Cinéma

La sulfureuse Béatrice Dalle est arrivée lundi à Mons pour la 30e édition du Festival international du film d’amour accompagnée de toute l’équipe du film Rosenn , d’Yvan Le Moine. Et nous a accordé un entretien avec la franchise et le sourire qu’on lui connaît.

Dans Rosenn, vous jouez une sage-femme. Comment avez-vous abordé ce rôle ?

"Moi, je n’aborde jamais rien. Quand j’ai du texte, je l’apprends, évidemment. C’est ma seule préparation à moins qu’un metteur en scène ait des envies particulières."

Vous avez parcouru un bon bout de chemin depuis vous avez quitté Le Mans à 14 ans. C’était sur un coup de tête ?

"Je ne suis pas partie du jour au lendemain. J’ai fait une fugue avec une copine parce qu’elle avait un cancer. Arrivée à Paris, j’ai réussi à rentrer aux Bains Douches, une boîte difficile à l’époque. Quand j’ai vu Jello Biafra sur scène, je ne voulais plus rentrer en province."

Comment le métier de comédienne s’est-il présenté à vous ?

"J’ai fait une photo qui s’est retrouvée en couverture de magazine. On m’a ensuite contacté pour le casting de 37°2 le matin . C’est comme cela que j’ai commencé."

Ce film vous a donné une image assez sulfureuse. Est-ce que vous en avez souffert?

"Pas du tout. Tout ce qui a pu tourner autour de ce film n’était pas dérangeant. Au contraire, c’était plutôt flatteur."

Et il vous a permis d’acquérir une certaine notoriété...

"Absolument. Je n’ai jamais fait de casting de ma vie. Les gens me connaissaient grâce à ce film. Il faut quand même savoir que même avec deux acteurs pratiquement inconnus, il coûtait beaucoup d’argent. Le producteur de l’époque a laissé tomber mais Jean-Jacques Beineix, le réalisateur, voulait absolument que je joue dedans. Je le remercie vraiment."

Vous préférez également jouer dans des films d’auteurs plutôt que dans des grosses productions. Pourquoi ?

"Je m’en fous un peu. C’est le metteur en scène qui va me donner envie ou pas de faire un film. Pour moi, il représente l’âme du film."

Vous allez également faire vos débuts au théâtre dans Lucrèce Borgia. Vous en rêviez ?

"J’aime les textes classiques. Je suis fan de Shakespeare, de Sophocle, de Sénèque. Là, c’est Victor Hugo. C’est le texte qui m’a donné envie et surtout le metteur en scène que j’ai rencontré et qui m’a fait cette proposition. J’avais envie qu’il me prenne par la main et qu’il fasse mon éducation théâtrale parce que je n’y connais rien. C’est vraiment David Boboé qui m’a donné envie de le suivre."

Vous appréhendez un petit peu ?

"Non pas du tout. Je n’appréhende jamais rien. Mais bon, cela me réussit plutôt bien parce que j’ai fait 50 films et je n’en regrette aucun."

Vous avez l’air d’être une personne vraie et entière. En amour, vous êtes comme cela aussi ?

"Bien sûr, je peux donner ma vie par amour. Ce qui n’est malheureusement pas souvent le cas dans l’autre sens."