Cinéma À 56 ans, Jim Carrey revient de loin. Hilarant sur grand écran, il a été profondément dépressif une fois les caméras éteintes…

Il n’aura fallu que deux films - The Mask et Ace Ventura - pour que ce zébulon speedé made in Canada barre le ciel d’Eddie Murphy et fasse passer feu Robin Williams pour un janséniste coincé. Mais méfions-nous des apparences, elles sont souvent trompeuses. Jim Carrey est au fond le plus grand clown triste du cinéma contemporain. Dans le passé, il nous a en effet prouvé qu’il était capable de faire rire autant que de faire pleurer. Souvenez-vous de Eternal Sunshine of the Spotless Mind, un film de Michel Gondry dans lequel il montrait l’étendue d’un talent rare. La capacité à nous émouvoir, à nous ébranler au plus profond de notre être.

C’est difficile à croire, notamment quand on a incarné pendant des décennies des personnages loufoques-dingo, mais Jim Carrey a longtemps été un maniaco-dépressif qui s’ignore. Plus précisément un homme souffrant de troubles bipolaires, alternant donc des phases d’euphorie intense avec des phases de déprime extrême. Comme le cinéma semble l’avoir un peu oublié, voire boudé, ces dernières années, la star des nineties a finalement accepté de jouer, on vous le donne en mille… les dépressifs dans une série dramatique produite par Showtime. Le titre ? Kidding. Il y incarne Mr. Pickles, star d’une émission pour gamins. À l’antenne, il est jovial, positif. Mais une fois les caméras éteintes, la réalité est tout autre. Jeff est en effet séparé de son épouse depuis de longs mois, après que leur fils a été tué dans un accident de voiture. En plein deuil, il tente de reconstruire sa vie, dans la douleur, tout en essayant de ne rien laisser transparaître dans son show.