Cinéma Domhnall Gleeson a troqué son costume de général Hux de Star Wars pour affronter Peter Rabbit et un ours en peluche.

Ambiance de Pâques, dans un palace londonien dont la moindre nuitée représente plusieurs mois de salaire. Les lapins sont partout, sur les murs ou les affiches. Logique : c’est là que Pierre, le facétieux lapin imaginé par Béatrix Potter, a donné rendez-vous à tous ses partenaires pour la promo de Peter Rabbit. Mais dès l’entrée dans la pièce d’interview, c’est le choc. Droit comme un gentleman en attente d’une tasse de thé, se tient le général Hux de Star Wars, alias Domhnall Gleeson. Le plus charmant des comédiens, en fait, grand adepte de l’humour absurde britannique.

"C’est étonnant, parce qu’après Harry Potter, seuls les fans purs et durs me reconnaissaient dans la rue, explique-t-il avec ce détachement typiquement british. Mais mon rôle y est assez petit. Par contre, depuis Star Wars, on n’arrête pas de me demander de faire des selfies. Si possible en tirant une tête effrayante… Mais je ne me plains pas. J’adore mon boulot. Star Wars a un peu changé ma vie, parce que désormais, tout le monde a vu au moins un de mes films…"

Vous étiez fan de Star Wars ?

"Honnêtement, j’étais plus fan d’ Indiana Jones que de Star Wars , dont je n’avais vu que les prequels au cinéma, pas les films originaux. Ce n’est qu’après les avoir visionnés que je suis devenu inconditionnel. Mais c’est avant tout travailler avec J.J. Abrams qui m’attirait au début. Comme j’ai signé pour deux suites, je ne savais pas qui les réaliserait. Rian Johnson a fait du super boulot. Ce n’est qu’après la sortie des films qu’on se rend compte qu’on est dans l’univers Star Wars et que c’est énorme."

Avec Peter Rabbit, vous restez dans l’univers des effets spéciaux.

"C’est la première fois que je joue face à des personnages en images de synthèse. Dans Star Wars et Harry Potter , seuls les décors étaient créés par effets spéciaux. C’est très particulier, parce qu’il faut imaginer son partenaire. J’ai donc eu énormément de devoirs à faire à la maison pour adapter mes mouvements à un lapin imaginaire. Mais on me donnait des petits coups là où il devait se trouver, pour que les vêtements suivent la trace de ses mouvements. C’était très libre dans l’interprétation et fort drôle, même si j’ai terminé avec pas mal de bleus."

C’est votre première grande comédie…

"Dans Star Wars , on m’a pourtant demandé d’évoluer dans le registre comique. Mais c’est la première fois que je peux marcher dans les pas de mon idole, Buster Keaton, un vrai génie, qui utilise autant le corps que les expressions du visage pour faire rire. J’ai essayé de faire ça à l’ancienne, sans prétendre atteindre son niveau. Et c’est très motivant quand on se lève avant de se rendre sur le plateau."

Vous avez des animaux ?

"Non. Mes parents ont toujours eu des chiens, que j’adore, et aussi des poissons rouges."

Se battre avec un ours en peluche et un lapin a certainement constitué une des expériences les plus bizarres, non ?

"Je dois dire que l’ours en peluche, tout est de sa faute : il m’avait énervé. Je n’ai fait que me défendre. On ne m’avait pas dit que Vin Diesel se trouvait à l’intérieur (rire) . C’est une scène importante parce qu’elle montre à quel point mon personnage aime son métier. La bagarre avec le lapin s’est révélée bien plus compliquée. Je me battais contre rien ou contre une sorte de peluche bleue qui ne m’avait rien fait. Je devais me tordre dans tous les sens en prétendant affronter un lapin. C’était un peu étrange, je l’avoue. Mais j’avais toujours rêvé de faire ça et je me suis bien amusé."

Vous jouez le bon et le méchant. Qu’est-ce qui est le plus amusant ?

"La colère, c’est vraiment chouette à interpréter. Pour les enfants, c’est plus facile de rire de quelqu’un au début. Les amener à rire avec lui, c’est plus compliqué. Et j’ai pris beaucoup de plaisir à le faire évoluer en ce sens. On dit toujours que les méchants sont plus amusants à jouer, mais je n’en sais rien. Et moi, j’adore le côté comédie romantique. Et aussi le message du film sur la tolérance et l’amour. J’aurais adoré voir Peter Rabbit au cinéma étant enfant."