Cinéma Guillaume Canet double un Flash McQueen à la traîne face aux nouveaux bolides dans Cars 3.

Pas difficile de comprendre pourquoi Pixar a confié la voix française de Flash McQueen à Guillaume Canet pour les trois tours de Cars . Compétiteur dans l’âme (il s’est battu comme un lion pour gagner la course de kart organisée entre les voix françaises du dessin animé), il démarre au quart de tour à la moindre question. Et c’est sur les chapeaux de roue et en dérapages (humoristiques) contrôlés qu’il mène l’interview.

"J’aime la course. J’ai fait de la compétition en moto-cross, en enduro, et beaucoup à cheval. Je n’ai jamais été fan de voiture, de conduite, mais sur un circuit, c’est différent : je suis monté jusqu’à 240 km/h. C’est grisant et flippant car en moto, un petit coup dans le guidon et la chute est assez fatale… Je suis courageux mais pas téméraire. Je ne suis pas énervé pour aller plus vite non plus. Sur un circuit, j’aime la vitesse. Pas sur la route. Risquer de faire un accident pour gagner dix minutes, cela ne sert à rien."

La voiture de vos rêves ?

"C’est une voiture qui me permet de me téléporter. Piloter, conduire, je m’en fiche. J’ai juste envie d’entrer l’adresse et d’y arriver tout de suite."

Votre première auto ?

"Une Fiat 500, un pot de yaourt. J’avais eu le permis du premier coup. Alors que je n’ai eu celui de bateau qu’à mon deuxième essai. Je me souviens de la première fois que j’ai pris la voiture pour aller voir mes potes : c’était un sentiment de liberté génial."

Le héros vieillissant, ça vous parle ?

"C’est un thème important. À un moment, on se rend compte qu’on ne pourra plus tout faire et qu’il va falloir changer. Je le vis très bien. C’est pour ça que j’ai fait ce film et aussi Rock’n roll . J’ai l’impression de faire des choses plus intéressantes aujourd’hui, avec plus de complexité et de maturité. C’est une coïncidence que les deux films se suivent : je vais devenir l’ambassadeur du vieillissement (rire). Les vieux sentent que les jeunes les poussent dans le dos et les jeunes trouvent que les anciens restent trop accrochés à leur fauteuil. C’est vrai dans tous les domaines. Alors que si on transmet son expérience, cela se passe mieux et la suite ne sera que meilleure."

Vous avez eu un mentor ?

"Jean Rochefort a été un père spirituel pour moi. D’autres, comme Gérard Depardieu, ont dit que je n’avais pas ma place dans le cinéma, mais finalement, cela le dessert lui. Cela ne sert à rien. Il serait préférable qu’il me donne des conseils pour avoir une vraie grande carrière et éviter de devenir comme lui. J’en ai marre d’entendre que le cinéma français est de la merde. Il est ce qu’on en fait. Alors soit il faut arrêter, soit aider la jeune génération. Pour moi, c’est important d’avoir un mentor et d’accepter de le devenir aussi quand on a fait son temps."

Quel conseil donnez-vous ?

"Globalement, de ne pas vouloir aller trop vite. Une carrière se construit sur la durée, la route est longue. Il ne faut pas vouloir tout, tout de suite."

Pour Cruz Ramirez, on n’a qu’une seule chance dans la vie. Vous êtes d’accord ?

"Je suis très instinctif. Mes choix, je les fais en fonction de ce que je ressens. Et c’est hyper important de saisir chaque opportunité qui se présente. Et ensuite, ne jamais regretter. Moi, j’ai eu l’impression d’avoir eu beaucoup de chance. Même si j’en connais d’autres qui en ont eu autant sans jamais la saisir. Ils ont préféré attendre plus tard, que ce soit sûr ou que sais-je, et moi je pense qu’il faut avancer si on veut aller quelque part. Il faut saisir sa chance, y aller et advienne que pourra."

Vous avez pu improviser ?

"Avec la voix, on peut se permettre des intonations plus délirantes que dans le jeu normal. Et j’ai pu changer des mots, des expressions que je trouve trop écrites. Soit dans l’émotion, soit dans le rire, j’essaie de proposer ce que je sens et qui colle plus avec notre culture. Dans la rue, on me demande souvent d’utiliser la voix de Flash McQueen pour des messages téléphoniques. C’est marrant."