Cinéma Au ciné, Natacha Régnier maman du Petit Spirou, Pierre Richard son grand-père et Philippe Katerine l’abbé Langélusse.

Des paquets de cigarettes qui sortent de son pantalon de training bleu Adidas, une bouteille de bière en main et un ventre trop bedonnant pour sa veste de survêtement, M. Mégot est le prof de gym dont rêvent tous les enfants. Sauf le Petit Spirou, son souffre-douleur ulcéré par les explications abracadabrantes de cet ennemi des animaux et son incapacité à effectuer le moindre des exercices qu’il demande dans un français qui ferait passer Marc Wilmots pour Bernard Pivot.

Ce personnage grotesque, qui repousse la mauvaise foi en BD vers des sommets inviolés, va connaître une seconde vie au cinéma, dans l’adaptation du Petit Spirou tournée par Nicolas Bary à partir du 1er août en région parisienne. Et ce maître très peu nageur va prendre les traits d’une de nos stars, François Damiens.

"Il tenait déjà un petit rôle dans Les enfants de Timpelbach, en 2007, nous explique en exclusivité Nicolas Bary. Et nous sommes restés en contact depuis. Quand je lui ai proposé le rôle de M. Mégot, il a sauté de joie. Ses enfants sont abonnés à Spirou et ils adorent le Petit Spirou . Il m’a dit que ce rôle, c’était un cadeau qu’il leur faisait. Et comme il y a un cousinage entre cette adaptation et Les enfants de Timpelbach, il était ravi."

Il le sera peut-être moins s’il doit prendre de l’embonpoint pour ressembler au loser de la séduction. "Je ne lui en ai pas encore parlé, rit le cinéaste. Mais avec la technologie, cela peut s’arranger plus facilement. Et puis, il a tellement d’autodérision et l’envie de jouer avec Pierre Richard, qui sera le grand-père de Spirou, que cela ne devrait pas poser de problème."

À côté de ce duo de choc, Nicolas Bary a réuni une belle brochette d’acteurs bien déjantés. "Philippe Katerine va incarner l’abbé Langélusse et Armelle (Lesniak, pas l’animatrice de la RTBF, NdlR) une voyante. Et puis, il y aura une autre comédienne belge, Natacha Régnier, qui sera la maman du Petit Spirou. Le casting était connu, mais c’est la première fois que je dévoile les rôles. Vous ne m’en voudrez donc pas de ne pas vous dire qui sera la très sexy Melle Chiffre : ce n’est pas encore officiel."

Un devoir de réserve d’application aussi concernant le scénario. Le pitch se résume actuellement à ceci : "Le Petit Spirou est un aventurier en herbe et il va être l’heure de le prouver…" "Laurent Turner, mon scénariste, a trouvé un récit qui relie les personnages et leurs sketches sur le thème de la famille. Ce sera très cinématographique tout en respectant l’esprit de la BD avec de l’humour, du bricolage et de l’inventivité."

Tome et Janry, les pères du héros de papier, n’ont pas participé directement à l’écriture du script. Mais ont joué un rôle de consultants. "Nous les avions associés au projet en leur faisant lire le scénario, et en tenant compte de leurs remarques. Ce fut une collaboration très transparente."

Et tout comme dans la bande dessinée, le papa Spirou n’apparaîtra pas. Au contraire des copains du Petit Spirou. " Le casting des enfants est presque achevé. Il y en aura douze, âgés de 8 à 10 ans. Tous des néophytes. Mais je travaille avec une équipe de choc", lance en s’amusant Nicolas Bary. Bien décidé à s’adresser autant aux parents qu’aux enfants. "À la base, le Petit Spirou possède déjà ces deux niveaux de lecture, avec des aventures à hauteur des plus petits, du genre opération commando, mais aussi des notions d’héritage familial (tout le monde est habillé façon groom, et nous allons garder cet élément même si le Petit Spirou portera une capuche et des baskets) ou des côtés coquins, jamais pervers, qui lui échappent un peu et qui amusent les plus grands."

On attend avec impatience de découvrir en salle ce film d’une heure quarante (et d’un budget de 8 à 10 millions d’€) l’an prochain.

© dr