Cinéma Hugh Grant fait preuve de beaucoup d’autodérision dans Paddington 2.

Après avoir vainement tenté d’empailler Paddington dans le premier film, Nicole Kidman aurait aimé reprendre du service dans la suite qui sort mercredi. Mais le réalisateur, Paul King, avait déjà une autre idée en tête. "J’ai écrit une lettre à Hugh où je lui disais : ‘Nous avons imaginé ce personnage prétentieux de vieille gloire sur le retour et nous avons pensé à vous pour l’interpréter’, et par chance, il l’a pris avec beaucoup d’humour. C’est un merveilleux acteur comique, qui a un formidable recul sur le côté absurde de son métier, et c’est un vrai plaisir de le voir tourner tout cela en dérision."

Ce que confirme le comédien de 57 ans. " Durant une fraction de seconde, cela m’a blessé. Mais le script était tellement drôle… Et puis, c’est un tantinet thérapeutique, tant je possède une profonde réserve de narcissisme en tant qu’acteur, de névroses, d’angoisses et de colère qu’il me suffisait d’ouvrir le robinet… (rire) ."

Grand spécialiste de l’humour britannique, Hugh Grant ne se fait pas prier pour en rajouter une couche. "En fait, énormément de gens me haïssent. Même mes enfants me détestent. Quand mon fils est venu découvrir le film, tout ce qu’il a trouvé à dire, c’est : ‘Pourquoi est-ce qu’on voit autant papa ?’"

Plus sérieusement, il avoue avoir "pris un plaisir intense à ridiculiser cette folie psychotique qui se retrouve en chaque acteur. Ce mélange de narcissisme incroyable et d’insécurité, c’est ça, être acteur. J’ai toujours entretenu une relation ambiguë avec ce métier. C’est une torture, réellement. L’insécurité et la peur de tomber sont insupportables. La seule raison qui explique que j’ai fait carrière, c’est ma capacité à reconnaître un bon divertissement. La plupart des acteurs se demandent si le rôle leur conviendra, alors que moi, la seule chose que je me demande, c’est si j’ai envie de continuer à tourner les pages du script et si cela va faire rire le public."

Au vu de sa carrière, son flair ne fait pas beaucoup de doutes.

"J’aime effrayer les enfants"

Dans un costume à carreaux à rendre malade un golfeur dandy, en Hamlet, vieux clochard, bonne sœur ou chien géant qui se goinfre de pâtée, Hugh Grant ne recule devant aucun sacrifice pour faire rire à ses dépens dans Paddington 2.

"Pourtant, j’ai tout fait pour que les enfants aient peur de moi, lâche-t-il le sourire en coin. Et pas seulement dans les films, mais aussi dans la vraie vie. J’aime les effrayer de temps à autre, surtout en portant un masque de clown. Je suis donc désespéré de ne pas y être parvenu ! Mais heureusement, c’était très bien payé ! Parce que pour l’équipe, j’étais un étranger ! Et on ne m’a pas accueilli très gentiment (rire) . Non, n’en croyez pas un mot, ce sont des bêtises."

Pas plus qu’il ne faut accorder du crédit à la grande ambition qui l’animerait, selon ses dires. "J’ai toujours voulu devenir footballeur. J’espère encore, un jour, pouvoir y arriver. Il n’est pas trop tard !"

Par contre, il se verrait bien faire de la pub déguisé en chien… "On ne sait jamais. Ce serait une manière de boucler la boucle. J’ai commencé ma carrière en faisant des publicités pour la radio. Et j’ai fait une parodie de pub pour chiens ! Vous savez, j’essaie en permanence de m’améliorer. Et je suis donc bien triste de constater le résultat au bout de tant d’années…"

Il est bien le seul.