférais être moins payé mais avoir un oeil sur tout. Car quand on est bien payé, on s'écrase... Comme j'ai des prétentions artistiques, je voulais au contraire avoir un droit de regard sur le casting, la lumière, le genre...´

Les techniques du profileur

Largement exploité dans la production cinématographique américaine, le métier de profileur qu'exerce le héros Thomas Berthier est rarissime en France. `Il n'y en a que deux ou trois chez nous, pour deux cent cinquante au FBI, aux Etats-Unis. J'en ai rencontré un, qui est devenu notre consultant. On s'est basé sur Le silence des agneaux, premier film qui a démontré le concept, et on a démarré avant la série Profiler (actuellement sur M 6 et avant sur la RTBF), où l'héroïne a des visions. C'est presque du paranormal. Le rôle que j'incarne est très différent. Thomas Berthier est un ancien médecin légiste qui a fait des études de psy. Donc, j'utilise beaucoup de techniques: analyses de sang, de sperme, de sudation... Et j'arrive à dresser le portrait d'un tueur à partir du moment où il a tué plus de deux fois.´

Naviguant dans une brigade de profileurs un brin décalée (`deux tiers de polar et un tiers d'humour´), image d'humoriste oblige, Pascal Légitimus se penche d'ores et déjà sur la prolongation de cette fiction cathodique dans les salles obscures. `J'ai poussé les producteurs à en faire un film. Cela s'est enclenché avec France 2 et Canal+. Le concept le permet. Bon, il faut plus d'argent: les cascades seront vraies, les enquêtes seront internationales avec un vrai méchant... Ce sera la première fois qu'une série française sera adaptée au cinéma. Aux Etats-Unis, il y a eu X Files, Mission: impossible... L'équipe sera la même: le réalisateur, les comédiens, le scénariste... On fédère entre 5 et 7 millions de téléspectateurs sur France 2. S'il y a un tiers qui va voir le long métrage, c'est bon.´
Bien décidé à abandonner les lunettes rondes de son traqueur de psychotiques et pervers (`C'est toujours mieux de partir quand ça marche que de se faire jeter´), le comédien prolifique n'a pas dit non toutefois à une nouvelle série humoristique encore à l'état de projet qui lui a été proposée pour 2004-2005.