Cinéma Le film représentant la Belgique aux Oscars descendu en flèche dans la bible du 7e art américain, The Hollywood Reporter.

Le compte à rebours est lancé. Le 22 janvier prochain, les œuvres nominées aux Oscars seront officiellement annoncées. Et toute la Belgique retiendra son souffle dans l’espoir d’entendre le titre Girl parmi les prétendants au trophée du meilleur film étranger. Fort de ses quatre victoires à Cannes et de son accueil critique enthousiaste, le drame de Lukas Dhont sur une jeune ballerine née garçon, choisi pour représenter notre pays, faisait partie des gros outsiders jusqu’à présent.

Mais la situation pourrait avoir changé. The Hollywood Reporter, la bible du 7e art américain, a ouvert ses colonnes à un chroniqueur extérieur, réputé outre-Atlantique pour la défense des transgenres, Oliver Whitney. La virulence de ses attaques vis-à-vis de Girl peut surprendre chez nous et mettre les votants mal à l’aise aux États-Unis. Le titre de son papier donne le ton : "Le film soumis par la Belgique pour l’Oscar du film étranger est un danger pour la communauté transgenre". Difficile d’être plus clair.

D’entrée de jeu, il reproche au réalisateur flamand de ne pas avoir choisi un acteur transgenre. Puis sort l’artillerie lourde : "Le film n’est pas juste un nouveau cas de casting irresponsable ou de stéréotypes nuisibles, comme c’est souvent le cas dans la plupart des affreux traitements hollywoodiens de la communauté transgenre. C’est le film le plus dangereux sur un personnage trans depuis des années. Si Girl devait remporter l’Oscar, ce serait un pas en arrière radical pour la représentation des trans à Hollywood."

Tour à tour, il accuse Girl de "voyeurisme", de "sadisme", et de virer au "bloody horror show", Lukas Dhont "n’ayant rien compris" et délivrant "un message dangereux aux jeunes trans". Et de conclure que ceux qui s’intéressent à leur sort doivent "commencer par refuser de primer aveuglément un art qui cause des dommages".

Ce n’est qu’un avis, mais à l’ombre des grands studios, où l’on est très attentif aux différences depuis l’éclatement du mouvement #MeToo, il pourrait peser lourd au moment des votes pour les Oscars.